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Culture – Loisirs DOSSIER : Armada 2019 à Rouen

Armada 2019 à Rouen : les portraits de bateaux de Michel de Decker

Alors que Rouen s'apprête à accueillir une cinquantaine de navires du monde entier pour l'Armada 2019 sur les quais de Seine, Michel de Decker, historien et écrivain normand, nous conte leur histoire chaque jour sur France Bleu Normandie.

Michel de Decker, écrivain et historien.
Michel de Decker, écrivain et historien. © Radio France

Rouen, France

Le Belem, L'Hermione, le Kruzenshtern, etc. Autant de voiliers mythiques qui seront sur les quais de Seine du 6 au 16 juin 2019 pour cette nouvelle édition de l'Armada à Rouen. Des navires qui ne laisseront évidemment pas indifférents les milliers de spectateurs attendus pour l'événement. 

Avec Michel de Decker, écrivain et historien normand, France Bleu Normandie vous propose une série de dix merveilleuses histoires de bateau. Embarquez à bord de ces frégates, goélettes et autres vieux gréements majestueux bercé par la voix de Michel de Decker.

Le Belem

Le Belem toutes voiles dehors. Au large de Guernesey dans la Manche le 4 juin 2019. - Radio France
Le Belem toutes voiles dehors. Au large de Guernesey dans la Manche le 4 juin 2019. © Radio France - Véronique Houdan

Le Belem raconté par Michel de Decker

Il a été mis à l'eau le 10 juin 1896. Né à Nantes, il a d'abord été un navire de commerce français puis il est devenu yacht anglais et ensuite navire-école en Italie avant de voguer à nouveau aujourd'hui sous pavillon tricolore. 

Il a été plusieurs fois transformé, motorisé, rebaptisé aussi avant d'aller agoniser à Venise en 1979.  Mais il n'est pas mort à Venise ce trois-mâts qui était quasiment destiné au cimetière marin de la lagune. 

Vous vous rendez compte : avec ses 58 m de long et 7m50 de large ce vieux gréement qui a traversé des centaines de fois l'Atlantique, qui a échappé par miracle à l'éruption de la montagne Pelée qui a dévasté le port de Saint-Pierre de Martinique en 1902, ce vieux gréement a bien failli être vendu comme une épave. 

Mais il y a eu la Fondation des Caisses d'Epargne, qui ont eu l'envie et le courage de restaurer sa coque d'acier, entièrement rivetée à la main, de lui redonner ses trois mâts et  ses 12 100 mètres carrés de voile. Sans elle, il ne compterait pas aujourd'hui parmi les bâtiments les plus visités.  

Un détail encore : le Belem a 3m50 de tirant d'eau, et la Seine ne lui fait pas peur. Rien n'arrête ce beau voilier qui doit son nom à un comptoir de commerce du Brésil, du temps où il transportait le cacao pour le compte de la fameuse chocolaterie Meunier. Quand il a retrouvé une deuxième jeunesse, il a effectué de voyage de New York. C'était à l'occasion du centenaire de la Statue de la Liberté.

Le Cuauhtémoc

Le Cuauhtemoc raconté par Michel de Decker

Cuauhtémoc est un mot qui en langage aztèque signifie "l'aigle qui descend sur sa proie". Ce trois-mâts barque, long de 90 mètres et large de 12, on le connaît bien ici à Rouen parce que ce n'est pas la première fois qu'il nous rend visite, ce beau fleuron de la Marine nationale mexicaine.  Il peut arborer une surface de 2368 mètres carrés de voiles. 

Ceux qui auront la chance de le visiter pourront constater qu'il n'a pas pris une ride. Normal puisque il est vraiment tout jeune : à peine plus de 37 ans. 

C'est en 1982 en Espagne qu'il a été achevé, au chantier de Bilbao précisément. Ce qui tend à prouver que les Mexicains ne sont pas rancuniers. Leur bateau s'appelle le Cuauhtémoc, et c'est le nom d'un empereur, l'homme qui par excellence incarne la résistance aztèque face à l'envahisseur espagnol, face aux troupes de Cortés, ce conquistador qui n'avait pas d'état d'âme. La preuve en est que c'est lui, Cortés, qui a exécuté Cuauhtémoc, le dernier empereur. 

L'ironie du sort et la revanche du destin c'est qu'aujourd'hui Cuauhtémoc est toujours pendu mais à la proue du merveilleux bateau qui porte son nom.  Cette figure de proue sur laquelle il apparaît merveilleusement, les yeux fixés sur la ligne d'horizon et coiffé d'une tête d'aigle, cette figure de proue symbolise le courage et l'esprit de sacrifice et c'est l'une des plus belles de l'Armada de 2019.  

Quand il n'est pas en arrêt le long des quais à Rouen, Cuauhtémoc est aussi le superbe navire-école de la Marine nationale du Mexique et son port d'attache est Acapulco. C'est une véritable Formule 1 qui a fait la traversée de l'Atlantique en 17 jours.

L'Etoile du Roy racontée par Michel de Decker

L'étoile du Roy est un merveilleux trois-mâts de l'Armada. C'est la réplique d'une frégate corsaire de 1720, longue de 47 m et large d'un peu plus de 10m. Cette reproduction a été faite d'après les dessins historiques d'un trois-mâts britannique qui fut un jour capturé par le célèbre corsaire français Duguay-Trouin.  

