Culture – Loisirs

Journées du Patrimoine en Poitou-Charentes : dans les coulisses d'un site classé "Défense"

Par Jules Brelaz, France Bleu Poitou samedi 16 septembre 2017 à 6:00

Les visiteurs des Journées du Patrimoine ont interdiction de prendre des photos.
Les visiteurs des Journées du Patrimoine ont interdiction de prendre des photos. © Radio France -

Situé dans l'ancienne manufacture d'armes de Châtellerault (Vienne), abritant 120 kilomètres d'archives parfois classées "Secret Confidentiel Défense", le Centre des archives de l'Armement ouvre ses portes ce weekend à l'occasion des 34eme Journées du Patrimoine.

Lieu "sensible", protégé par de hautes grilles et des caméras de surveillance, le Centre des archives de l'Armement a beau être ouvert au public, il n'en demeure pas moins discret. "Tous les panneaux d'indication à l'entrée ont été enlevés dans le cadre des consignes du plan Vigipirate, pour ne pas attirer l'attention de personnes qui pourraient nous causer des ennuis", explique Anne-Elyse Le Bourgeois, conservatrice et archiviste. Il faut dire que le site internet du Centre a déjà été piraté dans le passé...

"Une partie des archives sont classifiées Secret Confidentielle Défense"

Arrivé au poste de contrôle, le visiteur doit montrer patte blanche, et surtout une pièce d'identité. Les agents du Centre font alors office de guide à travers les "120 kilomètres d'archives linéaires, cela représente 120.000 étagères, comme on peut avoir dans sa bibliothèque à la maison" résume Nicolas Jacob, chef du Centre.

Les plans des armes, avions, sous-marins et même de la bombe atomique

Le Centre des archives de la Défense abrite les plans de toutes les armes françaises, fusils, obus, chars d'assaut utilisées de 1850 à de nos jours, ainsi que les fiches des personnels civils ayant travaillé pour la Défense. Certaines archives sont exposées au public, d'autres restent à l'abri des regards."Nous avons les plans qui concernent les essais de l'arme atomique mais ce ne sont pas des documents communicables au public. Ils ne le seront jamais", prévient Anne-Elyse Le Bourgeois. La raison ?

"Il n'est pas souhaitable que n'importe qui puisse avoir les plans de bombes nucléaires"

Certaines archives concernant les armes, avions et sous-marins actuellement en service ne seront pas déclassifiées avant "au moins" cinquante ans. Il faudra donc attendre les prochaines Journées du Patrimoine, en 2067.