Culture – Loisirs

Des fouilles archéologiques fructueuses à Nîmes

Par Solène Cressant, France Bleu Gard Lozère mercredi 24 août 2016 à 15:17

Des étudiants en archéologie sont venus prêter main forte tout le mois d'août
Des étudiants en archéologie sont venus prêter main forte tout le mois d'août © Radio France - Solène Cressant

A deux pas des jardins de la fontaines, des fouilles sont entreprises depuis trois étés, pendant le mois d'août, pour comprendre comment étaient les remparts romains de Nîmes construits entre 5 et 25 ap. JC.

A deux pas des jardins de la fontaines, des fouilles sont entreprises depuis trois étés, pendant le mois d'août, pour comprendre comment étaient les remparts romains de Nîmes construits entre 5 et 25 ap. JC.
6 km de remparts, de 9 mètres de haut, c'est ce qui entourait la ville de Nîmes avec, tous les 60 mètres, une tour d'une quinzaine de mètres.

Impossible de savoir tout cela si trois fondations de tours n'avaient pas été retrouvées sur cette colline, alors qu'un immeuble devait s'y construire quelques années plus tôt.

La fouille est financée par le ministère de la culture. En tout, 800 tonnes de gravas ont été déblayés pour laisser apparaître ces vestiges qui permettent d'en savoir plus sur l'originalité des remparts de Nîmes et l'histoire qu'ils renferment.

Trois fondations de tours on été retrouvées sur la colline à deux pas des jardins de la fontaine - Radio France
Trois fondations de tours on été retrouvées sur la colline à deux pas des jardins de la fontaine © Radio France - Solène Cressant

Les trois fondations des tours se détachent sur cette colline. Il en existait 80 tout au long des remparts, mais leurs formes étaient encore inconnues. Et d'après Richard Pellé, l'archéologue en charge des fouilles, assure que les remparts de Nîmes étaient originaux. "Nous avons eu la chance de trouver énormément de blocs qui correspondent à l'architecture du monument. Par exemple, à droite et à gauche de ce bloc-ci, on distingue deux petites courbures qui correspondent à des fenêtres, des embrasures, des meurtrières plus précisément."

C'est la variété des formes de ces tours qui fait de cette enceinte quelque chose d'exceptionnel. Une tour circulaire toute bête, mais aussi carrée, octogonale ou en forme de "U" allongé

Les découvertes informent aussi sur les conditions de vie des ouvriers: "On a retrouvé 43 clous de chaussures tout autour et à l'intérieur de la tour. ce sont des clous de ce qu'on appelle les caligas, les chaussures romaines en cuir avec des trous dedans... Ça montre qu'ils étaient bien équipés, il ne marchaient pas pieds nus!"

"Ces rempart sont très originaux" Richard Pellé archéologue

Il a fallu trois mois pour fouiller le site, une dizaine d'étudiants en archéologique, comme Caroline, sont venus prêter main forte. "C'est impressionnant de pouvoir restituer, donner des hauteurs, du décor... et de ce rendre compte que c'était un rempart magnifique. De loin, ça devait être très impressionnant !"

L'archéologue Richard Pellé aimerait pourvoir continuer les fouilles l'année prochaine, mais cela dépend de ce que deviendra le terrain. Il appartient, pour l'heure, à un groupe immobilier qui souhaite le revendre.