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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : Landes, Pays Basque, Béarn… un été sans corridas !

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Gascogne, France Bleu Pays Basque, France Bleu Béarn

Le Sud-Ouest, et plus généralement la France taurine, privés de corridas cet été, voire toute cette saison…C’est possible. C’est même envisagé par les principaux acteurs. En pleine période de confinement, Garlin le 5 avril, Arles, Aignan, Mugron, les rendez-vous de Pâques, sont annulés ou reportés.

Photo d'archives
Photo d'archives © Radio France - Pierre-Albert Blain

Le Sud-Ouest, et plus généralement la France taurine, privés de corridas cet été, voire toute cette saison…C’est possible. C’est même envisagé par les principaux acteurs. En pleine période de confinement, Garlin le 5 avril, Arles, Aignan, Mugron, les rendez-vous de Pâques, sont annulés ou reportés.

Les dates à suivre Aire, Bougue et la feria de Vic, fin mai, sont également suspendues. Mais au-delà des programmations immédiates c’est bien toute la temporada, Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne comprises, qui est très sérieusement menacée.  

Peu de monde pour croire à une possible reprise. 

Alain Lartigue, l’homme d‘affaires qui intervient pour les arènes de Bayonne, Vic-Fezensac, Mont-de-Marsan, Arles et plusieurs plazas des Landes, est catégorique : "Il sera impossible d’organiser la saison. Au regard de la casse sociale et psychologique que l’on peut imaginer qui va  découler de cette épidémie." Son fils spirituel Jean-Baptiste Jalabert avec lequel l’ex-bâtonnier bayonnais est associé à Arles, comme dans la préfecture des Landes, s’est finalement rangé à l’avis de son aîné après avoir essayé d’être optimiste. 

Même son de cloche chez Pascal Lavigne de la commission taurine dacquoise : "La levée du confinement sera progressive. Lente, sur possiblement plusieurs semaines voire plusieurs mois.  Et rien ne permet de dire quand, nous n‘avons aucune visibilité ». Le dacquois qui dit aussi » Le devoir de décence obligatoire au cœur de la pandémie. Il sera temps un jour de parler de tout cela." Et Alain Lartigue d’ajouter : "Comment imaginer réunir en juillet, en août ou même en septembre des milliers de personnes venues des quatre coins de France et de l’étranger ? Des gens qui auront connu l’angoisse et pour certains la maladie ou la perte d’un proche." 

Christophe Andiné ne dit pas autre chose. Le président de la commission taurine montoise avoue "ne pas avoir la tête aux toros en ce moment". Tous soulignent aussi que la frontière espagnole fermée durablement, il est très difficilement imaginable d’envisager organiser une saison, même au cœur de l’été.

En Espagne plus rien n’existe que la lutte contre la pandémie

D’ailleurs, la San Isidro de Madrid, le plus grand événement taurin au monde qui devait débuter mi-mai pour un mois est à l’arrêt. La San Fermin de Pampelune début juillet, manifestation qui attire des aficionados du monde entier par dizaines, par centaines de milliers, est reportée. 

L’Espagne confinée, la frontière fermée, le marché taurin interrompu, la conséquence pour la France taurine est donc sinistrement simple : la fin de toute activité, l’absence de perspectives. Personne en Espagne n’ose parier sur la sortie de crise. 

Chez Pedraza de Yeltes, à Salamanque, élevage qui devait livrer corridas à Vic, Mont-de-Marsan et Dax, on est très pessimiste. Les préoccupations sont tout autre. Idem pour Rafael Cruz. L’éleveur de Ciudad Rodrigo qui avait course à Dax cet été n’est pas dans l’optique de parler de toros, confiné qu’il est avec toute sa famille, en relative quiétude dans sa propriété castillane, où, dit-il, il jouit d’une situation exceptionnellement favorable "comparé à tant d’autres gens sur terre".

Toute la tauromachie espagnole est sidérée, tétanisée, ajoute Rafael Finat, propriétaire au sud de Tolède de la ganaderia de Conde de Mayalde. Le matador Alberto Lamelas s’entraîne dans son salon après avoir poussé les meubles de son petit appartement de Madrid. Domingo Lopez Chavez qui était programmé dans toutes les ferias de la région s’occupe de ses enfants et angoisse pour la terre entière. Le banderillero vedette Rafael Gonzales rappelle son inquiétude qu’il avait confiée lors de sa dernière venue en France, le 1er mars à l’occasion du festival taurin de Mont-de-Marsan. 

Alors, des toros en France cet été ?... Il faudrait pour ce faire la fin du confinement espagnol, la réouverture de la frontière et la capacité à organiser dans des conditions qui seraient de toute façon très particulières. Quant à faire éventuellement avec du bétail français, dans l’hypothèse d’une fin de pandémie chez nous, la France ne dispose pas de vingt lots de toros à proposer. Et avec quels toreros si les professionnels espagnols, matadors, banderilleros, picadors sont toujours confinés ?

Impossible temporada ?

La réalité des faits donc vient contrarier les espérances et rêves de certains. Plus qu’un été sans ferias il semble bien donc que l’on s’oriente en effet vers une saison sans corrida. Alain Bonijol, principal fournisseur de chevaux de picadors en France (il sert notamment Vic-Fezensac, Mont-de-Marsan et Dax) est fataliste : "Cela ne sert à rien de tirer des plans sur la comète. La temporada est fichue."

Le Nîmois, installé dans le Gers, vit sa deuxième année de galère après que son élevage ait été frappé par une infection sérieuse l’an dernier, laquelle a bien failli le laisser sur la paille. De fait, il n’est pas besoin d’être visionnaire pour imaginer qu’il sera très probablement impossible d’organiser une saison. Même au cœur de l’été. 

Thomas Dufau, le matador landais, continue de s’entraîner, sans trop y croire. Dans son village du Bas-Armagnac le Gascon toréé des cornus invisibles dans la solitude des grands pins. 

"Chaque jour qui passe nous éloigne d’une perspective de reprise", ajoute Pascal Lavigne de la commission taurine dacquoise. Le manque de visibilité quant à la fin du confinement, l’obligatoire levée très progressive de ce dernier, renvoie les acteurs de la tauromachie du sud-ouest à la réalité. La frontière avec l’Espagne fermée durablement, le pays voisin dans une situation épidémique terrible, comment imaginer une issue heureuse et relativement proche pour les aficionados et les professionnels ? 

Les Vicois qui avaient un temps reprogrammé leur feria de Pentecôte au 11,12 et 13 juillet, admettent désormais que leur optimisme a pris du plomb dans l’aile. Et Serge Villetorte, organisateur de la feria de Parentis-en-Born, qui a lieu chaque année au début du mois d’août, de conclure : "La priorité et l’urgence sont ailleurs. On ne peut pas ignorer ce qu’il est en train de se passer et faire comme si tout allait renter dans l’ordre en quelques jours."

En Espagne, la Semaine Sainte qui devait débuter lundi et qui est l’un des temps essentiels du calendrier espagnol, aura cette année, assurément, un goût de cendres.  

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