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"En plus d'être non-essentiels on n'existe plus" : les artistes sans perspective après 100 jours de fermeture

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Par , France Bleu Limousin

Plus de 100 jours sans musées, théâtres, séances de cinéma ou concerts : depuis le début du 2e confinement, le 29 octobre, le monde de la culture est à l'arrêt... ou presque. Artistes et lieux culturels s'adaptent tant bien que mal, sans aucune perspective pour l'avenir.

Devant la Mégisserie à Saint-Junien, une banderole fait le décompte des jours de fermeture
Devant la Mégisserie à Saint-Junien, une banderole fait le décompte des jours de fermeture © Radio France - Nolwenn Quioc

Quand pourrons-nous retourner au cinéma, au théâtre, voir un concert ou une exposition dans un musée ?  Visiblement, ce n'est pas pour tout de suite. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot indiquait ce mercredi 10 février qu'il "est encore trop tôt pour fixer une date précise" pour la réouverture des musées, et qu'il n'est pas sûr que les grands festivals de l'été, avec des concerts debout, puissent avoir lieu.

Le "centiversaire" de la fermeture fêté à Saint-Junien

En Nouvelle-Aquitaine, le président de la Région, Alain Rousset, veut proposer au gouvernement d'expérimenter un nouveau protocole sanitaire plus strict qui permettrait de rouvrir les lieux culturels. Mais en attendant, le monde du spectacle doit faire avec cette fermeture forcée. 

À la Mégisserie, à Saint-Junien, on a "fêté" les 100 jours de fermeture, une fête au goût amer. "100 jours sans théâtre, sans danse, sans musique, sans tableaux, sans cirque, sans cinéma, sans personne, 100 jours sans automne ni hiver avec vous, c'est long" égrène Olivier Couqueberg, le directeur du théâtre de la Mégisserie, qui ne comprend pas pourquoi, en dépit d'un protocole sanitaire strict déjà appliqué depuis plusieurs mois, les salles de spectacle n'ont pas pu rouvrir leurs portes. 

"Je croyais qu'on avait une ministre de la culture mais on n'en a pas" : reportage à la Mégisserie de Saint-Junien

Un embouteillage de créations 

La salle accueille cette semaine la compagnie de danse Suspiri, actuellement en création. Les résidences et les répétitions sans public sont les seules activités possibles pour ces lieux culturels. 

Lucile Mozac, de la compagine Suspiri, s'entraîne dans une salle désespérément vide
Lucile Mozac, de la compagine Suspiri, s'entraîne dans une salle désespérément vide © Radio France - Nolwenn Quioc

Au risque d'aller vers un embouteillage de créations, craint Elise Hote, porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires du Limousin. "C'est super qu'on puisse continuer à répéter dans des lieux qui sont en ce moment vides. Mais ça pose un problème : tous les spectacles qui devaient être joués sur en 2020-2021 ont été reportés sur la saison 2021-2022. Ça veut dire que tous les gens qui ont créé des spectacles en 2021 vont avoir d'énormes difficultés à accéder aux plateaux de théâtre pour les jouer". 

Elise Hote, porte-parole de la CIP Limousin prévoit des difficultés pour le secteur artistique durant plusieurs années

La comédienne prévoit de grosses difficultés dans le secteur au moins jusqu'en 2023.

Se reconvertir dans l'alimentaire artistique

Mais pour certains artistes, cette période est une opportunité pour développer de nouvelles formes d'expressions. C'est le cas de Damien Combier, de la compagnie Cirque Allant Vers, qui au moment du second confinement a décidé tout simplement de devenir... vendeur de marrons. "C'était l'essentiel, le non-essentiel et l'alimentaire. Mais je ne vends pas les marrons chauds, j'imagine, comme tous les vendeurs de marrons chauds. Je vends des marrons chaud autour d'un piano, je raconte des histoires en vendant des marrons chauds. Je fais la même chose (qu'avant) mais j'ai trouvé une forme de brèche". 

Devenir vendeur de marrons ou artiste en visio-conférence comme unique perspective ?

Une adaptation qui n'est pas suffisante, tempère Olivier Couqueberg de la Mégisserie. "Les théâtres, les musées, les cirques doivent être ouverts ! On en a besoin pour se retrouver, pour échanger, pour partager... On en a marre !". Depuis novembre, il a organisé des concerts sous les fenêtres des habitants, une expo photo en extérieur, et travaille sur un projet d'étal sur le marché de Saint-Junien, comme un stand de fromage de chèvre qui proposerait des mini-spectacles. 

Les initiatives de soutien ne bénéficient pas aux petites structures

Malgré tout, des initiatives de soutien à la culture voient le jour : des spectacles diffusés sur internet, des concerts salle vide, comme à Limoges... Mais tous n'y ont pas accès. "Moi je suis d'une compagnie émergente, c'est ma première création, je n'ai pas un réseau énorme et donc les aides ne reviennent pas aux compagnies émergentes, vu qu'on ne les connait pas. On a besoin juste de pouvoir jouer devant un public et de faire connaître notre travail, et ça on ne peut pas le faire. Débuter pendant cette période-là c'est quand même très compliqué !". Ce que confirme Élise Hote, de la Coordination des intermittents et précaires, pour qui les petites structures et les compagnies qui évoluent en dehors des scènes publiques vont davantage souffrir de la crise à venir.

Fin août, bien avant le 2e confinement et le nouvel arrêt du monde du spectacle, Pôle Emploi et l'Unedic prévoyaient déjà la disparition de 10 000 postes d'artistes et 10 000 techniciens du spectacle. Ce nouveau coup d'arrêt à la culture devrait encore noircir le tableau. 

Mais les artistes comptent bien se faire entendre : ils seront dimanche après-midi Jardin d'Orsay, à Limoges, pour une manifestation revendicative et culturelle, à partir de 15h. Pour les Corréziens, comme tous les dimanches depuis le mois de novembre, le rendez-vous est à Tulle pour la traditionnelle scène ouverte quai Baluze, à 11h30.

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