C'est le troisième plus grand voilier traditionnel français. Quand il ne flotte pas sur la Seine à Rouen est généralement visible à Saint-Malo.  Il a été construit en 1996 avec un bois tropical qui s'appelle l'iroko sur des couples en acajou et un barrotage en pin lamellé-collé.  De couleur bleu et or, il a été construit à Marmaris en Turquie où il existait alors des charpentiers de marine qualifiés et à moindre coût.  

Initialement il a été baptisé "Le grand Turc", du nom de son armateur. Il se la jouait star puisqu'il a été construit pour les besoins du cinéma et de la télévision.  Cette frégate a récemment été rachetée par une société maritime qui possède déjà de nombreux voiliers traditionnels. 

Elle est aujourd'hui un extraordinaire navire qui peut embarquer 120 passagers en croisière à la journée.  Elle dispose de huit cabines à deux couchettes pour 35 membres d'équipage, d'une suite pour l'armateur et d'une autre pour le capitaine. Et si besoin, trente hamacs peuvent être mis sur l'entrepont.  

La visite de l'Etoile du Roy vaut largement le détour évidemment mais une vraie visite,  pas un simple petit tour sur le pont de la proue et la poupe en suivant le circuit express à la queue leu leu. Une visite lors de laquelle on vous accueillera, on vous présentera le bateau, son contexte historique et on vous donnera carte blanche pour l'explorer.

Le Kruzenshtern

Le Kruzenshtern raconté par Michel de Decker

L'Hermione

L'Hermione racontée par Michel de Decker

Transportons nous en 1779 pour voir une frégate sortir du port de Rochefort.  Une frégate trois-mâts carrés dite de "vingt-six canons", canons car il s'agit d'un navire de guerre

Elle est immédiatement d'attaque quand il s'agit de chasser les corsaires anglais dans le golfe de Gascogne, quand il s'agit de partir en Amérique du Nord après que sa coque ait reçu un doublage de cuivre pour aider George Washington dans sa guerre d'indépendance. Le marquis de La Fayette est à son bord d'ailleurs à cette occasion pour apporter la liberté aux futurs États-Unis.  

Notre frégate, on la retrouve encore lors de la campagne des Indes. En 1793, hélas, c'est le naufrage. Commandée par un équipage révolutionnaire bien peu aguerri, à peine sortie de l'estuaire de la Loire et par la faute d'un pilote local maladroit sur le plateau du Four elle sombre sur des rochers au large du Croisic sur le plateau du Four. 

Une campagne de fouilles archéologiques entreprises au cours de l'été 2005 va permettre de récupérer plusieurs objets dont une partie du gouvernail et de remonter l'ancre de 4 mètres de long et d'un poids d'une tonne et demi.  

Elle sombre en 1793 mais 222 ans plus tard après avoir été reconstituée à l'identique, le plus fidèlement possible à l'arsenal de Rochefort, elle réapparaît et vogue vers les États-Unis comme l'avait fait jadis le fameux marquis de La Fayette.   

Si aujourd'hui La Fayette remontait à bord de l'Hermione, avec ses couleurs : noir, ocre, jaune, ocre-rouge jaune d'or et bleu, il n'en croirait pas ses yeux. L'Hermione est bel et bien ressuscitée avec ses 65 m de long, ses trois mâts pour plus de 2000 mètres carrés de voilure et sa coque entièrement réalisée en chêne. 

Dans la mythologie grecque, Hermione fille de Ménélas et d'Hélène, a été abandonnée par sa mère. Notre Hermione, celle qui resplendit sur le quai de Rouen, n'est pas prête d'abandonner la mer.

Le Marité

Le Marité raconté par Michel de Decker

Le Mir

Le Mir raconté par Michel de Decker

Le Santa Maria Manuela

Le Santa Maria Manuela raconté par Michel de Decker

Le Sedov

Le Sedov raconté par Michel de Decker

Bienvenue à bord du plus grand voilier russe : le Sedov.  Il ne s'appelait "Sedov" quand il a vu le jour en Allemagne, ce quatre-mâts barque  en 1921.  Il s'appelait le "Magdalene Vinenn" du nom de l'épouse adorée de l'armateur Vinnen. 

Il a été construit pour pouvoir faire du commerce de nitrates, de blé ou de charbon avec l'Amérique du sud, l'Océanie ou l'Asie du sud-est. La crise des années 30 va le clouer à quai et à la fin de la deuxième guerre mondiale, il sera donné à l'Angleterre au titre de dommage de guerre. Les anglais qui le céderont à la Russie qui le baptisera le "Sedov" du nom d'un célèbre explorateur polaire. Il devient alors navire océanographique et navire école pour former les marins de la flotte de pêche. Naturellement il connu de nombreuses restaurations durant sa carrière mais il est resté ce voilier mythique long de 118m, large de 15m et pouvant arborer 4200 mètres carrés en 34 voiles.

Aujourd'hui, lorsqu'il n'est pas à l'Armada, il flotte en rade de Mourmansk, son port d'attache de la mer de Barents qui n'est pas sujette aux glaciations hivernales. Il fait office de navire école pour l'université maritime où il forme des cadets, c'est à dire des élèves officiers, des marins civils et des ingénieurs de pêche. 

L'équipage du Sedov est constitué de 65 marins et de 164 cadets pour des voyages qui durent près de trois mois. 

Le Tenacious

Le Tenacious raconté par Michel de Decker