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Culture – Loisirs

Fabrique Opéra : quand les lycéens de Gauguin subliment les héros d'Aïda

mercredi 8 mars 2017 à 6:00 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

C'est une étape magique dans la création d'un opéra : le moment où les chanteurs découvrent leurs costumes. A la Fabrique Opéra, ce sont des lycéens qui créent ces costumes, ils les ont remis aux solistes d'Aïda ce mardi. Moment d'émotion avant les représentations des 17,18 et 19 mars.

Les solistes de l'opéra Aïda essaient leurs costumes
Les solistes de l'opéra Aïda essaient leurs costumes © Radio France - Anne Oger

Elle chante et ressort sa partition pour tromper l'attente... Marylin Clément est Aïda, l'esclave éthiopienne amoureuse de Radamès, le fils du roi d'Egypte. Et comme ses partenaires de cette nouvelle création de la Fabrique Opéra- Val de Loire, elle est impatiente de découvrir son costume. En dehors d'une séance d'essayage, pour les mesures, et des indications données par le metteur en scène pour le choix des matières et des couleurs, le mystère continue de planer sur ces costumes tant attendus. "C'est toujours un moment important pour les chanteurs, parce qu'on entre vraiment dans le personnage, ça devient concret. Et en général, on ne se soucie pas vraiment de tout ce processus de création : on envoie nos mesures, on reçoit nos costumes et c'est tout. Là on découvre le travail de ces élèves qui se penchent sur l'histoire, celle d'Aïda mon personnage, qui apprennent et qui se jettent dans la profession. Et c'est vraiment le concept de "la Fabrique", on fabrique vraiment un opéra et on le voit se construire. Tout ça est merveilleux".

"On fabrique vraiment un opéra" explique Marylin Clément

Des costumes qui revisitent l'Egypte des Pharaons

Les yeux de Marylin pétillent, la porte de la loge se referme. Aurore et Justine entrent avec elle, l'aident à enfiler sa robe rouge et or. Devant le miroir les élèves et la soprano sont émues, passent aux quelques ajustements qu'il faudra faire. Et quand elles rejoignent toutes les trois la salle des Fêtes de Saint Jean de la Ruelle, où se passe la séance d'essayage, les regards de tous se dirigent vers elles : voilà Aïda, c'est bien elle. Justine et Aurore sont fières, elles ont passé du temps sur cette robe, elles ont fait des recherches pour respecter l'histoire, l'époque (le scenario d'Aïda se passe dans l'Egypte des Pharaons). "On est fières de nous, les voir heureux ça nous fait plaisir" dit Justine. Les deux élèves de terminale "Métiers de la Mode" au lycée Paul Gauguin d'Orléans avaient déjà créé les costumes de Carmen et de la Flûte Enchantée, les précédentes créations. Elles ont progressé, au fil de ces expériences. "Ca nous apporte beaucoup, parce qu'on se rend compte de la manière dont se construit un spectacle. Et se dire qu'on en fait partie, ça nous rend heureuses".

Marylin Clément en Aïda, entourée de ses deux costumières, Justine et Aurore - Radio France
Marylin Clément en Aïda, entourée de ses deux costumières, Justine et Aurore © Radio France - Anne Oger

250 costumes à créer, mission confiée à deux lycées orléanais

Au total, il a fallu créer pour Aïda 250 costumes. Ceux des solistes bien sûr, mais aussi ceux des choristes, ils seront plus de 100 sur scène. 70 élèves du lycée Paul Gauguin ont été mobilisés sur le projet, depuis le mois de décembre. "Faire ces costumes en à peine deux mois, c'est vraiment un défi" raconte Sarrasin, l'une des enseignantes du bac professionnel "Métiers de la Mode" et du CAP "vêtement flou" de l'établissement. "Les profs aussi y ont passé quelques soirées et quelques week-end, pour rattraper les erreurs ou finir dans les temps. Mais quand on voit le résultat on est fiers de leur travail". "Et puis pour certains, qui se destinent aux métiers du spectacle, c'est une expérience très riche".

Le fait de travailler avec des jeunes, ça permet de revenir à une certaine forme de neutralité, ce que font les costumiers professionnels. Le simple fait de voir les personnages ici en costume, l'oeuvre commencent à prendre son architecture, on la redresse

Un autre lycée, Saint Paul Bourdon Blanc, a été mobilisé sur cette création. Car Aïda, c'est aussi une fanfare de 40 cuivres sur scène, et des danseurs. Tous ces jeunes créateurs ont reçu des consignes de la part de Wahid Lamamra, le metteur en scène. "Une fois qu'on a défini la scénographie, avec les élèves du lycée Charles Péguy, on leur a transmis nos attentes pour que tout cela soit cohérent. A eux ensuite de faire les recherches sur cette époque et sur l'opéra lui-même". "C'est vrai que travailler avec des jeunes qui ne connaissent pas forcément l'histoire, c'est une manière de retrouver une forme de neutralité. C'est ce que font d'ailleurs les professionnels quand ils abordent un nouveau costume, ils oublient le passé" explique Wahid Lamamra.

Georges Wanis en Radamès face à Dylan qui a créé son costume - Radio France
Georges Wanis en Radamès face à Dylan qui a créé son costume © Radio France - Anne Oger

Un costume "à plusieurs couches" pour Radamès, l'amoureux d'Aïda

Tout cela donne un résultat assez bluffant : des teintes rouge et or, une tenue de prêtresse égyptienne, celle du roi d'Egypte Amonasro, empreints de grandeur. "On est tous en totale harmonie, c'est magnifique, elle ont très bien travaillé mes deux jeunes créatrices" s'enthousiasme Marylin Clément. Plus loin Radamès, son amoureux, parade dans son costume "modulable". "Il fallait un costume à plusieurs couches, pour les différents actes et les épreuves que traverse Radamès" explique le ténor Georges Wanis. "D'abord c'est un guerrier, en costume d'apparât, puis quand Radamès se trouve dans le palais du Roi, et puis surtout à la fin, lorsqu'il se retrouve emmuré dans une tombe". Dylan, le jeune lycéen qui a fabriqué ce costume, regarde Georges/Radamès avec fierté. "Il a de quoi l'être, il a très bien travaillé" confie le chanteur.

Georges Wanis découvre son costume de Radamès avec son créateur, Dylan