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Culture – Loisirs

En Rhône-Alpes, la librairie traditionnelle ne tourne pas la page

dimanche 5 mars 2017 à 6:00 Par Jacky Page, France Bleu Isère

Un Isérois est devenu le mois dernier co-président de l'association Libraires en Rhône-Alpes, qui regroupe une centaine de librairies de la région. Une profession qui fait face aux difficultés, entre tradition et modernité.

Alain Bélier : "on n'est pas libraire qu'à l'intérieur de son magasin, on l'est un peu tout le temps"
Alain Bélier : "on n'est pas libraire qu'à l'intérieur de son magasin, on l'est un peu tout le temps" © Radio France - Jacky Page

Vienne, France

Alain Bélier , co-propriétaire de la librairie Lucioles à Vienne, partage désormais la présidence de l'association avec le Lyonnais Sylvain Fourel. Malgré la toute récente fermeture des enseignes Majolire à Bourgoin-Jallieu et l'Isle d'Abeau, Alain Bélier juge que la profession affiche une dynamique positive dans la région.

Les libraires traditionnels doivent résister à la concurrence de la grande distribution, 80% des gens ignorant encore que le prix d’un livre est le même, quel que soit le point de vente, depuis la loi Lang il y a plus de trois décennies. Dorénavant, il faut aussi se confronter aux ventes sur internet. Alors, il faut s'adapter. Alain Bélier évoque la bête noire de la profession, le géant de la vente en ligne Amazon. « C’est quatorze fois moins d’emplois que la librairie indépendante, ce sont des gens qui ont une stratégie discutable au niveau des impôts. Donc moi ce que je demande aux lecteurs, c’est : quand on appuie sur le bouton, est-ce qu’on est conscient de tout ça ? ».

Un site pour contrer la concurrence en ligne

Malgré tout, internet est une composante qui existe et à laquelle il faut faire face. L’association a ainsi mis en ligne un site regroupant plus de 80 libraires, qui offrent une alternative. On y trouve tous les livres en stock. Davantage de références qu’ Amazon, insiste Alain Bélier. A cette différence près que sur le site www.chez-mon-libraire.fr , on ne se fait pas livrer un ouvrage. On le réserve pour aller le récupérer en librairie. « Ce qu’on souhaite, c’est rencontrer nos clients, parce que c’est un vrai échange. On va pouvoir donner des conseils, mais on va aussi recevoir des conseils de lecture, des livres qu’on aurait loupés, c’est ça aussi la force d’une librairie ».

Les rencontres auteurs-lecteurs à la recherche d'un nouveau souffle

Les libraires organisent également des rencontres avec les auteurs. Avec un succès inégal qui pousse Alain Bélier à s'interroger sur la formule. C’est un sujet qui sera d’ailleurs abordé lors des rencontres nationales de la librairie cette année à La Rochelle. Sous l’impulsion de Michel Bazin, fondateur de Lucioles, la librairie viennoise a été l’une des toutes premières à faire venir les auteurs auprès des lecteurs. Mais « la formule a un peu vécu », maintenant, tout le monde en fait, et quelques fois, « on se prend des gamelles avec quatre ou cinq personnes qui vont venir voir l’auteur ». D’où la réflexion sur de nouvelles formules, des partenariats croisés, qui permettent de miser sur plusieurs réseaux. C’est ainsi qu’avec l’université populaire du pays viennois, la librairie Lucioles va faire venir le philosophe et historien Marcel Gauchet.

« Il faut beaucoup s’investir, c’est-à-dire qu’on n’est pas libraire juste à l'intérieur de son magasin, on l’est un peu tout le temps. On va tenir une table dans un festival, au cinéma, au théâtre, faire une petite animation, où on va vendre cinq livres, dix livres. Et puis à la fin de l’année, on s’aperçoit que c’est le cumul de toutes ces actions, qui va faire la réussite ou pas ».