Culture – Loisirs

Feria de Dax : prime à la jeunesse pour l'ouverture, espérance de rédemption pour la suite

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne vendredi 12 août 2016 à 22:44

Des arènes bien remplies pour la 1re corrida de cette Feria 2016
Des arènes bien remplies pour la 1re corrida de cette Feria 2016 © Radio France - Hendi Stassinet

La feria de l’Assomption à Dax. Début ce vendredi de la partie taurine. Cinq corridas, deux novilladas sans picador et une corrida à cheval d‘ici lundi. Le tout en direct sur France Bleu Gascogne. Tous les jours à midi "Callejon spécial feria", le soir retransmission à 17h50.

On ouvre donc le bal hier vendredi matin avec le concours de novilladas sans picadors. Deux oreilles pour le landais Batiste Cissé face aux très bons novillos de la famille Bonnet. Cissé qualifié pour la finale de ce samedi matin.Le soir, première corrida du cycle : Curro Diaz, Jose Maria Manzanares et Joaquin Galdos. Des toros de Nuñez del Cuvillo.

Une oreille pour Diaz et deux fois une oreille pour Galdos qui sort en triomphe

La prime à la jeunesse pour l’ouverture dacquoise. Avec un jeune élevage de toros, Le Lartet. Une famille gersoise, les Bonnet, père, fils, petite fille. La ganaderia est crée en 1991, domaine du Laret , à Peyrusse- Grande entre maïs et vignes d'Armagnac. Dans Dax elle a encore fait état de sa qualité belle. Et permis à un gamin landais volontariste, Baptiste Cissé, d’être le premier triomphateur de la feria. Cissé privé de toros par interdiction parentale jusqu’à sa majorité et qui a pris, dès ses dix-huit ans accomplis, la route des arènes. Il coupe deux oreilles et réalise son rêve : triompher dans son arène.

Le soir, prime encore à la fibre vibrante de la juvénilité. Joaquin Galdos, vingt et un ans en septembre, sort en triomphe. Le péruvien surdoué au regard de lagon, qui s’est imposé partout lors de ses deux campagnes de novillero, étaient attendu au coin du bois des vénérables chênes du parc Théodore-Denis. Défi immense que celui de toréer avec Diaz et Manzanares, les deux vainqueurs de la feria de Madrid. Le natif de Lima s’est employé avec parfois l’imperfection ou l’inaboutissement de sa verdeur mais aussi avec la détermination, l’élégance, la technique déjà, la douceur aussi, qui font qu’un torero sorte des évidences pour accéder à l’excellence.

Sortie en triomphe de Joaquin Galdos qui a coupé deux oreilles - Radio France
Sortie en triomphe de Joaquin Galdos qui a coupé deux oreilles © Radio France - Henri Stassinet

Ce samedi matin, 11h30 finale du concours de novilladas sans picador. 18h, 2e corrida du cycle : toros de Jandilla pour Daniel Luque, Jimenez Fortes et Pepe Moral.

Un matin de l’Assomption 2015. Le ciel dacquois est plombé de nuages noirs annonciateurs d’un déluge imminent. El Juli est en piste. La mauvaise humeur hélas habituelle en blason. Le madrilène promène son blues sur le sable déjà trempé.

Du callejon sort Pepe Moral, visage austère, silhouette mince. Il affiche alors vingt-huit printemps, il est matador depuis six saisons et il doit sa présence à un rédemption taurine née d’un miracle le jour du Corpus, chez lui à Séville, le 19 juin de l’année d’avant. Corrida de la dernière chance lui est offerte et Moral, l’oublié, transcende son espérance et transforme la frustration accumulée en victoire. Le petits fils de charpentier va ensuite s’imposer dans Madrid, à Pamplona et ailleurs. Pourtant il torée peu, une dizaine de contrats. Mais arrive donc sous l’éclair de la tempête cette illumination dacquoise.

Pepe Moral dessine faena d’importance, forte en esquisse suaves et finesses lente. Il force El Juli vexé à se transcender ensuite. Mais cet acte restera unique. Le chemin de croix du zélote absolu reprend. Mais les dacquois, gens fidèles et attentionnés, l’ont remis au cartel ce matin. Moral qui sait que la fête rouge aime les mains basses et la langueur taurine veut croire en une nouvelle chance. Celle de sa résilience.

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