Culture – Loisirs

Cure de rajeunissement enclenchée pour le Zénith de Toulouse

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mercredi 13 septembre 2017 à 19:14

La société de Daniel Colling prend les rênes du Zénith jusqu'en 2027.
La société de Daniel Colling prend les rênes du Zénith jusqu'en 2027. © Radio France - Bénédicte Dupont

Depuis le 1er juillet, le Zénith de Toulouse est géré en délégation de service public par la société de Daniel Colling, exploitant des Zéniths de Paris et de Nantes. La nouvelle équipe a de grands projets pour l'écrin toulousain qui nécessite d'être en phase avec son temps.

La nouvelle saison démarre le 24 septembre et déjà, le Zénith de Toulouse entame une nouvelle vie. Viennent de commencer dix ans d'union, de contrat sous l'ère Colling un nom bien connu du monde du show-business puisque Daniel Colling, 71 ans, n'est autre que le co-fondateur du Printemps de Bourges et l'exploitant des deux autres plus gros Zéniths de France, celui de Paris et de Nantes.

Patrick Vergondy, le directeur d'établissement et Daniel Colling, le président de la société qui gère le Zénith. - Radio France
Patrick Vergondy, le directeur d'établissement et Daniel Colling, le président de la société qui gère le Zénith. © Radio France - Bénédicte Dupont

Plus moderne, avec une programmation plus locale

Tout l'organigramme a changé : une équipe de communication et surtout un nouveau directeur d'établissement, Patrick Vergondy, compagnon de tournée de Johnny Hallyday, il s'est aussi occupé des plus grands lorsqu'ils venaient en France (Prince, les Stones ou Madonna). C'est lui aussi, en l'absence de Daniel Colling, qui gérera les chantiers de modernisation car si le Zénith de Toulouse jouit d'une très bonne réputation d'un point de vue technique, pratique, pour les équipes en coulisses, il manque franchement de "rock'n roll attitude" pour le grand public. Imaginez, le deuxième plus grand Zénith de France n'a même pas de site Internet et de comptes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter), ce sera chose réglée dans les prochaines semaines. À l'intérieur, bientôt, un espace bar-restauration un peu branché, plus convivial qu'un simple bar, de quoi manger sur le pouce et "rentrer chez soi sans devoir se faire à dîner alors qu'on se lève tôt le lendemain matin". D'ici janvier, il y aura aussi un accès automatisé aux portes, de manière à mieux comptabiliser les entrées et donc les recettes, de manière aussi à fluidifier l'arrivée du public. Toujours à l'intérieur, bientôt un tout autre aspect, avec des expos-photos et des graffs toulousains. Enfin, l'an prochain, une fois que la Métropole l'aura validé, un nouveau logo sera accroché sur la façade du bâtiment.

On veut rajeunir le Zénith, faire venir davantage les étudiants. Toulouse a de formidables atouts pour convaincre les tourneurs de faire venir leurs artistes. — Daniel Colling

Autre chapitre important : la scène locale. Avec la création d 'un compte de soutien, Daniel Colling compte "relier avec le tissu artistique local", autrement dit avoir les fonds pour favoriser les créations locales : programmer des musiciens de la région lors des premières parties ou participer à des créations plus originales comme l'intervention d'un orchestre symphonique. Le nouveau patron promet aussi pour 2018/2019, un spectacle entier dédié aux musiciens d'Occitanie, un spectacle baptisé "OZ" (prononcez "ozed), mélangeant les genres mais avec le point commun que tous les artistes seraient du cru, de Cali ou Olivia Ruiz à des chanteurs qui méritent d'être découverts.

Capacité maximale du Zénith de Toulouse : 11.000 places. - Radio France
Capacité maximale du Zénith de Toulouse : 11.000 places. © Radio France - Alban Forlot

Le carnet d'adresses de Colling pour faire venir des stars et concurrencer Montpellier et Bordeaux

Objectif chiffré à moyen terme : passer de 85 à 100 spectacles par an, de 350.000 à 400.000 spectateurs, comme à Nantes. Pas cette saison, tout a déjà été booké, mais à partir de la prochaine, la 2018-2019. il faudra tenir la concurrence avec l'Arena de Montpellier (14.000 places) qui fête ses sept ans et la future Arena de Bordeaux (11.000 places comme Toulouse), qui sera inaugurée en janvier prochain avec la venue de Depeche Mode. Et pour attirer les grands noms dans la ville rose, le carnet d'adresses monumental du co-fondateur du Printemps de Bourges pourrait servir, ce dont ne disposait pas forcément la SEM, la société mixte de spectacle de Toulouse Métropole, l'ancien gestionnaire du Zénith, plus institutionnel, moins "showbiz". "Les artistes internationaux font trois ou quatre dates en France. Il faut jouer des coudes. Et puis on peut aussi arguer que les Arenas sont plus des cirques romains, les Zéniths eux sont davantage conçus pour les spectacles musicaux", appuie t-il, sous-entendant que la qualité acoustique est meilleure dans les Zéniths.

Daniel Colling a un relationnel unique, il connaît tout le monde. Et il possède désormais trois Zéniths, cela peut peser dans les négociations avec l'entourage des artistes — Patrick Vergondy

Ce qui est aussi vrai, c'est que les programmations se négocient parfois par "package". Un Zénith accepte de passer un artiste de second rang, en échange, le tourneur accepte de programmer l'une de ses grosses têtes d'affiches.

La Métropole compte lancer une étude pour mieux savoir d'où viennent les spectateurs du Zénith et comment améliorer ses accès. - Radio France
La Métropole compte lancer une étude pour mieux savoir d'où viennent les spectateurs du Zénith et comment améliorer ses accès. © Radio France - Alban Forlot

La saison du Zénith débute le 24 septembre avec la venue du rappeur Soprano. Moments forts annoncés cette année, avec une billetterie déjà complète ou presque : les Kids United le 15 octobre, IAM le 17 novembre ou encore Vianney le 14 décembre. Les deux concerts des toulousains Big Flo et Oli en avril, annoncé il y a quelques jours, ont déjà affolé les sites de vente : 5.000 billets vendus en deux jours !

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