Culture – Loisirs

Le revolver de Verlaine adjugé 434.500 euros aux enchères

Par Alexandre Blanc et Bénédicte Courret, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu mercredi 30 novembre 2016 à 18:38 Mis à jour le mercredi 30 novembre 2016 à 18:45

Heureusement, Rimbaud n'avait été que blessé par le tir de Verlaine.
Heureusement, Rimbaud n'avait été que blessé par le tir de Verlaine. - Maxppp - Radio France

Le revolver utilisé par Verlaine contre Rimbaud en 1873 a été vendu 434.500 euros aux enchères par téléphone ce mercredi. Le musée Rimbaud de Charleville-Mézières figurait parmi les acquéreurs intéressés.

Heureusement, ce jour-là, Paul Verlaine avait mal visé. Le revolver qui a servi à Paul Verlaine à tirer sur son ami Arthur Rimbaud en 1873 n'avait fait que blesser le poète ardennais. Ce mercredi, il était mis aux enchères par la maison Christie's à Paris et il a été vendu 435.500 euros à un enchérisseur au téléphone. L'acquéreur a souhaité rester anonyme, ce qui laisse penser qu'il s'agit d'un collectionneur privé. Pas sûr que le grand public puisse revoir cette arme de sitôt.

Les institutions finissent toujours par gagner. Elles ont l'éternité devant elles. Tandis que les passions humaines sont brèves" — Isabelle de Conihout, directrice du département Livres et Manuscrits de Christie's

Comment Charleville a rêté le revolver de Verlaine

Ce revolver Lefaucheux était estimé entre 50.000 et 70.000 euros. Les représentants de Charleville-Mézières et du musée Rimbaud qui avaient fait le déplacement sont repartis sans l'arme. L'Etat avait accepté de préempter le fameux revolver pour le compte de la ville. Mais les enchères sont allées au-delà des 120 000 euros réunis par la municipalité. Le cas échéant, l'arme qui a blessé Rimbaud serait revenue d'office à Charleville-Mézières.

A l'annonce de la vente, la municipalité de Charleville-Mézière dans les Ardennes avait pourtant tout fait pour que l'objet rejoigne les collections du musée Rimbaud. Une souscription avait été lancée et toutes les sources de financement possibles sollicitées jusqu'à rassembler une somme rondelette de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les sommes recueillies auprès de donateurs serviront à de futures acquisitions.

Ont assisté à la vente Jacques Ruth, l'ancien propriétaire de l'arme. Son ami, propriétaire de l'armurerie qui conservait la pièce lui a offert en 1981 parce qu'il l'a aidé à vider les stocks du magasin lors de la liquidation judiciaire.

J'ai souhaité d'abord donner l'arme au musée Rimbaud mais la famille ne m'a pas laissé faire. Ils voulaient que je la vende" — Jacques Ruth, l'ancien propriétaire de l'arme

L'adieu à l'arme par ses proches : "Je lui dis au revoir"

Au début des années 2000, Jacques Ruth présente l'arme au directeur du département Manuscrits de la Bibliothèque Royale de Belgique. Bernard Bousmanne a alors étudié le revolver de près, l'a fait expertiser afin de tenter de l'authentifier. Il a également permis de l'exposer à deux reprises, en 2004 à Bruxelles et en 2015 à Mons. Lui aussi était présent à la vente. "Je suis venu dire au revoir au revolver. On était devenu un peu copain. Il était resté deux ans à dix mètres de mon bureau. Je m'y suis un peu attaché", lâche celui qui a reconstitué le parcours de cette pièce marquante de l'histoire de la poésie.

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