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A Firminy, la vente du mobilier Le Corbusier fait débat

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire
Firminy, France

A l'annonce de la vente, par l'Office Public d'Habitation et la mairie de Firminy, d'une centaine de luminaires issus de l'Unité d'Habitation Le Corbusier, une partie des habitants des lieux se sont indignés d'une dilapidation du patrimoine de la ville.

Quelques vieilles appliques restent au-dessus des portes de certains couloirs de l'Unité d'Habitation.
Quelques vieilles appliques restent au-dessus des portes de certains couloirs de l'Unité d'Habitation. © Radio France - Marc van Torhoudt

C'est le fleuron de l'architecture locale. Les 17 bâtiments dessinés par le célèbre architecte Le Corbusier, et construits dans les années 60 à Firminy. Certains, comme la Maison de la Culture, ont même été classés, l'an dernier, au patrimoine mondial de l'Unesco, alors qu'ils étaient tous déjà Monuments Historiques.

Pourtant, certains habitants s'élèvent contre la politique de la mairie, qu'ils accusent de dilapider ce patrimoine unique en Europe. En effet, en février, la mairie avait déjà mis aux enchères un banc en béton, vendu pour un peu plus de 35 000 €. Le 30 mai, ce seront des luminaires issus de l'unité d'habitation qui seront à leur tour mis aux enchères.

Histoire des appliques

Ces luminaires, appelés aussi têtes de moutons en raison de leur forme simple en fer blanc-gris, ils ne sont plus en place depuis une dizaine d'années. Ils ont été retirés entre 2001 et 2005 lors de travaux menés par l'Office Public d'Habitation et la mairie de Firminy, et remplacés par des luminaires plus aux normes. Mais entre temps, certains ont tout simplement disparu. "Le soir on est allés se coucher, ils étaient toujours là. Mais le matin en sortant, plus de luminaires !" raconte Patrick Mado, qui habitait déjà l'Unité d'Habitation à ce moment. "Nous avons pensé que c'était dû aux travaux." En réalité, les appliques ont été volées, puis une grosse centaine - mais pas toutes - retrouvées par la Police.

Du gâchis pour certains habitants

Nous possédons 28 % de l'Unité d'Habitation, et donc 28 % de ces appliques ! Il n'y a eu aucune concertation au sujet de leur vente.

Depuis, elles sont stockées par l'OPH, qui a décidé d'en revendre une bonne partie aux enchères, avec l'aide de la société Art Curial. Simplement, certains habitants, notamment des propriétaires des appartements rénovés, se sentent floués. "Nous possédons 28 % de l'Unité d'Habitation, et nous estimons que 28 % des appliques nous appartiennent. Et nous ne voulons pas les voir vendues ! Il n'y a eu aucune concertation au sujet de leur vente." explique Christophe Chaland, membre de l'association d'opposition municipale Union pour Firminy. "Les appliques font partie de l'Unité d'Habitation, elles doivent lui être restituées. Pensons aussi aux visiteurs qui viennent voir l'oeuvre de Le Corbusier", abonde Fabrice Brault, président de l'association d'habitants de l'unité.

"C'est dommage de priver Firminy de ce patrimoine unique, déplore Christophe Chaland, lui-même architecte, et qui a choisi ce lieu pour s'installer également en raison de son histoire. On aurait pu les exposer dans un musée dédié au Corbusier, ou tout simplement les moderniser et les remettre à leur place."

Christophe Chaland, de l'association Union pour Firminy

De l'argent pour des travaux d'aménagement

"Nous ne pensions pas que cette vente poserait problème, répond François Perrier, le directeur de l'OPH. Ces appliques nous appartiennent. Nous sommes bailleurs sociaux, nous n'avons pas vocation à conserver ces objets, qui sont mal stockés et qui s'abîment."

L'OPH refuse d'être accusé de dilapider le patrimoine de Firminy. "Nous allons en céder à des musées, comme Beaubourg à Paris ou le MoMa à New York, pour faire rayonner ce patrimoine. Nous en conserverons une dizaine pour les confier à des collectivités et organismes locaux", précise François Perrier.

Quant à l'argent gagné (l'OPH en espère une centaine de milliers d'euros), il servira à des travaux de réaménagement de l'Unité. "De plus en plus de monde vient visiter l'Unité, et donc nous devons prendre des mesures en ce qui concerne la sécurité des lieux, notamment pour les incendies. Nous installerons donc des dispositifs comme des portes coupe-feu. Des travaux lourds qui devraient coûter 152 000 € selon nos estimations. La vente des appliques servira à les financer."

François Perrier, directeur de l'OPH, explique pourquoi l'organisme a décidé de mettre en vente les appliques.

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