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Culture – Loisirs

Bernard Lavilliers : "J'aime bien chanter des trucs terribles sur une mélodie douce"

mercredi 27 septembre 2017 à 20:14 Par Angy Louatah et Julien Corbière, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Le chanteur stéphanois Bernard Lavilliers sort un nouvel album ce vendredi. "5 minutes au paradis", un album porteur de messages.

Le nouvel album de Bernard Lavilliers sort ce vendredi 29 septembre.
Le nouvel album de Bernard Lavilliers sort ce vendredi 29 septembre. © Maxppp -

Saint-Étienne, Loire, France

L'album de Bernard Lavilliers "5 minutes au paradis" sort ce vendredi, c'est l'un des événements musicaux de cette rentrée. Interview avec le chanteur stéphanois, parrain de France Bleu Saint-Étienne Loire.

C'est un album d'actualité, on peut le dire comme cela ? Vous parlez des migrants, des attentats...

Oui, c'est l’actualité de ces derniers mois. Les migrants sont souvent des réfugiés de la guerre, de la faim ou de la mort, cela ne va pas s’arrêter demain matin, c'est actuel. Les terroristes, cela ne va pas s’arrêter du jour au lendemain non plus et puis je parle des villes qui se délitent, qui sont désindustrialisées, c'est encore d’actualité malheureusement.

Vous avez le sentiment que vous pouvez changer des choses avec votre chanson ? Que votre poésie peut permettre de faire avancer ces sujets ?

Je ne sais pas, on n'est pas des hommes politiques, mais en attendant, c'est une proposition. Je connais d'excellents poèmes écrits pendant la Résistance qui ont permis de changer la vie de beaucoup de gens comme moi. Je pense que ce que j’écris, c'est aussi pour s'en souvenir. Parce qu'aujourd'hui, les gens, à la vitesse à laquelle circule l'information, ils oublient très vite.

Sur les migrants, le titre Croisières méditerranéennes dit que nous sommes tous sensibles à ces faits d'actualité, mais aussi qu'on a tendance à oublier...

Oui bien sûr, un clou chasse l'autre. Croisières méditerranéennes, je l'ai fait exprès parce qui'l y a énormément de bateaux de croisière, de plus en plus. Sauf que la mer n'a pas le même goût vu d'en-dessus ou d'en-dessous. En-dessous, ce sont ceux qui sont sur des zodiacs [...] et qui eux, n'atteindront peut-être jamais Lampedusa ou l'Europe. C'est sur une belle mélodie très douce, j'aime bien chanter des trucs assez terribles sur une mélodie très douce.

D'un point de vue musical, les spécialistes expliquent que vous êtes revenus à un style plus électrique. Vous souscrivez ?

C'est un album de rock, oui, mais j'avais une ambition d'aller écrire, cela va avec les mots et les mélodies. Si je les ai surpris, alors tant mieux.

Je n'appartiens pas à la ville (de Saint-Étienne, ndlr), la ville ne m'appartient pas, mais on est quand même associés !"

Un thème assez présent est celui de la désindustrialisation des grandes villes de France et d’Europe, faut-il faire un parallèle entre le titre Charleroi de cet album et le titre de 1975 Saint-Étienne ?

Il fut une époque où Saint-Étienne a fermé ses grandes usines, là où se trouvent les locaux de France Bleu, le site Manufrance... et petit à petit on a vu disparaître les ouvriers, moi j’étais encore là quand ça a commencé, je travaillais à l'usine. C'est toujours bizarre de voir des villes qui deviennent comme on dit "tertiaire", ce n'est plus la même ville, après ceux qui n'ont pas connu ou même ceux qui y restent voient si la ville redémarre. Quand on regarde, on continue de perdre notre démographie, il y a de moins en moins de gens, les villes se dépeuplent, c'est ce dont je parle, j'ai vécu à Saint-Étienne, aux États-Unis, dans l'Est, en Belgique, à Charleroi... cela peut arriver à tout le monde.

Mais en même temps, vous parlez souvent des gens de ces villes, de la chaleur humaine...

Oui, bien sûr, à Charleroi ils avaient embauché 50.000 Italiens pour aller creuser dans la mine et faire de l'acier, souvent, ils sont restés là. L'un de mes musiciens vient de Charleroi, c'est un peu pour cela que je l'ai appelée comme ça. La chaleur humaine, je la connais, il y avait la même chaleur humaine entre ouvriers à Saint-Étienne. Je suis un peu le chanteur de Saint-Étienne. Je n'appartiens pas à la ville, la ville ne m'appartient pas, mais on est quand même associés !