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ECOUTEZ - Daft Punk à Rennes : rave, boîtes et Trans Musicales, une aventure méconnue

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu

Rennes et les Daft Punk ont une histoire commune à la fin des années 90. Aux prémices de leur succès mais encore loin du phénomène qu'ils vont devenir. Une histoire méconnue voire oubliée qu'un de leurs amis a accepté de nous raconter.

Les Daft Punk vont séduire tout le monde à l'Ubu en 1995, pour leur premier passage aux Trans Musicales.
Les Daft Punk vont séduire tout le monde à l'Ubu en 1995, pour leur premier passage aux Trans Musicales. - Eric Perez

PODCAST - L'histoire méconnue et oubliée de Daft Punk à Rennes

Il faut imaginer deux adolescents parisiens dans la cave d'un café de la rue Saint-Georges à Rennes au milieu des années 90. Deux tables de bar avec des platines Technics. Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo passent des disques à une centaine de personnes survoltées. Le mythe n'en est qu'à ses prémices. 

Depuis le Carmès est devenu un restaurant, le patron un antiquaire et les Daft Punk ont mis fin à leur carrière après un succès planétaire et des millions de disques vendus. Mais Rennes sera un terrain de jeu apprécié par le duo, entre 1995 et 1998.

Ils vont tout défoncer ce soir-là.

En 1993, leur groupe de rock, Darlin', vient d'échouer. Le duo Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo va se lancer dans l'électro depuis leurs chambres. Ils viennent respectivement de Paris et Neuilly-sur-Seine et en 1995 ils sortent un maxi avec deux titres, dont Da Funk. Ce morceau va hypnotiser les amateurs de cette musique, encore de niche. Parmi eux, Antoine Ressaussière, un Rennais connu sous le nom de DJ Kenobi. En 1995 il travaille avec les Trans Musicales et il va proposer de programmer ce duo parisien à l'Ubu, la petite salle rennaise de 300 places

Le programme des Trans Musicales, l'après-midi où va jouer Daft Punk en 1995.
Le programme des Trans Musicales, l'après-midi où va jouer Daft Punk en 1995. - Trans Musicales

"Entre le moment où on les programme, et le festival c'est devenu un groupe tellement hot que tous les labels veulent des places", explique Antoine Ressaussière. "Des maisons de disques de France, d'Angleterre et d'Allemagne ont fait le déplacement pour tenter d'avoir un moment d'intimité avec le groupe et les signer." Finalement ça ne se signe pas à ce moment-là, mais ce concert va séduire tous les professionnels présents. "Comme les mecs ont tout défoncé cette après-midi là, évidemment ça a rendu le truc chaud bouillant et tout le monde voulait signer les Daft Punk." Essai transformé pour le duo.

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Des adolescents festivaliers en 1992

Quelques mois plus tard ils vont quitter leur petit label écossais Soma records pour la major Virgin. Les Trans Musicales ont joué un rôle. Et pourtant ce concert a failli ne jamais avoir lieu. Comme l'explique Jean-Louis Brossard, le co-fondateur du festival et directeur artistique des Trans Musicales. 

Alors l'histoire des Daft Punk en 1995 aux Trans Musicales est connue. Ce qui l'est beaucoup moins c'est que le duo est venu à Rennes bien avant, en décembre 1992. Ils ont 17 et 18 ans et ils viennent à Rennes comme festivalier des Trans Musicales. Parce que les Trans organisent une des premières grosse rave party en France. "Thomas et Guy-Manuel avaient plutôt aimé l'esprit de la ville. Rennes dans les années 90 était super créative, la scène électronique s'exprimait quand même et ça n'avait pas lieu de rougir face à Paris", explique Antoine Ressaussière. La "Rave O Trans" de 1992 un événement majeur pour l'électro qui est un genre naissant en France. Et beaucoup de Parisiens viennent en car à Rennes, dont les Daft Punk, pour y assister. Ça se passe au Liberté qu'on appelle encore le Palais omnisports.  

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Le duo respecte beaucoup le festival. Et c'est en partie pour ça qu'ils vont accepter de revenir un an après leur concert mythique de l'Ubu, en 1996, avec un statut très différent. "Le live n'était pas prêt, l'album Homework allait sortir, se souvient Kenobi. Thomas et Guy-Manuel ont composé un mash-up de leurs morceaux à venir et d'un DJ set. C'est un mélange de mix et de live qu'on avait appelé le Daft mix." C'est surtout à cette soirée qu'énormément de Rennais vont découvrir les Daft Punk. Fini les 300 places de l'Ubu on est au Parc des expositions pour la soirée Planète. Une performance unique pour les Trans Musicales qu'ils ne vont jamais refaire ailleurs.

Daft Punk décrit comme "le duo que la terre entière nous envie" dans le programme des Trans Musicales 1996.
Daft Punk décrit comme "le duo que la terre entière nous envie" dans le programme des Trans Musicales 1996. - Trans Musicales

Dans les boîtes et cafés rennais

Mais en dehors des Trans Musicales, les Rennais ont beaucoup vu Daft Punk entre 1995 et 1996. "Ils les ont vu quasiment autant que les Parisiens". Au point que certains journalistes rock de l'époque pensent que Daft Punk est un duo de la nouvelle scène rennaise, s'amuse aujourd'hui Antoine Ressaussière. C'est dire s'ils viennent souvent dans la capitale bretonne. 

L'affiche d'un DJ set de Daft Punk à l'Espace, boîte de nuit rennaise, en février 1996.
L'affiche d'un DJ set de Daft Punk à l'Espace, boîte de nuit rennaise, en février 1996.

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Daft Punk va jouer deux fois à la boîte de nuit l'Espace, qui existe toujours aujourd'hui. Notamment avec le DJ Crabbe, dont on retrouve la voix sur le titre "Oh Yeah". Mais aussi à Dinard et Saint-Malo durant l'été 1996. "Il y a eu trois ou quatre passages en un an, c'est pas mal. Aujourd'hui ce serait carrément délirant." A l'époque le patron de la boîte n'est pas franchement partant pour programmer Daft Punk. Il fallait lui donner une soirée "clé en main" pour le convaincre. L'autre spot où les Daft Punk sont beaucoup passés durant cette période c'est le café Carmès. "C'était vraiment à l'arrache, comme toutes les fêtes à l'époque. Il y avait 200 personnes dans le bar et c'était la folie.

Un ticket de leur concert au Liberté, pour leur première tournée mondiale de 1997.
Un ticket de leur concert au Liberté, pour leur première tournée mondiale de 1997.

Un flop au Liberté pour la première tournée mondiale

Ils reviennent à Rennes pour leur première tournée mondiale en 1997, "Daftendirektour". Plus de 70 dates dont le Liberté. Cette fois ils ont sorti leur premier album, Homework. Ils vont en vendre plus de deux millions d'exemplaires. Cet album sera n°3 des charts en France, disque de platine. Et pourtant quand ils reviennent à Rennes pour jouer cet album, c'est un bide. Le compte-rendu du concert fait par Ouest-France à l'époque explique : "Un premier constat s'impose, le premier concert de Daft Punk n'a pas mobilisé les foules". Il y avait seulement 1.500 spectateurs pour une capacité de 5.000 places. 

La salle du Liberté a été configurée en capacité réduite et on a dû mettre des tentures pour réduire le volume du lieu. Le journaliste de Ouest-France décrit l'ambiance, où "le public semblait avoir du mal à trouver ses marques, hésitant entre la danse et une attitude plus passive de spectateur." 

Le format n'a pas trouvé son public à l'époque explique Antoine Ressaussière avec du recul. "Aujourd'hui on voit n'importe quel sujet de Stéphane Plazza qui fait visiter un appartement avec un fond de musique électronique, mais à l'époque il n'y avait nulle part où en entendre. Donc 1.500 personnes pour Daft Punk c'était pas mal !" L'esprit de l'époque est plus aux raves, moins à un concert à 21h. "Ce format concert était un truc pas très compris à l'époque. En effet c'était bof, mais parce que les gens n'étaient pas habitués à ça."

Une fois cette tournée lancée, les apparitions de Daft Punk se font beaucoup plus rares à Rennes. Ils contrôlent également beaucoup plus leur image et le mythe qui va entourer le duo s'épaissit. Ils se produisent quand même en 1998 dans une boîte de nuit rennaise aujourd'hui disparue, La Centrale, alors située sur le mail François-Mitterrand. L'établissement a été rasé, mais le souvenir de cette "parenthèse enchantée" pour l'électro à Rennes persiste pour la poignée de personnes à l'avoir vécue.

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