Culture – Loisirs

Evénement ce dimanche à St Sever, la 1re corrida goyesque de l’histoire des arènes de Morlane

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne lundi 28 septembre 2015 à 14:58

le local de la soirée, Thomas Dufau, volontaire et combattif qui a décroché la seconde oreille de cette corrida
le local de la soirée, Thomas Dufau, volontaire et combattif qui a décroché la seconde oreille de cette corrida © Radio France - Henri Stassinet

Pour le cinquantenaire de l’élevage castillan, six Victorino Martin ont été combattus en mano a mano par les deux matadors français Juan Bautista et Thomas Dufau. Les arènes étaient pour l’occasion décorées par le peintre Loren , les acteurs habillés en costumes du 17e siècle.

Gros succès, arène quasi pleine. Corrida dure. Thomas Dufau se blesse sérieusement à son premier Victorino Martin, coup de corne à la main gauche. Le matador landais a été soigné au bloc des arènes. Il sera opéré aujourd’hui à l’hôpital de Bayonne ou la clinique Aguilera de Biarritz d’une rupture totale du ligament avec nerfs sectionnés et plaie importante. Il coupe une oreille, celle du Sang versé. Juan Bautista du fait de la blessure de Dufau qui a toréé cinq toros coupe trois oreilles et sort en triomphe.

Loren est un habitué de ces corridas particulières où les hommes toréent en costume du temps de Philipe V et où l’arène elle aussi s’habille. Une tradition qui vient de Ronda, l’un des plus anciens bastions taurins, et qu’Arles perpétue tous les mois de septembre. Loren, Laurent Pallatier d’Aumé est français, il a voulu être torero, il est devenu peintre, plasticien. Il vit à Malaga après avoir habité Séville. Depuis des années il s’est fait une spécialité aussi de la décoration d’arène en corrida dite goyesque puisque le décor et les costumes renvoient à l’époque de Fancisco Goya. Loren cet été a notamment décoré Malaga pour la corrida hommage à Picasso et Arles en début de mois. Quant à l’évènement taurin en lui-même il est de saluer l’un des élevages les plus réputé et les plus craint depuis un demi-siècle. Victorino Martin est le seul ganadero à avoir vu un de ses toro gracié à Madrid. C’était en 1982, le Victorino s’appelait »Velador ». Et ce 1er juin d’il y a quarante-trois ans c’est toros là ont permis un affrontement historique avec les matadors Ruiz Miguel, Espla et Palomar. C’est cela que célébrait Morlanne ce dimanche.

Au bilan...

La formidable réussite d’une journée voulue et organisée par le st séverin Henri Tilhet. Un succès comme Morlanne n’en avait pas connu depuis la grande époque de Rincon, ou avant, celles corridas avec Nimeño, Milian et Mendes dans les années 80. Le tour de piste décoré en nuances de gris, les barrières frappées du fer de Victorino Martin, les burladeros en bleu et rouge aux couleurs de la devise du célébrissime élevage. Va pour la décoration… Pour le reste les Victorino ont livré une corrida très convenablement présentée pour une arène de la catégorie de St Sever. Dans le comportement avec de la grosse complexité dure. Et quelques démiurges aussi, car si l’on fait abstraction du correct premier et du plus noble dernier le reste n’a proposé que combat, vice, mauvaises intentions et violence sournoise. Dès son premier Victorino, Thomas Dufau se fait avertir par l’agressivité malsaine.

Trois coups de tête plus loin le gascon se fait traverser la main en essayant de se protéger de la corne. La douleur est immédiate et terrible. Dufau s’entoure la blessure d’une serviette, s’arrache à la souffrance pour tuer son toro. Jean- Baptiste Jalabert dans l’intégrité grande qui est la sienne s’envoie les quatre poisons qui restent, usant de sa grande maîtrise technique pour se prémunir des très mauvaises intentions des cornus et parvenant à bien toréer l’ultime, seul élément fréquentable du lot.

Toujours dans le registre de l’actualité taurine gasconne, le novillero Louis Husson jette l’éponge. Le jeune dacquois qui a vécu une saison très difficile a décidé de se retirer des toros hier au terme d’une novillada à laquelle il participait, à Arnedo, dans le nord de l’Espagne.