Culture – Loisirs

Journée mondiale de la photographie : le papier fait de la résistance

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne vendredi 19 août 2016 à 16:56

Une borne de tirage pour photos numériques
Une borne de tirage pour photos numériques © Maxppp - CREUX THIERRY

Il y a 177 ans, la photographie voyait le jour dans nos contrées bourguignonnes, grâce - notamment - à l'inventeur chalonnais Nicéphore Niepce. Evidemment, depuis cette époque notre rapport à la photo a changé, et le cercle très fermé des photographes s'est élargi au gré des inventions.

Vous avez sans doute été confrontés à ce dilemme du retour de vacances : que faire des 4.827 photos que vous avez prises pendant deux semaines avec vos smartphones, vos tablettes, et parfois avec vos appareils photo ?

Il est vrai que l'arrivée du numérique et des smartphones dans le monde de la photographie a bouleversé nos habitudes, en reléguant l'argentique, au mieux dans nos placards, et au pire, à la poubelle. De même, on ne se déplace plus systématiquement chez le photographe pour faire imprimer nos images. A l'occasion de la journée mondiale de la photographie, on vous a demandé quelles étaient vos habitudes d'amateurs de photo,  et une chose est sûre, à en croire Anne-Sophie, qui a lancé sa société de photographie, entre le numérique et l'argentique, il n'y a pas photo.

Toucher la matière, ça a un charme que ne pourront pas effacer l'ordinateur et le numérique

"J'ai commencé directement avec le numérique, je n'ai jamais touché à un appareil argentique. Et c'est vrai que ça m'a beaucoup facilité les choses. Je me suis perfectionnée moi-même et avec des professionnels avant de lancer ma propre société." Pour elle, l'impression papier reste toutefois l'aboutissement d'un travail : "j'ai envie de faire sortir mes photos, de pouvoir les toucher, et puis de pouvoir les donner aux gens en format papier, pour moi il faut qui'il y ait du papier. D'ailleurs je trouve qu'on revient de plus en plus à ça, toucher la matière ça a du charme qui ne pourra pas s'effacer avec l'ordinateur et le numérique."

On fait beaucoup de photos, mais on ne prend jamais le temps de les jeter

Chez Marion, le constat est assez similaire. L'argentique a disparu de la maison. "On a un appareil photo numérique et des téléphones. On fait beaucoup de photos, on ne prend jamais le temps de les jeter, mais on essaie quand même d'en imprimer, surtout pour les vacances, ou d'autres occasions, pour garder un souvenir. Et quand on imprime, on essaie de le faire chez un photographe, où la qualité est supérieure."

Les gens viennent en magasin pour retrouver une qualité de tirage vraiment haute

Voilà l'autre conclusion  concernant la photographie version 2016 : NON, la photo papier n'a pas disparu : Loïc peut en témoigner, il est salarié dans un magasin spécialisé du centre-ville dijonnais :  "la notion de qualité est toujours présente parce que les gens font leurs photos avec leur smartphone, mais on sent que lorsqu'il y a un besoin, lorsqu'ils partent en vacances par exemple, il ne vont pas hésiter à investir dans un appareil photo digne de ce nom, et de faire des photos vraiment exploitables pour faire des agrandissements, pour mettre dans le salon, etc. Et c'est pour cela aussi qu'on existe encore, les gens viennent en magasin pour retrouver une qualité de tirage vraiment haute. Au final le gros point fort du numérique c'est qu'on fait beaucoup plus d'images qu'avant. Avant, on en faisait moins mais on venait impérativement chez le photographe, maintenant tout le monde fait de la photo, et on a du matériel qui est constante évolution, ce qui fait que c'est très plaisant, et on a envie d'avoir ces nouvelles technologies à la maison.'

La mode du Polaroid

Pour les adeptes de la photo papier, il y a aussi une solution intermédiaire : le bon vieux Polaroid, qui revient un peu à la mode. Un objet "vintage", qui sent bon l'ancien temps et qui colle parfaitement à nos nouvelle habitudes selon Frédéric Coignot, photographe professionnel à Dijon.

"Avec le Polaroid, on a quand même cette capacité comme en numérique d'obtenir un résultat immédiat et physique, ce qui n'était pas le fonctionnement de l'argentique, où il fallait attendre pour avoir ces photos. Donc on a une sorte de mélange entre les deux mondes, avec cette production physique d'une image, et en même temps cette instantanéité de la chose, qui nous plaît dans le numérique."

Partager sur :