Culture – Loisirs

"Je ne veux pas que la Frairie des Petits Ventres devienne un business !"

Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin jeudi 20 octobre 2016 à 17:23

Bernadette Mausset-Cibot veille au grain, comme le faisait sa mère, Geneviève
Bernadette Mausset-Cibot veille au grain, comme le faisait sa mère, Geneviève © Radio France - Jérôme Ostermann

Ce vendredi, c'est la Frairie des Petits Ventres dans le quartier de la boucherie à Limoges. Comme chaque année, les tripes sont à l'honneur. Et cela devrait durer. En tous cas, les organisateurs veillent au grain. Pour que cette fête extrêmement populaire ne se vautre pas dans le business.

C'est le 3e vendredi du mois d'octobre. Comme chaque année, vous allez certainement être plusieurs milliers à vous retrouver tout au long de la journée dans le quartier de la boucherie à Limoges pour la Frairie des Petits Ventres. Une journée de rêve pour les amoureux de la tripaille. Et cela devrait durer encore longtemps. En tous cas, les organisateurs y veillent. A l'instar de Bernadette Cibot-Mausset. Sa maman, habitante historique du quartier, aujourd'hui décédée faisait partie de ceux qui ont créé la Frairie des Petits Ventres en 1973.

"On ne va pas vendre des huîtres et du Muscadet !"

Elle tient plus que tout à ce que l'esprit de la fête ne se vautre pas dans le business :"Je ne veux pas que cela devienne carrément le business. Il faut que l'on soit vigilent. On ne va pas vendre des pommes d'amour, de la barba papa. On va pas vendre des huîtres et du Muscadet ! C'est les Petits Ventres. D'ailleurs cette année, on en a refusé plusieurs qui voulaient venir faire du surgelé ou des choses comme ça."

Auparavant, c'est sa mère qui veillait au respect de l'esprit de la fête. Après son décès en août 2015, sa fille a remarqué que nombreux sont ceux a en avoir profité pour vendre tout et n'importe quoi l'année dernière. Elle prévient. Ça ne sera passera pas comme ça à l'avenir :"J'ai pris la suite. Je vous promet que je vais être très vigilante. Je vais passer trois fois dans la journée. Je vais prendre des notes. Et ceux qui ne jouent pas le jeu, l'année prochaine, c'est niet. C'est comme ça. On joue pas le jeu, on rejoue pas !"

Contrôle des stands mais pas des prix...

Bernadette ne plaisante pas avec le respect de la tradition . Et comme elle fait partie de ceux qui choisissent les exposants qui demandent une place en plus des commerçants de la rue, elle a de quoi se faire entendre. En revanche, sur le dérapage constaté au niveau des prix, elle n'y peux rien :"On ne peut rien faire, et c'est dommage. Les gens ne sont pas assez serieux pour maintenir des prix corrects."

C'est vrai que ces dernières années, l'inflation est très nette sur le boudin noir aux châtaignes et autres victuailles chères à la frairie des Petits Ventres. Cette fête n'en demeure pas moins extrêmement populaire, notamment auprès des jeunes. Même si nombreux sont ceux pour qui ce 3e vendredi d'octobre ressemble plus à la fête de la bière qu'à celle des tripes do Limouzi.

Reportage radio sur l'engouement des jeunes pour la Frairie des Petits Ventres

Agathe Dacoury pose devant la création 2016 sur la Frairie des Petits Ventres, ici dans sa boutique de la rue Jeanty Sarre à Limoges - Radio France
Agathe Dacoury pose devant la création 2016 sur la Frairie des Petits Ventres, ici dans sa boutique de la rue Jeanty Sarre à Limoges © Radio France - Jérôme Ostermann

Partager sur :