Culture – Loisirs

L'ancre du bareau Grand Saint-Antoine, porteur de la peste, exposée au musée d'Histoire de Marseille

Par Victoria Koussa, France Bleu Provence jeudi 29 septembre 2016 à 20:56

L'ancre du Grand Saint Antoine exposée au musée d'Histoire de Marseille.
L'ancre du Grand Saint Antoine exposée au musée d'Histoire de Marseille. © Radio France - Victoria Koussa

Le musée d'Histoire de Marseille accueille une nouvelle preuve du riche patrimoine de la ville : l'ancre du Grand Saint-Antoine qui a apporté la peste d'Orient en 1720.

Elle pèse près d'une tonne et a transporté avec elle, de ses voyages d'Orient, le bacille. L'ancre du bateau Grand Saint-Antoine vient de se trouver une place au musée d'Histoire de Marseille. Car de l'histoire, elle est est témoin, une histoire dramatique puisqu'elle est à l'origine de la contamination des Français par la peste. En 1720, cette épidémie a tué 120 000 Français, et 50 000 Marseillais.

Un trésor sous la mer, vers l'île de Jarre

Ce sont des passionnés de plongée qui ont mis la main sur cette énorme ancre, en 1982. Mais trois ans auparavant, ce sont eux qui ont découvert le Grand Saint-Antoine, véritable témoin de la puissance marchande de la ville de Marseille. Car ce navire revenait d'Orient avec de nombreuses soieries, et apportait avec lui dans ses voyages marchands la spécialité de la ville de Marseille, le savon.

Reportage auprès des trois inventeurs qui ont découverts le Grand Saint Antoine, puis son ancre.

Le patrimoine de la ville

C'est le mécénat de la Caisse d'Epargne CEPEC qui a permis de restaurer l'ancre, mais en 2012, soit 30 ans après sa découverte. Elle a été transférée à Arles et traitée pendant 18 mois, par l'initiative d'Alain Lacroix, président du directoire de la CEPEC.

Alain Lacroix, le mécène, et Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, inaugurent l'ancre. - Radio France
Alain Lacroix, le mécène, et Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, inaugurent l'ancre. © Radio France - Victoria Koussa

"Le geste symbolique que nous venons de réaliser est chargé d'histoire, mais aussi d'émotion, tant ce vestige du XVIIIe siècle porte en lui la mémoire d'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de notre ville, l'effroyable épidémie de peste qui décima Marseille en 1720 et dont le Grand Saint-Antoine, navire de commerce d'étoffes, fut le terrible déclencheur", a prononcé Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire Les Républicains de Marseille, lors d'un discours.