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Culture - Loisirs
Dossier : France Bleu Montagne

L'adieu du monde de la montagne à l'alpiniste Robert Paragot

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Par , France Bleu Isère, France Bleu Paris

Robert Paragot, l'un des derniers monstres sacrés de la conquête himalayenne, s'est éteint le 24 octobre dernier à l'âge de 92 ans. Ses obsèques seront célébrées ce lundi après-midi à Jouy-en-Josas dans les Yvelines avant un hommage jeudi soir aux Rencontres Ciné Montagne de Grenoble.

L'alpiniste Robert Paragot à Saillans en 2011 à l'occasion du 50e anniversaire de l'ouverture de la Voie des Parisiens à la Pelle (Trois-Becs, Diois)
L'alpiniste Robert Paragot à Saillans en 2011 à l'occasion du 50e anniversaire de l'ouverture de la Voie des Parisiens à la Pelle (Trois-Becs, Diois) © Radio France - Lionel Cariou

Jouy-en-Josas, France

"Pour moi c'était presque une figure paternelle qui m'a encouragé à grimper quand j'étais petite" se souvient Delphine Chenevier, ancienne championne de France universitaire d'escalade qui a participé au circuit de coupe du monde au tournant des années 2000. Son père faisait partie de la "bande" de Robert Paragot, décédé le 24 octobre dernier

L'élégance du grimpeur

Delphine Chenevier lui doit en partie sa vocation de grimpeuse : "il [Robert Paragot]a été l'un des premiers à m'emmener grimper au Saussois (une falaise de l'Yonne, ndlr) dans les classiques dont la fameuse 'traversée Paragot' (...). Il avait toujours cette élégance sur le rocher ce qui était, pour moi qui fait de l'escalade moderne, très inspirant. C'était la recherche du mouvement, du placement et la recherche du beau geste."

Delphine Chenevier sur le "Mur de Satan" près de Grenoble  - Aucun(e)
Delphine Chenevier sur le "Mur de Satan" près de Grenoble - crédit Jean-Marc Chenevier

Delphine Chenevier, l'interview complète

Tourné vers l'avenir

"Il n'était pas figé sur le passé, il regardait devant" note pour sa part Pierre You, président de la Fédération nationale de la montagne et de l'escalade (FFME), poste que Robert Paragot, l'un des alpinistes les plus capés de sa génération, a occupé entre 1997 et 1999. "Il a su que l'alpinisme n'était pas l'avenir de la Fédération. Il a voulu s'occuper des jeunes en créant des murs d'escalade." Au-delà de l'empreinte qu'il a laissé à la FFME, Pierre You se souvient d'un "homme extraordinaire" qui a "toujours mis la fidélité et l'amitié devant tout le reste"

"Le sens du collectif"

Michel  Destot, ex-député socialiste et maire de Grenoble entre 1995 et 2014, a d'abord admiré Robert Paragot avant de le rencontrer. "Il a fait partie des gens qui m'ont amenés à Grenoble !" lance carrément l'ancien élu qui dans sa jeunesse l'avait pris comme modèle avec René Desmaison (1930-2007), autre figure de l'alpinisme de haut-niveau. "J'étais Parisien, j'avais moi-même commencé à grimper sur les blocs de Fontainebleau", souligne l'ancien maire. 

De gauche à droite : Michel Destot, Robert Paragot et Paul Keller en 2012 à Grenoble  - Aucun(e)
De gauche à droite : Michel Destot, Robert Paragot et Paul Keller en 2012 à Grenoble - Ville de Grenoble

"Il était issu d'un milieu modeste, se souvient encore Michel Destot, et contrairement à beaucoup d'alpinistes ou d'himalayistes il avait le sens du collectif. Et puis il avait une sensibilité de gauche, il ne s'en cachait pas ; tout cela nous avait beaucoup rapproché." En 2012 il avait organisé une soirée à l'Hôtel de Ville de Grenoble pour fêter les 50 ans de la première ascension du Jannu (7.710 mètres, Népal) à laquelle avait pris part Robert Paragot ainsi que le guide et pasteur grenoblois Paul Keller (1926-2015). 

"Bonté, générosité, amitié, fidélité" écrivait à son sujet Bernard Giraudeau

Robert Paragot dans la face Sud de l'Aiguille du Midi en 1963 - Aucun(e)
Robert Paragot dans la face Sud de l'Aiguille du Midi en 1963 - Collection Paragot

Les obsèques de Robert Paragot, l'un des derniers monstres sacrés de la conquête himalayenne, seront célébrées ce lundi après-midi à Jouy-en-Josas (Yvelines), la commune où il résidait avec son épouse. Le monde de la montagne lui rendra aussi hommage jeudi soir à Grenoble à l'occasion des Rencontres Ciné Montagne. "Sur le blason Paragot est une montagne, la plus belle, blanche, bleue et ocre, peut-être celle qu'il n'a jamais connue" écrivait le comédien et auteur Bernard Giraudeau (1947-2010) dans la préface de la biographie de Robert Paragot parue aux éditions Guérin / Paulsen. "Sur la glace on peut lire en lettres rouges qu'aucun sommet ne vaut la mort d'un homme et là-haut dans l'éternité immaculée sont gravées les clés de sa vie : 'Bonté, générosité, amitié, fidélité'."

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