Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs

L'histoire du plus grand groupe punk sarthois

jeudi 8 octobre 2015 à 20:35 - Mis à jour le jeudi 8 octobre 2015 à 20:47 Par Julien Jean, France Bleu Maine

30 ans après ses débuts, Nuclear Device retrace son histoire dans un livre : "45 révolutions par minute". Aux côtés des Bérurier noir et Ludwig Von 88, le groupe manceau est considéré comme un pionnier du mouvement rock alternatif en France.

- © 2015 - Association La Boîte à Outils

Le Mans, France

Avec Ludwig Von 88 et les Béruriers noirs, c'était l'un des groupes précurseurs du mouvement "Punk - rock alternatif" en France. Les Manceaux de Nuclear device retracent leur histoire dans un livre intitulé "45 révolutions par minutes" accompagné d'un CD de 20 titres marquants (édité par Libertalia et La Boîte à outils). De 1982 à 1989, ces 4 copains, comparés aux Clash, ont écumé les scènes, les bars, les squats et les MJC partout en France et jeté les bases d'un genre musical mêlant rock, latino et reggae.

On a eu envie de raconter toute cette tranche de vie. On a vécu 7 ans d'une pure folie.

A l'origine, il y a deux frères, Patrick et Pascal Carde, le leader et chanteur de Nuclear Device. "On a commencé chez nos parents dans le garage. Puis dans un local de répét' prêté par la mairie d'Allonnes". Et à la fin de leur adolescence, ils sont frappés par un nouveau son venu de Grande Bretagne : "On s'est vraiment retrouvé en phase avec le mouvement punk et notamment The Clash qui était un groupe assez militant avec des influences sud américaines et du reggae". Premiers concerts et premiers albums avec des moyens limités : "A l'époque il n'y avait pas internet. Les maquettes des disques, les flyers, tout ça c'était fait à la photocopieuse, aux ciseaux et à la colle, c'était une autre époque. C'était do it yourself".

Nous voulions faire des choses en dehors du système. C'était ça le mouvement rock alternatif.

Le groupe manceau commence à tourner et à sortir des vinyles mais pas question de rentrer dans le système de l'industrie du disque : "Il y avait une volonté de faire les choses différemment. On refusait par exemple de signer nos morceaux à la Sacem, qui représentait le système et les grosses locomotives. On ne voulait pas vendre des disques et filer le fric à Johnny Hallyday". Il y avait également une dimension politique avec l'arrivée de Mitterrand et des socialistes au pouvoir en 81 précise Pascal Carde : "C'était aussi l'arrivée du FN. Je me souviens qu'on faisait pas mal de concerts de soutien au Scalp (ndlr : Section anti Le Pen) On avait la rage au ventre, on voulait changer le monde" mais "Quand on voit la présence aujourd'hui du Front national, on se dit que ça n'a pas servi à grand chose".

Aucun(e)
- © 2015 - Association La Boîte à Outils

On n'a plus envie de faire des concerts. Cela n'aurait pas de sens aujourd'hui.

Désormais les membres des Nuclear Device ont rangé les guitares. Quinquagénaires, Chefs d'entreprises, pères de famille, ils sont passés à autre chose, à une vie plus calme. "C'était un peu la suite logique. On a monté des boites alors bien sûr, il y a plein de gens qui nous disent les Nuclear, c'était des gauchistes et ils sont devenus des capitalistes". Mais Pascal Carde assume complètement : "Mes convictions sont les mêmes. Et puis un groupe de musique, c'est un peu une petite entreprise. Donc c'est une évolution naturelle".

Aujourd'hui, l'amitié est toujours là. Ils sont encore "potes". En revanche, plus de concert. "Je n'ai pas envie et les autres non plus. J'ai vu trop de vieux groupes remonter sur scènes, c'est pathétique. On a le sens du ridicule mais on a pas envie de ça... et plus l'énergie. Et puis c'était contextuel, ça correspondait à une époque et ça n'aurait plus vraiment de sens aujourd'hui".

Les membres de Nuclear Device seront en dédicace samedi 10 octobre, à 15h, à la librairie l'Herbe entre les dalles, au Mans 7 rue de la Barillerie. Ils organisent aussi un Soundsystem à partir de 21h au Barouf également au Mans, rue Victor Bonhommet.   

Interview de Pascal Carde