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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : Gautier Capuçon, le virtuose de Savoie, joue tous les jours pour les confinés

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Par , France Bleu Pays de Savoie

INTERVIEW - Depuis le premier jour du confinement, le natif de Chambéry Gautier Capuçon communie tous les jours avec les Français confinés grâce à Bach et à son violoncelle. Un rituel quotidien devenu essentiel.

Gautier Capuçon
Gautier Capuçon - Capture de Twitter

Comme son frère, le violoniste Renaud, Gautier Capuçon a pris son instrument fétiche dès le premier jour du confinement. Le Chambérien, qui jouait avec son frère le 2 décembre dernier pour la réouverture de l'espace Malraux de Chambéry, est confiné avec ses deux petites filles de 7 et 10 ans, à Paris, mais il n'oublie pas sa "Savoie de cœur"

Deux ans de travail réduit à néant à cause du virus

Le violoncelliste était aux États-Unis où il préparait une tournée avec l'orchestre symphonique de San Francisco. Tout a été annulé. Il a dû en catastrophe retrouver ses proches chez lui à Paris. Deux ans de travail de préparation, pour rien. Confiné, Gautier compense en interprétant tous les jours une oeuvre de Bach. De temps en temps il varie, il nous offre du Édith Piaf par exemple. Un concert privé partagé avec des milliers de gens sur les réseaux sociaux. Sa première vidéo a par exemple été vue 32.000 fois sur Instagram et 4000 fois sur Twitter. Les réseaux sociaux sont devenus une gigantesque salle de spectacle.

Comment avez-vous vécu les annulations et l'après ?

Gautier Capuçon : Il a fallu passer le choc de l'annulation. Sur le moment, j'étais anéanti. Mais très vite, je suis dit que ce travail ne serait pas complètement perdu. Je devais le partager. Avec Bach. Bach, c'est la Bible des musiciens, la Bible des violoncellistes. Bach, je le joue depuis tout petit, on y revient toujours, il est à la fois proche et intouchable. Bach est comme une présence, une spiritualité dont tout homme a besoin. 

Comment avez-vous commencé ce rendez-vous musical ?

Revenu près des miens en catastrophe, j'ai posé mon smartphone sur le pupitre et je me suis filmé avec ce prélude de la première suite de Bach. La vidéo a été partagée, repartagée... De plus en plus, au fil du confinement, il y a eu un besoin de musique. Et moi, j'ai besoin de ce rendez-vous, de m'exprimer. Quand on voit comment chaque vidéo est partagée, retweettée, diffusée sur tous les réseaux sociaux, on sent que ce rituel est important. C'est aussi une sorte de challenge pour moi de proposer tous les jours une nouvelle oeuvre. J'ai besoin de cet échange.  

"La musique nous permet de rester ensemble. Et il faut se battre ensemble contre ce virus" - Gautier Capuçon

Qu'apporte la musique aux personnes confinées ? 

Elles aussi s'expriment à travers la musique. Quand il y a trop de pudeur, la musique vous permet d'évacuer, de vous abandonner à la joie, à la tristesse, à la mélancolie. C'est une manière de communier, de partager dans une situation qu'on prend tous de plein fouet. La musique nous permet de rester ensemble, soudés. Et il faut se battre ensemble contre ce virus. 

Le confinement met en avant la force des réseaux sociaux ?

Oui et on est aujourd'hui tellement en manque de relation humaine directe à cause du confinement. C'est tout le paradoxe. J'étais moi-même très porté sur ces réseaux, parfois au détriment du reste. Ce qui nous arrive est un message et va peut-être rééquilibrer les choses. Je veux y croire. Confinés, on réapprend des choses qu'on avait perdues. C'est une sorte de psychanalyse. Enfin... les journées sont quand même très occupées avec les devoirs et les activités artistiques de nos deux filles. 

Et la Savoie ?

Je vis désormais à Paris, mais je reste connecté avec ma Savoie de cœur. Je m'adresse à vos auditeurs et aux Savoyards. Je pense fort à vous.

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