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Dossier : Coronavirus Covid-19

Couvre-feu à Paris : les danseuses du Crazy Horse font le show en journée

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

À cause du couvre-feu, les salles de spectacle ont dû adapter leurs horaires. Haut lieu de la vie nocturne parisienne, le Crazy Horse propose désormais des spectacles en journée le week-end. Qu'est-ce que ça change de danser quand le soleil est encore là ? Les danseuses (et le public) racontent.

Au Crazy Horse, la troupe présente ses spectacles en journée le week-end en raison du couvre-feu
Au Crazy Horse, la troupe présente ses spectacles en journée le week-end en raison du couvre-feu © Radio France - Olivia Cohen

Pour se plier au couvre-feu mis en place le vendredi 16 octobre à minuit, les salles de spectacle ont dû faire le grand écart. Le Crazy Horse, célèbre cabaret parisien, l'un des symboles forts du monde de la nuit, a modifié ses horaires et s'anime désormais à l'heure du thé. Les shows ont lieu en pleine journée le week-end, à 15h30 et 18h. Un changement de taille pour la troupe, composée d'une trentaine de Crazy girls, qui ont toutes su retomber sur leurs talons hauts.

"Ici, il n'y a pas de fenêtre, on ne sait pas quelle heure il est !"

Dans les loges, où la distanciation sociale est de rigueur, chaque danseuse se prépare dans son box avant la première représentation de ce samedi 24 octobre, avec une habilleuse qui veille à ce que les accessoires ne soient pas mélangés. Finalement, assure Kika Revolver (c'est son nom de scène), une fois maquillée, faux-cils allongeant les yeux, perruque à frange sur la tête et lèvres peintes en rouges, on ne voit pas la différence entre danser de jour ou de nuit : "Ici, il n'y a pas de fenêtre, pas de porte, pas d'heure, pas d'horloge, c'est comme dans les casinos : on ne sait pas quelle heure il est ! Ça paraît fou mais si tu demandes à toutes les filles, elles te diront 'ce soir' et pas 'cet après-midi' !"

Dans les loges du Crazy Horse, pas de fenêtre, on perd la notion du temps
Dans les loges du Crazy Horse, pas de fenêtre, on perd la notion du temps © Radio France - Olivia Cohen

Fasty Wizz, autre membre de la troupe rencontrée entre deux répétitions (et animatrice radio), reconnaît une ambiance différente mais un bonheur intact : "Disons que quand les gens viennent à 23h, qu’ils ont mangé, pris un verre ou deux, on est déjà dans une animation un peu différente. Mais peu importe l'heure, les gens sont ravis de venir, ils sont contents d’aller voir des spectacles, que les lieux culturels restent ouverts et on le sent aussi quand on est sur scène !"

Un rythme allégé plus fatigant

Lors du pré-show, entre deux airs de Frank Sinatra, le chanteur chargé de chauffer la salle doit s'habituer à dire "Voulez-vous coucher avec moi cet après-midi", suscitant quelques rires dans le public. Les fauteuils de velours rouge accueillent une centaines de spectateurs, la jauge a été réduite de moitié. 

Deux jeunes femmes de 19 ans et 20 ans sont assises, impatientes. Lauredana a offert sa place à son amie Charlotte. Un cadeau d'anniversaire qu'elles auraient dû fêter à l'origine un vendredi soir : "Ce n'est pas la même ambiance de soirée cool entre copines, on perd un peu de cette magie-là, mais on s'adapte, c'est tout de même un beau spectacle !"

"Le corps se repose et quand il réattaque le week-end, c’est un petit peu plus compliqué", confie Mika Do

"En temps normal, le cabaret propose une quinzaine de représentations par semaine, contre quatre actuellement", détaille Andrée Deissenberg, directrice générale création et développement pour le Crazy Horse. 

Ce rythme allégé est plus fatigant pour le corps des danseuses, confie Mika Do, qui sort tout juste d'une séance d'ostéopathie : "C’est compliqué parce qu’on a repris à deux jours par semaine, normalement, on faisait du six jours sur sept, donc quand le corps travaille beaucoup, il est beaucoup plus chaud ! On a plus de jours de repos, donc le corps se repose et quand il réattaque le week-end, c’est un petit peu plus compliqué ! Il faut qu’on réapprenne à connaître notre corps. On a rouvert le Crazy début octobre, là, on est plus de trois semaines après, et déjà, on voit la différence entre les premiers jours et maintenant, il y a déjà un mieux !"

"Le samedi soir, j'ai le temps de regarder une série"

Même si les représentations sont moins nombreuses, la troupe s'estime chanceuse par rapport aux autres cabarets parisiens. Grâce au chômage partiel, les danseuses n'ont pas de baisse de salaire et terminent leur journée plus tôt. "Personnellement, quand le Crazy est ouvert le soir, je ne suis pas au lit avant 3h du matin", raconte Tina Tobago, qui travaille également comme infirmière, "parce que je n’arrive pas à m’endormir directement après être rentrée du travail. Après, on est toutes différentes et il y en a qui arrivent à se coucher très vite en rentrant, c’est vraiment très personnel et au cas par cas !"

Dans l'ensemble, la majorité de ces noctambules ont adopté très facilement leur nouveau rythme. Bamby Splish Splash passe ses samedis soirs sous la couette, elle a vite pris le pli : "Avoir le temps de manger tranquillement, ne pas rentrer trop tard, ça me permet de décompresser, de me mettre au lit, de me faire un petit massage et de regarder une série ! On va dire que c'est le côté positif du couvre-feu auquel je me suis parfaitement acclimatée, pour ma part !"

Qu'est-ce que ça change de danser au Crazy Horse quand le soleil est encore là ? Olivia Cohen est allée soulever le rideau rouge pour en savoir plus

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