Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs

Fandiño tué à Aire

dimanche 18 juin 2017 à 1:13 Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne

Drame lors de la traditionnelle corrida des fêtes d’Aire-sur-l’Adour ce samedi qui présentait des toros de Baltasar Ibàn pour Ivàn Fandiño, Thomas Dufau et Juan del Alamo, ce dernier récent triomphateur de la feria de Madrid. Le matador basque Ivàn Fandiño a été mortellement touché.

Ivan Fandiño lors de sa derniere corrida a aire sur adour le samedi 17 juin 2017
Ivan Fandiño lors de sa derniere corrida a aire sur adour le samedi 17 juin 2017 © Maxppp -

Mont-de-Marsan, France

Opéré immédiatement au bloc des arènes, Ivan Fandiño est décédé lors de son transport à l’hôpital de Mont-de-Marsan. Fandiño était depuis plusieurs années une vedette de la tauromachie mondiale. Il avait 36 ans.

L’accident

Le troisième toro de la corrida est en piste, celui de Juan Del Alamo. Ivàn Fandiño, qui a coupé une oreille à son premier Baltasar Ibàn, s’avance pour un "quite". Le toro dévie soudainement sa trajectoire. Fandiño ne peut éviter la charge. Il est pris, soulevé violemment, puis projeté au sol et repris par l’animal qui littéralement le cloue sur le sable. Tout cela en une fraction de secondes sans que personne en piste ne puisse intervenir. Fandiño grimace et se tient tout de suite le côté.

Immédiatement conduit au bloc chirurgical des arènes le matador basque est pris en charge par l‘équipe médicale du docteur Darracq. Laquelle, tout de suite, constate la gravité de la blessure. Sans pour autant que le pronostic vital soit engagé à ce moment. Sa cuadrilla se veut même rassurante. Evacué dans les meilleurs délais vers l’hôpital de Mont-de-Marsan, Ivàn Fandiño fait deux arrêts cardiaques lors de son transport. La corne a éventré l’abdomen sur le côté droit, transperçant la cage thoracique pour sectionner la veine cave et l’artère mésentérique. Malgré l’urgence de l’intervention de l’équipe montoise du Docteur Chaussende, spécialiste en tauro -traumatologie et chirurgie viscérale, les tentatives pour réanimer Fandiño restent vaines. Les dégâts causés par le coup de corne selon les médecins étant irréparables. Le torero espagnol de 36 ans décède à son entrée au bloc du centre hospitalier.

Ivàn Fandiño

Il était brun, une gueule taillée à la serpe, le jarret solide, le corps noueux et sec, un regard d’aigle, de ceux qui planent en chasse au-dessus des monts du Gorbeïako voisin de son village natal. Orduña, bled de 4000 âmes, au sud de Bilbao, son territoire basque à la limite de la Biscaye et de la Castille. Son nid. Connaitre son pays c’est l’apprendre. Ivàn Fandiño avait le caractère, trempé, la force brute des hommes de sa terre. Car il lui avait fallu, courage, détermination, opiniâtreté, entêtement même, pour parvenir à se hisser dans le cénacle étroit et rare des toreros de tout premier plan. Fandiño, né le 29 septembre 1980, fait matador lors de le Semana Grande, à Bilbao le 25 aout 2005 des mains d’El Juli en présence de Salvador Vega. Fandiño est son fondé de pouvoir de toujours, l’autre basque, le chauve Nestor Garcia, qui ont dû ramer à contre-courant, eux qui n’appartenaient à aucune dynastie taurine, ne dépendaient d’aucune grande maison espagnole.

Fandiño s’était construit une réputation sur son engagement, total, sur une tauromachie de vérité qui pesait, qui impressionnait, celle du poignet ferme, du coup de rapière de bretteur. Il y a deux ans à Bayonne lors de la feria de Septembre il avait subi une sérieuse commotion cérébrale. Et il avait mis du temps à revenir. 2017 s’annonçait sous de meilleurs auspices. Il devait toréer à la Madeleine le 21 juillet prochain. Ce samedi dans le patio d’Aire il disait avoir faim de toros et soif de triomphes. A nouveau.

Le dernier torero tué en piste en France avait été Agustín García Díaz "Malla" (encorné à Lunel le 4 juillet 1920 par un taureau de l’élevage Lescot.