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EN IMAGES – Il y a 150 ans, l’odyssée des soldats français du général Bourbaki, du Doubs jusqu'en Suisse

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Par , France Bleu Besançon

Le 1er février 1871, en pleine guerre franco-prussienne, les 87.000 hommes et 12.000 chevaux de l'armée en déroute du général Bourbaki traversent le Haut Doubs et se réfugient en Suisse pour échapper aux prussiens sur leurs talons. Un événement toujours commémoré des deux côtés de la frontière.

Les soldats de l'armée Bourbaki déposent les armes à leur passage en Suisse aux Verrières le 1er février 1871
Les soldats de l'armée Bourbaki déposent les armes à leur passage en Suisse aux Verrières le 1er février 1871 © Getty - Universal History Archive

C'était il y a 150 ans : le 1er février 1871, par un hiver très rude, 87.000 soldats français et 12.000 chevaux de l'armée de l'Est, traversent le Haut-Doubs dans des conditions dantesques et passent la frontière pour trouver refuge en Suisse. C'est l'un des derniers épisodes de la guerre de 1870 et l'un des événements fondateurs de la neutralité humanitaire suisse. Le 150e anniversaire "des Bourbakis" devait être célébré en grande pompe, mais en raison de la crise du coronavirus, il a fallu se contenter ce lundi de commémorations en comité restreint, à La-Cluse-et-Mijoux côté français, et aux Verrières côté Suisse.

Une armée mal équipée, épuisée, démoralisée

Nous sommes dans les derniers jours de la guerre franco-prussienne, l'armée de l'Est, commandée par le général Charles-Denis Bourbaki, échoue à briser le siège de Belfort et est obligée de se replier. Repoussée petit à petit vers le massif jurassien, mal équipée,  démoralisée, elle n'a d'autre solution que de se diriger vers Pontarlier. Il fait très froid, jusqu'à -17°, hommes et chevaux sont épuisés et malades. "L'armée n'en pouvait plus, les hommes étaient dans un état de dénuement et de découragement extrême, les chevaux n'avaient plus rien à manger" explique Gérard Tissot-Robbe, co-auteur avec Paul-André Joseph du livre "Les Bourbakis, une page d'histoire franco-suisse", paru tout récemment aux éditions Cabedita

L'armée Bourbaki a dû battre en retraite dans des conditions hivernales très rudes.
L'armée Bourbaki a dû battre en retraite dans des conditions hivernales très rudes. © Getty - Universal History Archive

Arrivés à Pontarlier, les prussiens toujours sur leurs talons, les officiers supérieurs français comprennent que la seule possibilité d'échapper à l'ennemi est d'entrer en Suisse, qui est un état neutre. Le général Clinchant, qui a succédé à Bourbaki, négocie avec le chef de l'armée helvétique, le général Herzog, l'asile en Suisse pour ses soldats. Les deux hommes signent le 1er février 1871 la convention des Verrières, qui autorise l'armée française à pénétrer en Suisse à condition de déposer les armes au passage de la frontière. Du 1er au 3 février, 87.000 hommes et 12.000 chevaux en piteux état passent en Suisse par les Verrières mais aussi par Vallorbe, Jougne et Sainte Croix.

L'armée Bourbaki au passage de la Cluse.
L'armée Bourbaki au passage de la Cluse. © Getty - Universal History Archive

Ils y resteront six semaines, répartis dans 190 communes suisses, accueillis et soignés par la population avant d'être rapatriés. "L'armée de Bourbaki, c'était tous des gens qui souffraient de maladies, de typhus etc", rapporte Gérard Tissot-Robbe, "ils ont eu en Suisse un excellent accueil, ce qui n'a pas été le cas côté français", où cette armée de perdants en déroute a été assez mal reçue par la population civile tout au long de son parcours de Besançon à la frontière. 

La bataille de La Cluse, dernier combat de la guerre de 1870

150 ans plus tard, côté français, le périple des Bourbakis a laissé peu de trace dans la mémoire collective. "En France, si vous parlez des Bourbakis à la jeune génération, ça ne veut plus rien dire du tout, c'est juste le nom d'une course de VTT", estime Gérard Tissot-Robbe.  A La-Cluse-et-Mijoux, un monument commémore la "bataille de La Cluse" , sur ce verrou stratégique où, soutenus par les canons du château de Joux et du Fort Mahler, une fraction de l'armée a livré victorieusement combat pour stopper l'avance prussienne et permettre au reste des troupes de franchir la frontière.  Ce lundi, les élus du secteur ont d'ailleurs déposé une gerbe devant le monument, en petit comité, covid oblige. Depuis 2015, une fresque murale rappelle également l'épisode des Bourbakis le long de la RN 57 dans la traversée de la commune.

Une partie de la fresque de Benjamin Locatelli inaugurée en 2015.
Une partie de la fresque de Benjamin Locatelli inaugurée en 2015. © AFP - Denis Bringard

De l'autre côté de la frontière en revanche, l'odyssée des Bourbakis fait partie de la mémoire nationale suisse.  La Croix-Rouge venait d'être fondée quelques années auparavant, l'accueil des infortunés soldats français a constitué sa première grande action sur le terrain.  "C'est l'acte de naissance de la neutralité humanitaire" selon la Croix-Rouge suisse. Et l'événement a touché à l'époque une grande partie de la population, les réfugiés étant répartis dans quasiment tous les cantons de la Confédération. 

L'histoire des Bourbakis en vidéo avec la Croix-Rouge suisse : "le plus grand accueil de réfugiés jamais réalisé en Suisse"

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Aux Verrières, ce lundi, une cérémonie s'est déroulée devant la stèle érigée en mémoire des soldats français décédés dans le village, là aussi devant une assistance restreinte en raison des contraintes sanitaires. Les manifestations de l'association Bourbaki Les Verrières prévues pour célébrer le 150e anniversaire de l'arrivée des Bourbakis ont dû être reportées, elles auront lieu "peut-être à l'automne 2021, si les conditions le permettent", indique l'association. 

Dépôt de gerbe au monument des Verrières ce lundi 1er février 2021, par l'association Bourbaki Les Verrières
Dépôt de gerbe au monument des Verrières ce lundi 1er février 2021, par l'association Bourbaki Les Verrières - Association Bourbaki Les Verrières
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