Culture – Loisirs DOSSIER : Fêtes de la Madeleine 2017

Feria de la Madeleine, Ferrera en ouverture !

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne dimanche 16 juillet 2017 à 20:21

Antonio Ferrera
Antonio Ferrera © AFP

Ce sera Antonio Ferrera. La feria de Mont-de-Marsan gagne un torero incontournable qui n’était pas prévu initialement. Et cela suite à la grave blessure de Curro Diaz. Ferrera ouvrira donc la Madeleine mercredi soir en compagnie de Jose Maria Manzanares et de Thomas Dufau

Antonio Ferrera sera donc le prophète de la feria de Mont-de-Marsan mercredi soir en compagnie de Jose Maria Manzanares et de Thomas Dufau face aux toros de Juan Pedro Domecq. Une décision de la commission taurine montoise qui ne peut faire que l’unanimité.

Curro Diaz, matador majeur de toutes les grandes férias ces cinq dernières années et qui vient entre autre de s’imposer à La Brède et St Sever devait ouvrir le bal de Madeleine mercredi. L’andalou de Linares a été sévèrement blessé samedi à Manzanares, au sud de Madrid. Il souffre d’un coup de corne de 20 centimètres dans la région abdominale ayant touché l’artère iliaque.

Dans ces conditions et sans tergiverser la commission taurine montoise a donc décidé de proposer à Antonio Ferrera de le remplacer. Le matador né à Ibiza mais qui a grandi en Estrémadure est tout bonnement le meilleur torero de la saison en cours. A quarante ans il arrive à pleine maturité. Ferrera a réalisé des prestations majuscules tout autant que magistrales à Séville, Madrid, Caceres, Zamora. Il vient encore de signer la plus belle faena de la récente féria de Pamplona jeudi derniers devant les Nuñez del Cuvillo. Matador depuis 1997, il a pris l’alternative à Olivenza sur un Victorino Martin des mains d’Enrique Ponce, il a connu bien des années difficiles pour le moins compliquées avant que de renaitre cette temporada. Saison blanche l’an dernier, suite à une grave blessure en juin 2015 aux Baléares, huit corridas seulement, il était considéré alors par beaucoup comme l’espoir perdu de la « toreria ». La dernière fois que Ferrera a fait le paseo en Gascogne c’était le 16 aout 2014 à Dax. Un mois plus tôt il avait coupé une oreille à un toro de La Quinta à Mont- de- Marsan, début juin de la même année il était passé sans convaincre à Vic.

« Il torée comme Manzanares et personne ne s’en aperçoit ! ». La sentence, prémonitoire, est d‘André Viard et elle date de plus d’une décennie. Notre confrère et ancien torero a en effet été l’un des rares à voir dès les prémices de la carrière de Ferrera l’immense potentiel du matador des Baléares et de Caceres réunis. Ferrera est un prodigieux « muletero » qui n’a exprimé l’essence pure de sa tauromachie qu’à de trop rares moments. Il a manqué jusqu’à cette saison à Ferrera la continuité, la régularité. Sans douite. La persuasion aussi. Mais également la reconnaissance, car Ferrera a été bien trop souvent réduit au rang de matador banderillero belluaire et injustement décrié par la critique et dénigré par le public. On l’a souvent confondu avec les toreros spectaculaires alors que le fond de son inspiration c’est la tauromachie de sentiment, lente et mélodieuse. Ferrera par ailleurs a très souvent été confronté à des élevages durs qui ont limité sa capacité à s’exprimer pleinement. Et ce, dés son alternative prise face aux Santa Coloma de la famille Martin dont il est devenu l’un des « diestros » favoris. Ses débuts comme torero d’alternative ont pourtant été tonitruants , 39 courses en 1999, puis des triomphes réguliers ensuite à Nîmes, Arles, Cali, Quito, Pamplona, Madrid durant des années. Il torée durant ce temps jusqu’à 80 corridas par an et plus même. Son éclosion nouvelle cette saison est tout bonnement un vent frais, la miraculeuse renaissance d’un talent rare. Madeleine est chanceuse.

Quant à Andrès Roca Rey blessé à Pamplona il devrait assurer sa prestation montoise de samedi prochain. Le jeune torero péruvien a annoncé qu’il reprendrait vendredi à Valence.