Culture – Loisirs

Implantation d'un cinéma Kinépolis au centre commercial Muse à Metz : les opposants espèrent encore l'empêcher

Par Ulysse Khalife, France Bleu Lorraine Nord mardi 21 mars 2017 à 8:44

Bernard Leclerc, président de l'association pour garder indépendants les cinémas de l'agglomération messine.
Bernard Leclerc, président de l'association pour garder indépendants les cinémas de l'agglomération messine. © Radio France - Ulysse Khalife

Alors que la Commission nationale d'aménagement cinématographique vient de rejeter le recours en justice d'une association d'opposants, cette même association réfléchit à déposer un nouveau recours devant le tribunal administratif pour que Kinépolis ne s'implante pas dans le futur Muse à Metz.

Kinépolis à Muse ? C'est fait, selon la justice. Mais certains ne l'entendent pas de cette oreille : "Kinépolis nous va bien, c'est le monopole de Kinépolis qui nous embête" rétorque Bernard Leclerc, président de l'Agicam (Association gardons indépendants les cinémas de l’agglomération messine). Avec les membres de son association, ils vont se réunir à la fin du mois pour décider soit d'acter cette décision, soit d'un nouveau recours devant le tribunal administratif de Nancy :

On ne sait pas si le recours a une chance d'aboutir, on est tout petits par rapport à ce grand groupe, c'est David contre Goliath... On voudrait bien que ça se termine de la même façon."

Bernard Leclerc et son association sont aussi en attente d'un recours devant le tribunal administratif de Strasbourg, concernant l'implantation de Kinépolis dans les locaux du cinéma Le Palace en centre-ville de Metz.

Entre Saint-Julien-lès-Metz, bientôt le Palace, peut-être à Waves dans la Zac d'Augny ainsi qu'à Muse, cela ferait bientôt quatre complexes Kinépolis à Metz et ses environs. Une stratégie d'implantation massive que conteste l'association gardons indépendants les cinémas de l'agglomération messine : "En 2014, Kinépolis posait déjà comme condition de son implantation quelque chose d'indissociable, d'indivisible sur la ville de Metz", commente Bernard Leclerc, qui conteste par ailleurs l'état des lieux dressé par la ville de Metz : "La Ville dit que les messins ne vont pas au cinéma, ce qui est faux. On peut dire ça si on ne prend pas en compte Kinépolis (à Saint-Julien-lès-Metz), juste le Palace et le Caméo. Mais si on le prend en compte, les Messins vont plus au cinéma que les gens de Nancy ou de Strasbourg".

Quant à l'offre en cinéma arts et essais, l'implantation de Kinépolis aurait quand même du positif : alors que 4 salles en proposent pour l'instant à Metz (au Caméo), le projet du Kinépolis en inclut 7 au cinéma le Palace. Mais ça ne rassure par Bernard Leclerc pour autant : "En 2014, le monsieur cinéma de la région lorraine disait déjà que Kinépolis n'a pas vocation à faire des arts et essais. En 2016, il a demandé un complément d'engagement de programmation à Kinépolis, mais ces engagements ne sont en général pas respectés."

Autre source d'inquiétude : le prix du billet. "Je ne sais pas de quel moyen de pression dispose le maire de Metz pour garder le prix du billet raisonnable", conclut Bernard Leclerc.

Bernard Leclerc, président de l'Agicam (Association gardons indépendants les cinémas de l’agglomération messine), invité de France Bleu Lorraine.