Culture – Loisirs

Feria de Nîmes : l'habit de lumière, seconde peau des toreros

Par Nina Valette et Marion Bargiacchi, France Bleu Gard Lozère samedi 17 septembre 2016 à 15:24

L'habit de lumière du torero, finement brodé, toujours une pièce unique.
L'habit de lumière du torero, finement brodé, toujours une pièce unique. © Maxppp - ERIC COLOMER

Coup de projecteur sur la tenue des toreros : l'habit de lumière. Un seul costume coûte entre 2.800 et 6.000 euros. Faite à la main, cette tenue est un véritable travail d'orfèvre, un symbole à la fois pour l'artisan et pour le matador qui la revêt.

Au milieu des machines à coudre, Lumi, styliste de formation s'affaire. Elle est tombée dans le textile à l'âge de six ans : "Pour moi, voir les vêtements de torero c'était comme un conte de fée. Alors en broder..." Le rêve est devenu réalité : depuis un an, elle partage ses connaissances avec un créateur nîmois et connait les habits de lumière par cœur.

Des costumes de rêve

Une veste : la chaquetilla. Un gilet : le chaleco. Le pantalon, la cravate, la ceinture... chaque pièce est personnalisés pour chaque matador. Il faut en moyenne une dizaine de petites mains et un mois et demi de travail.

Lorsque le torero va dans une sastrería pour commander son costume de lumière, le moment est important. Capital. Solennel. Car, lorsqu'il fait le paseo, le public le voit dans son costume. Et son costume, c'est son image.

"Déjà le pantalon doit être une seconde peau. Un vêtement peut porter bonheur comme il peut porter malheur... à ce moment là, il le vend, il ne le porte plus", explique Lumi.

"Ce sont des costumes qui font rêver. Rien que d'en parler j'en ai des frissons"' Lumi, styliste nîmoise.

Gilles Raoux, nîmois et matador de toro dans sa jeunesse parle de son habit de lumière avec émotion : "Chaque broderie, chaque couleur a une signification. Impossible d'oublier son costume. Si le torero oublie son costume, il n'est pas fait pour ce métier. Un torero doit toujours penser au taureau, matin, midi, soir. Il doit manger taureau, dormir taureau..."

Désormais le costume de Gilles est rangé dans un placard. Le costume de son alternative.

"Si je devais choisir entre me faire prendre mon costume ou me faire prendre un œil, je dirai "enlevez moi l’œil." Gilles, torero dans sa jeunesse

Le reportage de Nina Valette : l'habit de lumière, la seconde peau du torero.

Partager sur :