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Culture – Loisirs

Bourges : le musée de la résistance et de la déportation met à l'honneur les prisonniers de guerre

lundi 7 mai 2018 à 18:06 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

Il y a soixante-treize ans, le 8 mai 1945, l'Allemagne signait l'armistice qui mettait fin à la deuxième guerre mondiale. Une tragédie de 6 ans, des millions de morts et une exposition intéressante jusqu'au 9 septembre au musée de la déportation et de la résistance du Cher, à Bourges.

Ces têtes en plâtre ont été réalisées dans un camp par un sculpteur du Cher : Hervé Mhun. Un témoignage unique.
Ces têtes en plâtre ont été réalisées dans un camp par un sculpteur du Cher : Hervé Mhun. Un témoignage unique. © Radio France - Michel Benoit

Bourges, France

Les archives départementales du Cher mettent à l'honneur les grands oubliés de cette guerre : les prisonniers. 1 million 800.000 soldats français dont 10.000 originaires du Cher.  

Les dessins réalisés par Maurice Delavier (offerts aux archives de Châteauroux) témoignent du quotidien dans les camps de prisonniers. - Radio France
Les dessins réalisés par Maurice Delavier (offerts aux archives de Châteauroux) témoignent du quotidien dans les camps de prisonniers. © Radio France - Michel Benoit

L'histoire ne s'est pas attardée sur ces prisonniers, défaits de 1940. Elle a préféré glorifier les libérateurs de 1945. La plupart ont passé 5 ans en Allemagne dans les stalags. Une chambrée à d'ailleurs été reconstituée. 

Une chambrée a été reconstituée. L'univers du stalag. - Radio France
Une chambrée a été reconstituée. L'univers du stalag. © Radio France - Michel Benoit

Quelques uns, très peu, ont pu revenir avant, grâce au système de la relève, instituée par Vichy. Xavier Truffaut, responsable du musée de la résistance à Bourges : "Ce système était institué pour libérer un certain nombre de prisonniers en échange de travailleurs volontaires. Mais ces volontaires, évidemment, étaient peu nombreux et puis les autorités allemandes rechignaient à libérer cette main d'oeuvre dont elles manquaient cruellement pour faire tourner les usines. Les allemands voulaient le beurre et l'argent du beurre." Finalement la relève conduira à l'instauration du STO, le service du travail obligatoire... en Allemagne. 

Xavier Truffaut, responsable du musée de la résistance et de la déportation de Bourges - Radio France
Xavier Truffaut, responsable du musée de la résistance et de la déportation de Bourges © Radio France - Michel Benoit

Quelques uns, encore moins nombreux, parviendront à s'échapper. Attardons-nous sur Henri Dias,un habitant du Cher, engagé des brigades internationales en Espagne et prisonnier en 40 : " Début 1942, il a passé 26 heures sous un wagon par un froid glacial, détaille Xavier Truffaut.  Il a traversé ainsi l'Allemagne et a pu rallier la France. Grâce à la complicité de cheminots, il a traversé la ligne de démarcation et fut _l'un des créateurs des maquis de résistance dans le département._" Henri Dias deviendra le commandant Bertrand dans les maquis du Cher. 

A votre avis, de quoi s'agit-il ? C'est un poste de radio rudimentaire construit de manière clandestine par des prisonniers. - Radio France
A votre avis, de quoi s'agit-il ? C'est un poste de radio rudimentaire construit de manière clandestine par des prisonniers. © Radio France - Michel Benoit

Vous pourrez voir de nombreux documents, des affiches d'époque, des objets du quotidien dans ces stalags et certains plus rares comme ce poste à galène rudimentaire : " Beaucoup de prisonniers essayaient de capter la BBC, raconte Xavier Truffaut,  pour connaitre l'évolution du conflit. Certains électriciens qui avaient les notions techniques nécessaires, sont parvenus à construire des petits postes de radio rudimentaires qui fonctionnaient." Autre témoignage émouvant : cette collection de plâtres. Plusieurs dizaines de petites têtes réalisées par un sculpteur de St-Thibault, près de Sancerre. Hervé Mhun a sculpté les visages de ses camarades de camp et il a pu ramener avec lui toute sa collection dont sa veuve a fait don au musée de la résistance et de la déportation. 

Une affiche vantant les volontaires partis en Allemagne pour travailler à l'effort de guerre. - Radio France
Une affiche vantant les volontaires partis en Allemagne pour travailler à l'effort de guerre. © Radio France - Michel Benoit

Cette exposition "Les prisonniers de guerre du Cher 1839-1945" est visible à Bourges au musée de la résistance et de la déportation jusqu'au 9 septembre.