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Culture – Loisirs

Des commissaires-priseurs de Pau découvrent une oeuvre de Rodin

mardi 28 mars 2017 à 15:46 Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn, France Bleu Pays Basque et France Bleu

Des commissaires-priseurs palois ont découvert une pièce exceptionnelle en début d'année, un plâtre du sculpteur Auguste Rodin. L'oeuvre sera exposée ce vendredi soir à l'hôtel des ventes de Pau.

Le plâtre de l'oeuvre "Je suis belle", par Auguste Rodin décorait un appartement à Pau
Le plâtre de l'oeuvre "Je suis belle", par Auguste Rodin décorait un appartement à Pau - Gestas & Carrère

Pau, France

Une pièce exceptionnelle vient d'être retrouvée par des commissaires-priseurs palois, un plâtre façonné par les mains du sculpteur Auguste Rodin (1840-1917). L'oeuvre était à l'origine dans un appartement de Pau, puis la propriétaire l'a emmenée dans sa chambre d'une maison de retraite du Pays basque. La sculpture a ensuite été rangée au fond d'un carton dans un garde meuble à Biarritz, où elle a donc été découverte par l'étude Gestas et Carrère lors de l'estimation de la succession de sa propriétaire. Celle ci la tenait de sa grand-tante, contemporaine de Rodin, qui l'avait sans doute acheté directement au sculpteur.

L'oeuvre a été immédiatement classée "trésor national" par le ministère de la culture, confirmant ainsi son importance. Elle représente un homme, aux muscles saillants, qui soulève dans ses bras une femme recroquevillée sur elle-même. Ce plâtre de 72 cm, réalisé en 1885, est en fait un travail préparatoire à une sculpture en bronze de Rodin, Je suis belle, explique Patrice Carrère, commissaire priseur et patron de l'hôtel des ventes de Pau : "c'est la première pièce connue pour cette sculpture historique de Rodin, c'est en fait beaucoup plus la sculpture et la pièce authentique que les bronzes qui ont été tirés d'elle. C'est la pièce dans laquelle Rodin a mis ses mains, qu'il a façonné. Donc l'acte créateur se trouve sur cette pièce. L'oeuvre, Je suis belle, est inspirée d'un poème de Baudelaire, tiré du recueil Les Fleurs du mal, qui s'appelle La beauté. C'est une sculpture qui parle dans ces vers, donc on imagine bien que cela a parlé au plus grand sculpteur de l'époque, contemporain de Baudelaire, qui est Rodin".

Le plâtre sera exposé ce vendredi soir à l'hôtel des ventes à Pau  - Aucun(e)
Le plâtre sera exposé ce vendredi soir à l'hôtel des ventes à Pau - Gestas & Carrère

Patrice Carrère a vu l'oeuvre pour la première fois en 2013, dans une maison médicalisée au Pays basque, mais elle n'avait alors pas pu être expertisée. Il a rapidement su qu'il était face à une pièce majeure : "je ne l'ai pas su tout de suite, admet-il, parce que la première fois que je l'ai vu, je devais être dix mètres donc je n'ai pas vu la signature, mais on voit que c'est quelque chose qui est d'une puissance absolument phénoménale. Quand on s'approche et qu'on voit la signature, on a juste la confirmation qu'on est bien en face de quelque chose d'extraordinaire".

Difficile pour l'instant d'estimer cette oeuvre, elle a en tout cas été assurée à hauteur de 700 000 euros. Elle pourrait être mise en vente dans quelques mois.Le musée Rodin, à Paris, pourrait par exemple être intéressé.

Le plâtre sera présenté ce vendredi 31 mars, à 19h, à l'hôtel des ventes de Pau, allées Catherine de Bourbon.

La Beauté, extrait du recueil Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire qui a probablement inspiré Auguste Rodin pour son oeuvre Je suis belle

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,

Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,

Est fait pour inspirer au poète un amour

Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;

J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;

Je hais le mouvement qui déplace les lignes,

Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,

Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,

Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !