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Jérôme Tréhorel, directeur des Vieilles Charrues : "un gros pincement au cœur"

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Par , France Bleu Breizh Izel

La 29e édition du Festival des Vieilles Charrues aurait dû débuter ce jeudi à Carhaix (Finistère) avec un concert événement de Céline Dion. Si l'annulation est désormais digérée, Jérôme Tréhorel, le directeur général du festival, reconnaît qu'elle laisse un grand vide. Interview.

La prairie de Kérampuilh, site du festival depuis 1998, restera déserte ce week-end.
La prairie de Kérampuilh, site du festival depuis 1998, restera déserte ce week-end. © Radio France - Nicolas Olivier

France Bleu Breizh Izel : comment vous allez vivre ce week-end sans les Vieilles Charrues ?

Jérôme Tréhorel : Sans tristesse ni nostalgie mais avec un gros pincement au cœur et une boule au ventre quand même parce que ça fait bizarre de voir le site des Charrues silencieux et vide. La ville va sonner un peu creux, forcément y'a une pointe de déception mais le virus fait qu'on n'y peux rien. Il n'y a aucun regret : on savait dès le début que ce ne serait pas possible, et d'ailleurs aucun festival va se dérouler cet été. La priorité numéro un c'est la sécurité de tout le monde. L'idée maintenant c'est de se protéger pour bien rebondir dans les mêmes proportions l'année prochaine avec tous les festivaliers, tous les acteurs du territoire pour qu'on revive encore cette émotion des Vieilles Charrues, ce festival si particulier, si différent, pas comme les autres, avec les 7.150 bénévoles, toute la population locale et toutes les entreprises qui nous aident à organiser l'événement.

Un événement de rapprochement social

France Bleu Breizh Izel : qu'avez-vous prévu pour garder le lien avec les festivaliers pendant ce week-end ?

On n'a pas voulu faire de festival numérique parce que ce n'est pas notre métier, ce que l'on sait faire c'est organiser un événement de rapprochement social, alors que le virus nous impose une distanciation donc c'est compliqué ! Au lieu de faire des concerts virtuels sur internet, on a préféré revenir sur les moments marquants de l'histoire des Vieilles Charrues et surtout donner la parole aux festivaliers, aux bénévoles et aux artistes pour qu'ils publient leurs photos et racontent leur histoire avec le festival. Il y aura beaucoup d'émotion avec des messages de sympathie qui nous font chaud au cœur et nous donnent beaucoup d'envie et d'énergie pour repartir dès l'année prochaine.   Je sais aussi qu'en ville à Carhaix les commerçants ont organisé des animations pour célébrer le festival. Donc on postera sur les réseaux sociaux quelques lives, certains concerts emblématiques qu'on a pu accueillir, et plein de petites surprises. Ce sera un hommage au public, aux bénévoles et aux artistes.

1,7 million d'euros de perte 

France Bleu Breizh Izel : est-ce que l'association, qui ne perçoit pas de subvention, va réussir à surmonter cette annulation ?

Grâce à la fidélité du public des Vieilles Charrues, on sait qu'on va pouvoir passer l'année sans trop d'encombres. C'est quand même 1,7 million d'euros de perte pour une année sans activité, juste pour les loyers et les salaires, en prenant en compte bien sûr le chômage partiel. On fait en sorte de créer de l'emploi [l'association emploie 16 salariés permanents, NDLR] et de l'activité économique sur le territoire, c'est ça que l'on paye aujourd'hui. Tout le reste a été protégé dès le début. On sait qu'on a un public atypique, et l'immense majorité des festivaliers -on les en remercie parce que ça nous a énormément touché- a conservé ses billets donc on sait que l'année prochaine le festival sera complet. Il y aura quelques billets remis en vente au moment de l'annonce de la programmation à l'automne. Mais on sait aussi qu'en 2021, du fait d'un impact économique de cette crise sanitaire sur nos partenaires et mécènes, on peut être en difficulté donc il faudra être vigilant. C'est pour ça qu'on se mobilise avec tous nos collègues des festivals pour trouver des solutions notamment auprès du gouvernement pour faire en sorte de se mettre à l'abri et de protéger tous les acteurs. 

France Bleu Breizh Izel : à quoi ressemblera l'édition 2021 qui aurait dû être la trentième ?

Absolument, mais du coup ce sera la vingt-neuvième ! L'objectif, comme on l'a déjà annoncé, c'est de reprogrammer les groupes qu'on avait prévu pour 2020. L'univers sur le thème de 20.000 lieues sous les mers a été vraiment plébiscité par les festivaliers, jamais on n'avait vendu aussi vite les billets donc on a envie forcément de présenter cette édition qu'on n'a pas pu organiser à cause de la crise sanitaire. Et puis en fonction de l'évolution de la situation, on verra, il y aura des surprises, des petits clins d'œil. Mais l'objectif c'est avant tout de pérenniser l'avenir du festival avec tout ce que ça représente pour le territoire du centre-Bretagne, en terme culturel, médiatique, économique, on veut garder le même festival. On aime accueillir ce public complètement fou, les artistes toujours heureux de vivre une expérience unique ici. Maintenant on espère que les scientifiques et les médecins trouveront des solutions pour qu'on puisse le plus vite possible se retrouver et partager des moments de folie, de liesse à plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, parce qu'on a aussi besoin de ça, de ces moments de folie et de partage dont on est privés depuis le printemps dernier.

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