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Benoit Delépine : "avec les téléphones portables on perd l'humanité"

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Par , France Bleu Armorique

Le réalisateur, scénariste et comédien Benoit Delépine est au cinéma Arvor de Rennes ce mercredi 19 août pour présenter son nouveau film "Effacer l'historique" écrit et réalisé en duo avec son camarade Gustave Kervern. Ils y dressent une critique de notre monde ultraconnecté.

Le scénariste, réalisateur et comédien Benoit Delépine.
Le scénariste, réalisateur et comédien Benoit Delépine. © Radio France - Benjamin Fontaine

"Effacer l'historique" le nouveau film de Gustave Kervern et Benoît Delépine sort en salles mercredi 26 août. Les deux acolytes de "Groland" livrent une nouvelle comédie absurde qui pointe du doigt la relation ambiguë que nous entretenons avec notre téléphone portable. Le long-métrage qui met en scène Blanche Gardin, Corinne Masiero et Denis Podalydès se veut aussi une critique de la toute-puissance des géants du numérique dans notre société de consommation.

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Benoît Delépine est présent ce mercredi 19 août au cinéma Arvor de Rennes pour présenter son film et échanger avec le public. Nous l'avons rencontré.

France Bleu : Dans ce film vous pointez du doigt les petits travers qu'on peut avoir avec nos téléphones portables. L'ubérisation de la société, cette capacité à vouloir tout et tout de suite. Qu'est-ce que vous détestez le plus dans tout ça ?

Benoît Delépine : L'être humain en général. Les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) profitent de nous et sous couvert de nous faciliter la vie on se la complexifie et on perd le plus important, l'humanité. On a le sentiment que tout devient plus pratique mais tout ça nous pousse à rester chez nous à nous faire livrer des plats préparés.

F.B : Alors qu'ils sont très connectés, vos trois personnages principaux se rendent compte qu'ils sont en fait très seuls...

B.D. : Comme beaucoup de gens en ce moment ils ont des liens sociaux qui les désocialisent. Ça va même leur créer des problèmes : des mauvaises notes au travail, une sextape, des soucis administratifs ou économique. Gustave et moi on a écrit ce film en mettant en commun tout ce qui nous arrive de désagréable. On est écrasé par tout cela. On a le sentiment de ne pas s'en sortir. Ça devient même pathétique. A un moment donné on s'est même demandé si ce n'était pas seulement parce qu'on devient vieux. Mais en réalité ça touche tout le monde.

F.B : Amazon, Uber, Facebook, vous ne vous en servez jamais ?

B.D. : Gustave s'en sert pas mal. Ses enfants aussi. Moi c'est une catastrophe. Je n'y touche pas. Il y a quelques temps j'ai voulu acheter le DVD du film "Les particules" que j'avais vu à la télé. Je suis allé voir si il existait sur Internet. Je suis d'abord tombé sur les avis et certains étaient effrayants. Si je m'en étais tenu à cela je n'aurais jamais regardé. Comme je devais aller à Paris je suis passé à la Fnac et il n'y avait plus qu'une exemplaire disponible dans le magasin de la rue de Rennes. Le vendeur a passé une demi-heure dans la réserve pour le trouver. C'est vrai qu'affalé chez moi avec ma pizza j'aurais pu l'avoir plus rapidement mais je n'en ai pas envie. 

F.B. : Le téléphone portable ne vous sert vraiment qu'à téléphoner ?

B.D. : Non malheureusement ce n'est pas aussi simple que ça. J'en ai besoin pour envoyer mes sketchs. En revanche j'habite dans un coin paumé et je n'ai pas de réseau. J'ai même dû transformer un silo en fusée pour pouvoir travailler et avoir du réseau.

F.B. : Les trois personnages principaux ont été gilets jaunes. Comment vous avez observé ce mouvement ?

B.D. : Les gilets jaunes à la base ce sont des gens qui sont sortis de chez eux pour dire qu'on est en train de se faire couillonner. C'est aussi ce qu'on montre dans le film. On est en train de fabriquer un chômage de masse monstrueux.  On a été raccord avec eux, c'est d'ailleurs ce que l'on racontait dans notre film "Le Grand soir". Le souci c'est qu'il n'en ressort pas une utopie assez intéressante pour fabriquer une alternative.

F.B. : Il y a un clin d’œil à la Bretagne dans le film à travers le personnage interprété par Vincent Lacoste. Comment l'idée est-elle venue ?

B.D. : C'est lié à Gustave. Ça ne vous a pas échappé qu'il s'appelle Gustave Kervern. On a voulu faire un clin d’œil à la Bretagne et à la galette-saucisse pour s'amuser. (rires)

F.B. : Est-ce qu'il est autorisé de sortir son téléphone portable pendant "Effacer l'historique" ?

B.D : Il y a des publicités vraiment à chier au cinéma alors je ne vais pas blâmer les gens mais pendant le film non, il ne faut pas déconner.

F.B. : Est-ce que la crise sanitaire que l'on vit en ce moment peut vous inspirer ?

B.D : Non pas du tout. Le confinement nous a rendu complètement sec. Le sujet est trop angoissant. A moins d'en faire un film de science-fiction, on ne sait jamais. Cette crise a éloigné les gens des cinémas et ceux qui y vont aujourd'hui sont des héros et ils vont défendre notre film jusqu'à la mort ! (rires)

"Effacer l'historique" en salles le mercredi 26 août. Projection au cinéma Arvor de Rennes ce mercredi 19 août en avant-première en présence de Benoît Délépine. Séance à 20h30.

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