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Culture – Loisirs

Dix ans après la sortie de "Bienvenue chez les Ch'tis", quel bilan dans le Nord-Pas-de-Calais ?

vendredi 23 février 2018 à 5:08 Par Hélène Fromenty, France Bleu Nord et France Bleu

Alors que le nouveau film de Dany Boon, "La Ch'tite famille" sort ce vendredi dans les cinémas du Nord-Pas-de-Calais, "Bienvenue chez les Ch'tis" fête son dixième anniversaire. L'occasion de faire le bilan de ce que ce long-métrage aux 20 millions d'entrés en France a changé chez nous.

Le film était sorti le 20 février 2008 dans les salles de la région.
Le film était sorti le 20 février 2008 dans les salles de la région. © Maxppp - PHOTOPQR/LA VOIX DU NORD

Lille, France

C'était il y a 10 ans (déjà !) presque jour pour jour : le 20 février 208, "Bienvenue chez les Ch'tis" le deuxième long-métrage du Nordiste Dany Boon sortais sur les écrans de la région ! Les aventures de Philippe Abrams, un cadre dans un bureau de poste du Sud de la France, muté pour deux ans à Bergues, dans les Flandres. 

Un film à 11 millions d'euros qui, en quelques mois, se transforme en vrai raz-de-marée. Plus de 20 millions d'entrées en France, 27 millions à l'international et une adaptation en Italie. Sans compter, tous les produits dérivés et autres parodies.  

Une décennie plus tard, l'anniversaire est marqué par la sortie du nouveau film de Dany Boon, "La Ch'tite famille", tourné en partie chez nous. 

Mais aujourd'hui, que reste-t-il de "Bienvenue chez Les Ch'tis" dans le Nord-Pas-de-Calais ? Quel bilan pour notre région ? Petit tour d'horizon. 

Des scènes cultes pour les Nordistes

La première trace laissée par le film est dans notre mémoire collective. Dix ans plus tard, personne n'a oublié Michel Galabru grognant "C'est le Nooooord", la tartine de maroilles trempée dans le café au petit-déjeuner, le débat entre chiens et  kiens, la tournée du facteur quelque peu alcoolisée... Ou encore cette scène tournée au restaurant Le Morel à Lille. 

Une meilleure image du Nord ? 

Selon pas mal de Nordistes, le film de Dany Boon a aussi changé l'image des gens du Nord. "Grâce "aux Ch'tis", _nous ne sommes plus de pauvres mineurs vivant dans une région où il pleut tout le temps_, affirme un spectateur originaire du Douaisis. Bien sûr, il fait toujours gris dans le Nord-Pas-de-Calais, mais les habitants des autres région savent que nous sommes ouverts et accueillants." 

Pour autant, à l'époque de sa sortie, le film avait été critiqué pour la représentation qu'il véhiculait du Nord. Des clichés qu'Elise Ovart-Barrate a résumé dans un ouvrage intitulé Les Ch'tis, c'était les clichés. Une décennie plus tard, l'auteur estime qu'elle avait raison de s'inquiéter. 

"La seule chose qu'il reste dix ans après, c'est ce mot Biloute, _a_ffirme-t-elle. Cela me choque, je parle relativement bien le picard et jamais ce mot n'a été employé dans ma famille. Il y a tellement de belles choses à voir et à faire dans la région, c'est attristant que l'on se focalise autant sur les clichés. Donc je reste convaincue que ce film n'a pas rendu de service au Nord-Pas-de-Calais." 

Beaucoup, beaucoup de touristes à Bergues

"Je pense que Bienvenue chez les Ch'tis a donné envie aux gens de venir dans la région. Pas d'y vivre, mais de découvrir oui." Cet autre spectateur ne s'y est pas trompé, rapidement après la sortie du film, le tourisme a explosé à Bergues. En 2008, 35 000 visiteurs soit quatre fois plus que l'année précédente. 

La clientèle étrangère a particulièrement augmenté, alors qu'avant les touristes venaient surtout des Hauts-de-France et de Belgique. Un ch'tis tour a même été créé pour les accueillir et les emmener sur les traces des acteurs, de la fausse poste, au beffroi, en passant par les berges du canal. 

Depuis, l'engouement est retombé, mais il y a clairement un avant et un après pour l'actuel carillonneur et ancien adjoit au tourisme, Jacques Martel. "Désormais, Bergues est une ville touristique reconnue, dit-il. C'est une commune de 4000 habitants qui a la renommée d'une agglomération de 500 000 âmes. Bon, les visites sont sur une pente descendante et c'est normal, mais les chiffres restent supérieurs à avant le film." En effet, en 2007 on était à 9000 visiteurs et en 2017 à  13000.

A plus large échelle, l'effet sur le ch'tourisme comme on dit est plus difficile à quantifier, surtout à long terme. Mais d'après le comité régional du tourisme, le Nord-Pas-de-Calais a été une des rares régions de France a voir son attractivité augmenter en 2008, malgré la crise économique.

Des revenus pour la filière cinéma des Hauts-de-France

Pour tourner et promouvoir son film, Dany Boon a pu compter à l'époque sur le soutien de la région Nord-Pas-de-Calais (devenue Hauts-de-France). La collectivité a coproduit le film en investissant 300 000 euros, auxquels se sont ajoutés 600 000 euros dédiés au marketing et à la promotion régionale. Une aide qui a fait polémique à l'époque, certains estimant que la région n'était pas mise en valeur dans "Les Ch'tis" (voir plus haut).  

Le film a généré plusieurs millions d'euros de retombées économiques pour la région. "En effet cela a rapporté un peu d'argent, note Malika Aït Gherbi Palmer, la directrice générale de Pictanovo. Il y a dix ans, cela avait permis la création d'un fonds dédié aux nouvelles écritures."

Et aujourd'hui ? "Le film continue de rapporter de l'argent à la région, par exemple _quand il passe à la télévision, ou qu'il est vendu à l'étranger,_explique-t-elle. Mais les sommes sont bien moindres, et toujours au pro-rata de ce que nous avions mis à la base, à savoir 300 000 euros." De l'argent qui sert aujourd'hui à financer le fonctionnement général de la structure. 

Et bien plus encore...

En 2008, quinze entreprises, comme la société locale Le Gallodrome,  avaient été choisies pour commercialiser les produits dérivés. Des merveilles qui ne sont plus vendues à l'heure actuelle, mais qui s'échangeront peut-être à prix d'or sur le marché de l'occasion dans quelques années. 

Et puis il y a tous ceux qui ont bénéficié d'un bon coup de pub après la sortie du film, et qui continuent sans doute de se frotter les mains. Les producteurs de maroilles, de bières estampillées Ch'tis, les vendeurs de fricadelle. Sans oublier l'incontournable friterie Momo.