Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs

A Reims, les fouilles du parvis de St Remi sont ouvertes pour les Journées européennes du patrimoine

samedi 15 septembre 2018 à 5:38 Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne

"L'art du partage", c'est le thème de la 35ème édition des Journées européennes du patrimoine, qui ont lieu les 15 et 16 septembre partout en France. A Reims, 60 lieux sont ouverts au public, dont les fouilles archéologiques du parvis de la basilique St Remi.

Les fouilles vont se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'année 2018
Les fouilles vont se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'année 2018 © Radio France - Aurélie Jacquand

Reims, France

Depuis le mois de mars, le parvis de la basilique St Remi, à Reims, n'est plus qu'un vaste chantier. La mairie a l'ambition de le rénover entièrement, les pelleteuses sont d'ailleurs déjà à l'oeuvre, mais parallèlement le service archéologique de la ville ainsi que l'Inrap (l'Institut national de recherches archéologiques préventives) pratiquent des fouilles préventives dans ce lieu qui était auparavant un cimetière.

Morgane, 26 ans, est technicienne de fouille, une vocation qui est née quand elle était toute petite : "Dans mon village natal il y avait un château fort et l'école nous emmenait le visiter régulièrement. J'aimais beaucoup et j'ai eu envie de continuer". Alors elle se lance dans une Licence en histoire de l’art et archéologie, suivi d'un master en anthropologie, tout en participant à des chantiers programmés : "Tout le monde peut y participer, il suffit de demander au chef du chantier. Il y en a partout en France, mais aussi à l'étranger", explique-t-elle.

Ce jour-là, au pied de la basilique St Remi, Morgane a face à elle un squelette dans une sépulture : "Moi je considère que c'est un être humain avant tout, mais même si c'est difficile à dire et à admettre, c'est vrai que je vois aussi l'objet d'étude". Chaque squelette est prélevé, nettoyé, analysé pour connaître l'âge présumé, le sexe et même la pathologie de la personne enterrée-là. "On peut même avoir de l'ADN parfois, bref ça permet de comprendre cette personne", ajoute Morgane.

"C'est un métier passionnant"

_"Ce que j'aime dans ce métier c'est qu'il peut y avoir du travail en laboratoire comme sur le terrain et même sur le terrain ça change tout le temps, c'est plein de surprise !", dit-elle en souriant. A tel point qu’elle en oublierait presque les conditions parfois difficiles : rester en plein air pendant des heures, à genoux sur de la pierre : "J'ai de la mousse sous les genoux quand même ! et puis c'est une question d'habitude"_.

La réalité du métier ce sont aussi des délais à tenir et les pressions qui vont avec, mais aussi la difficulté de concilier la sauvegarde du patrimoine et l’aménagement urbain. C'est tout ça que les archéologues comptent expliquer aux visiteurs lors des Journées européennes du patrimoine les 15 et 16 septembre.

Morgane, 26 ans, technicienne de fouilles, en train de mettre au jour un squelette au pied de la basilique St Remi à Reims - Radio France
Morgane, 26 ans, technicienne de fouilles, en train de mettre au jour un squelette au pied de la basilique St Remi à Reims © Radio France - Aurélie Jacquand
Le parvis de la basilique St Remi à Reims sera en travaux toute l'année 2019 - Radio France
Le parvis de la basilique St Remi à Reims sera en travaux toute l'année 2019 © Radio France - Aurélie Jacquand

En cinq mois de fouilles, les archéologues ont déjà mis au jour 650 sépultures au pied de la basilique St Remi de Reims. Un chiffre bien au-delà de ce qu'ils avaient imaginé : "Et 650 sépultures ne veut pas dire 650 corps puisque parfois plusieurs personnes sont enterrées au même endroit", explique Mathilde Arnaud, qui travaille au service archéologique du Grand Reims. Sa collègue de l'Inrap, Sandrine Thiol, précise : "On a fait un test sur une zone de 2,5 mètres carrés, il y avait une douzaine de tombes mais 90 individus !".

Ce sont plusieurs cimetières qui se téléscopent ici, puisque les lieux ont servi pour les sépultures du VIème au XVIIIème siècle. Il y a donc par endroit jusqu'à sept niveaux de tombes qui se superposent. Les archéologues vont poursuivent leurs fouilles au moins jusqu'à fin décembre, puis ce sont les travaux d'aménagement du parvis qui commenceront, tout au long de l'année 2019.

650 sépultures ont déjà été mises au jour et les fouilles ne sont pas terminées sur le parvis de St Remi - Radio France
650 sépultures ont déjà été mises au jour et les fouilles ne sont pas terminées sur le parvis de St Remi © Radio France - Aurélie Jacquand