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Culture – Loisirs DOSSIER : Incendie de Notre-Dame

Cagnottes : la Fondation du Patrimoine aide aussi le Mausolée de Bourgogne dans la Marne

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Après avoir récolté 218 millions d'euros pour reconstruire Notre-Dame de Paris, la Fondation du Patrimoine a lancé, ce mardi, une nouvelle souscription pour les monuments en danger. Parmi eux, 130 en Champagne-Ardenne, dont le mausolée de Bourgogne, à une vingtaine de kilomètres de Reims.

La statue en marbre trône au cœur du mausolée.
La statue en marbre trône au cœur du mausolée. © Radio France - Thomas Coignac

Bourgogne, France

Quand on arrive à Bourgogne, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Reims, il faut passer la mairie et l'église, du XIIe siècle, classée monument historique. Et, ensuite, continuer 300 mètres jusqu'au cimetière, juste derrière. A l'intérieur, il n'est pas difficile à apercevoir. Un monument, en pierre blanche, qui date de 1914 : le mausolée de Bourgogne

Le mausolée se dresse parmi les tombes du cimetière de Bourgogne. - Radio France
Le mausolée se dresse parmi les tombes du cimetière de Bourgogne. © Radio France - Thomas Coignac

En cours de restauration, depuis qu'il a été redécouvert en 2011, le mausolée fait donc partie des 130 bâtiments de Champagne-Ardenne (environ une quarantaine dans la Marne et une dizaine dans les Ardennes), soutenus par la Fondation du Patrimoine. Il y en a au total 2 800 en France, et ils sont concernés par la nouvelle souscription, après l'arrêt de celle pour Notre-Dame de Paris, qui a récolté 218 millions d'euros.

Lancée ce mardi, la souscription "Plus jamais ça", a pour but de "surfer" sur la générosité des Français pour la reconstruction de la cathédrale. En fonction de la somme récoltée, un choix plus ou moins large sera effectué parmi les 2 800 monuments, pour définir lesquels seront, effectivement, aidés par la Fondation. 

600 euros par la Fondation du patrimoine... sur 150 000 

Du côté de Bourgogne, la Fondation du patrimoine a rassemblé environ 600 euros pour le mausolée. Une toute petite somme, puisque, pour terminer la restauration, l'association de sauvegarde du Mausolée de Bourgogne estime qu'elle a besoin de 150 000 euros. 

Cette association, ce sont 10 retraités des environs qui l'ont montée, après la "redécouverte" de ce mausolée, à l'histoire singulière. Il fut construit entre 1898 et 1914 par Marie-Théodorine Zoé Promsy, riche héritière de Bourgogne, à la mémoire de son mari Jean-Marie Léon Faynot, célèbre magistrat. Ses relations parisiennes lui permettent d'impliquer pour la construction les meilleurs spécialistes parisiens. Parmi eux, l'architecte Octave Courtois-Suffit, ou encore le sculpteur Gustave Michel, pour concevoir la statue de son mari. Ce qui donne un monument néo-byzantin, "très rare", souligne Jean-Michel Beix, secrétaire de l'association.

Quand j'ai poussé la porte en 2011, c'était un tas de gravats

Au fur et à mesure des décennies, d'héritier en héritier, le monument se dégrade. L'un d'eux le passera même au Kärcher, ce qui, forcément, ne fait pas de bien aux mosaïques. Il faudra attendre 2011 pour que l'association puisse s'approprier le bien, avec l'accord des descendants. Alors, depuis 2011, le chantier est en cours, avec, au départ, beaucoup de nettoyage. "Quand j'ai poussé la porte en 2011, c'était un tas de gravats, se souvient Patrick Drochon. Mes amis ne voulaient même pas y descendre tellement c'était sale". Alors, il faut tout nettoyer, reconstituer les mosaïques comme des puzzles, reconstituer les vitraux. "Ça, j'ai dû y passer 500 heures, compte Jean-Claude Delorme, vice-président, et habitué à rénover les vitraux des églises".

Sur le mur du mausolée, des photos du début du chantier. - Radio France
Sur le mur du mausolée, des photos du début du chantier. © Radio France - Thomas Coignac

Mais, si tous ces travaux ont pour l'instant pu se faire, avec l'argent des visites du mausolée, les subventions, et quelques dons, mais les travaux doivent désormais passer à une autre phase avec la restauration des mosaïques. 

Parce que ces opérations, elles, nécessitent le recours aux professionnels. En l’occurrence, c'est un atelier de Fouras, en Charente-Maritime, qui va fabriquer les vitraux. Et cela fait désormais huit ans que l'association se bat pour réunir ces 150 000 euros, alors, lorsque l'on compare à l'argent réuni pour Notre-Dame de Paris, "on est un peu jaloux", sourit Patrick Drochon.

Les membres de l'association de sauvegarde, avec, de gauche à droite Cyrille Bobant, Jean-Claude Delorme, Jean-Michel Beix et Patrick Drochon. - Radio France
Les membres de l'association de sauvegarde, avec, de gauche à droite Cyrille Bobant, Jean-Claude Delorme, Jean-Michel Beix et Patrick Drochon. © Radio France - Thomas Coignac

Et, lorsque l'on regarde tous les projets champardennais soutenus par la Fondation du Patrimoine, les montants récoltés sont disparates. Certains ont déjà réuni beaucoup de dons, comme à Reims la chapelle Saint-Joseph (1 million d'euros), la cour d'honneur de l’établissement scolaire Saint-Joseph (737 000) ou la cathédrale Notre Dame (629 000). Des montants importants aussi pour le château Perrier à Épernay (195 000), les thermes gallo-romains de Warcq dans les Ardennes (10 000). Par contre, des sites n'ont pas rassemblé le moindre centime, comme le lavoir de Lisse en Champagne, détruit pendant la Première guerre mondiale. Devant le mausolée, le secrétaire de l'association, Jean-Michel Beix relativise : "le mausolée sera reconstruit un jour.... Par contre nos associations, elles, accueillent beaucoup de retraités. Ce sont elles qui ont besoin de la relève." 

Pour donner à l'Association de Sauvegarde du Mausolée, adressez vos dons à la mairie de Bourgogne, ou via la Fondation du Patrimoine