Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

"On a peur pour l'avenir" : témoignages d'artistes tourangeaux, victimes de l'annulation de leurs spectacles

-
Par , France Bleu Touraine

Les intermittents du spectacle ont entamé une longue période d'incertitude, qui pour eux se prolongera bien au-delà du 11 mai. Toute manifestation culturelle est interdite jusqu'à mi juillet, au moins, avec le risque de priver beaucoup d'entre eux de leur statut pour l'an prochain.

Les intermittents sont aujourd'hui touchés par des annulations de contrats en cascade
Les intermittents sont aujourd'hui touchés par des annulations de contrats en cascade © Maxppp - Lionel Vadam / Maxppp

Aucun secteur n'échappe décidément à la crise du coronavirus. Depuis l'annonce la semaine dernière de l'annulation de tous les festivals et manifestations culturelles jusqu'à la mi juillet au mieux, le milieu du spectacle est depuis plongé en pleine incertitude, et avec lui, les plus de 270 000 intermittents qui se retrouvent sans contrats, et donc sans possibilité d'assurer leur statut pour l'an prochain. Cela concerne bien sûr les artistes, mais aussi les techniciens. La CGT Spectacle assure qu'un tiers d'entre eux pourraient ainsi perdre leurs droits.   

Des annulations de dates en cascade

Ce printemps était jusqu'ici rempli de belles promesses pour le groupe tourangeau Volo. Un album sorti à la mi mars, une tournée qui devait ensuite s'enchainer partout en France, mais qui a donc été annulée. L'un des deux frères Volo, Olivier Volovitch, évoque une vingtaine de contrats perdus. "Ça représente à peu près la moitié des heures qu'on doit pouvoir justifier pour pouvoir bénéficier d'un statut d'intermittent. En plus, il se trouve qu'on est dans la période qui est normalement très dense pour nous, le printemps et l'été, et qui là, ne l'est pas du tout". 

"J'aime tellement la scène que ça me manque" - Olivier Laurent, imitateur

Annulations en cascade aussi pour l'imitateur tourangeau Olivier Laurent. Lui a à peine eu le temps de débuter sa tournée, qui devait l'emmener à travers le monde dans les trois prochaines années. "Tout est annulé jusqu'à minimum novembre, alors que j'avais au moins 30, 40 dates. J'ai de la chance d'avoir un potager et un grand jardin, mais à un moment donné, je tourne en rond, car j'aime tellement la scène que ça me manque". 

"Il y a un peu un effet domino" - Olivier Volovitch, du groupe Volo

Un intermittent doit pouvoir justifier de 507 heures sur 12 mois pour bénéficier de son statut l'année suivante. Ce qui est évidemment impossible en ce moment. Alors le gouvernement a bien accepté de décaler la période de référence le temps du confinement, mais des syndicats lui réclament d'aller plus loin. Pour Olivier Volovitch en effet, les artistes ne pourront pas forcément se rattraper dans plusieurs mois. " Avec Volo, on avait la promesse de pas mal de dates à l'automne, mais comme les salles en question veulent faire venir les artistes qu'elles n'ont pas pu faire venir au printemps, ça veut dire que nous, on sera pas chez elles à l'automne, donc il y a un peu un effet domino". 

Ce qui fait dire à la comédienne Christine Mariez que la prochaine saison théâtrale sera elle aussi chaotique. Elle a même peur pour la Compagnie Interligne dont elle est la directrice artistique. "On est ce qu'on appelle une compagnie indépendante. Nous, quand on ne rentre pas d'argent, on a pas de trésorerie d'avance, c'est très, très inquiétant pour la survie même de la structure". 

Une grande peur pour l'avenir, les gens reviendront-ils dans les salles ? 

Et avec cette incertitude majeure que résume l'imitateur Olivier Laurent. "Est-ce que les gens vont retourner au spectacle, c'est ça ma crainte, j'en dors pas parfois ! Est-ce que les gens vont de nouveau avoir envie de se coller ? On ne va pas faire un spectacle avec une chaise sur deux, ou un fauteuil sur deux vide, ça n'a pas de sens, donc tout ça me fait peur". 

Une peur de l'avenir que beaucoup ressentent. « On ne sait vraiment pas quand et comment on va se sortir de tout ça » conclut Christine Mariez.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess