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Culture – Loisirs DOSSIER : La disparition de France Gall

De l’Eurovision à "Résiste", les cinq facettes de la carrière de France Gall

dimanche 7 janvier 2018 à 13:35 Par Julien Baldacchino, France Bleu

La chanteuse France Gall est morte, ce dimanche matin, à l’âge de 70 ans. Sa carrière, commencée en 1963, a marqué l’histoire de la chanson française. En plus de trente années actives dans la musique, et même après, France Gall a su, à de nombreuses reprises, se renouveler.

France Gall, en 2012 sur le plateau du Grand Journal
France Gall, en 2012 sur le plateau du Grand Journal © AFP - FRANCOIS GUILLOT

L’histoire de France Gall, c’est celle d’Isabelle Gall, une jeune parisienne, issue d’une famille de musiciens, que son père, Robert Gall (auteur notamment de « La Mamma » pour Charles Aznavour) voulait voir embrasser une carrière de chanteuse à succès. 

La jeune France enregistre ses premiers disques à l’âge de 16 ans, en 1963. Sa carrière a traversé le temps pendant trente-cinq ans, jusqu’en 1997, année où elle annonce se retirer de la chanson. Une carrière marquée par de nombreux tournants, qui lui a permis de se renouveler régulièrement. 

Les années Gainsbourg et l’Eurovision

Contrairement à ce qu’on a parfois affirmé, ce n’est pas Serge Gainsbourg qui signe les premiers titres de France Gall : en 1963, Ne sois pas si bête est une adaptation d’un succès américain, dont les paroles françaises sont de Pierre Delanoë. 

La rencontre avec Serge Gainsbourg, lui-même en pleine recherche d’un nouveau souffle dans sa carrière, permet à France Gall de s'éloigner les paroles naïves des chansons pour adolescents. L’année où elle place N’écoute pas les idoles, écrit par Gainsbourg, en tête du hit-parade, elle chante aussi Sacré Charlemagne dont les paroles sont signées par son père Robert, qui s’écoule à plus de deux millions d’exemplaires. 

Mais c’est en 1965 que la consécration arrive : sélectionnée pour représenter le Luxembourg à l’Eurovision, elle choisit d’interpréter une chanson de Serge Gainsbourg arrangée par Alain Goraguer, Poupée de Cire, Poupée de Son. Une chanson qui détone totalement avec le style très classique de l’Eurovision jusqu’alors, et rapporte à France Gall la victoire devant près de 150 millions de téléspectateurs. 

France Gall, la muse

Dans les années qui suivent, la carrière musicale de France Gall piétine, plombée quelque peu par des polémiques autour de chansons équivoques, la plus célèbre étant Les Sucettes, signée Gainsbourg. Après Bébé Requin en 1967, France Gall ne fait plus de tube dans ces années-là

Dans la même période, elle vit aussi une idylle avec Claude François. Leur séparation, en 1967, inspire au chanteur et à son parolier Gilles Thibaut ce qui deviendra la chanson la plus reprise au monde, _Comme d’habitude_. Elle vit ensuite quelques années avec Julien Clerc : là encore, leur séparation est à l’origine d’un standard de Julien Clerc : Souffrir pour toi n’est pas souffrir

Berger-Gall, duo amoureux et créatif

C’est France Gall qui, entendant les chansons de Michel Berger à la radio, insiste pour que le jeune interprète, encore peu connu, lui écrive des chansons. A l’époque, Michel Berger refuse, mais France Gall n’en démord pas, pour elle Michel Berger est celui qui l’aidera à faire rebondir sa carrière. Leur première collaboration se fait, en réalité, sur un titre de Michel Berger, Mon fils rira du rock n’roll. 

En 1974, Michel Berger cède, et alors que les deux artistes se rapprochent petit à petit, il lui écrit La déclaration d’amour, qui lui permet de revenir sur le devant de la scène. Mariés en 1976, ils forment un duo créatif inséparable. 

« Starmania », l’opéra-rock précurseur

En 1978, Michel Berger signe les musiques d’un objet musical jamais vu en France : un opéra-rock futuriste dont les textes sont écrits par un Québecois, Luc Plamondon. C'est France Gall elle-même qui conseille à Michel Berger, habitué à écrire tous ses textes, de faire appel à ce jeune auteur. L’album Starmania, qui sort en septembre 1978, est un succès. 

S’il n’était pas question à l’origine de France Gall fasse partie du spectacle (pas plus que Diane Dufresne, l'artiste fétiche de Luc Plamondon à l’époque), Michel Berger finit par obtenir qu’elle interprète le rôle de Cristal, présentatrice vedette de l’émission « Starmania ». Le spectacle est en partie réécrit, quelques semaines avant sa création, pour y intégrer la chanteuse. Elle en interprète certains des titres les plus emblématiques, comme Monopolis ou Besoin d’amour

Après Starmania, lorsque Michel Berger connaît à son tour le succès en 1980 avec La groupie du pianiste, ils décident, pour préserver leur vie de famille, d’alterner les sorties d’albums, une année pour Berger, une année pour Gall. 

Leur collaboration artistique devient aussi humanitaire à la fin des années 80, quand le couple s’investit dans l’aide aux pays d’Afrique, en particulier le Mali au sein de l’association Action Ecoles. C’est aussi à cette époque que la chanteuse interprète Babacar. Leur dernier album est un album de duos, sur lequel on retrouve notamment le titre Laissez passer les rêves. 

L’après-chanson

En 1992, après la mort de Michel Berger, France Gall se fait plus rare, affaiblie également par des problèmes de santé, mais se produit à plusieurs reprises en concert, notamment en 1997 à l’Olympia. Elle annonce arrêter définitivement la chanson en 1997, et n’y déroge qu’une seule fois en l’an 2000, pour un duo avec Johnny Hallyday.

Depuis, France Gall gardait un œil attentif sur l’héritage de ses chansons et de celles de Michel Berger. Elle dénonce notamment la qualité de l’album de reprises de ses chansons par Jenifer, et son désaccord avec Luc Plamondon sur le devenir de Starmania empêche à plusieurs reprises le spectacle de revenir sur scène – mais elle y consacre un hommage télévisé en 2009. 

En 2012, elle annonce la création d’un tout nouveau spectacle basé sur les chansons de Michel Berger et d’elle-même. Résiste est un succès populaire, avec plus de 350.000 entrées.