Culture – Loisirs

L'oeuvre du peintre Emile Friant, remise en lumière au musée des Beaux-Arts de Nancy

Par Isabelle Baudriller, France Bleu Sud Lorraine mercredi 2 novembre 2016 à 17:27

Le directeur du musée, Charles Villeneuve de Janti, devant des autoportraits de Friant
Le directeur du musée, Charles Villeneuve de Janti, devant des autoportraits de Friant © Radio France - Isabelle Baudriller

Le musée des Beaux-Arts de Nancy propose à partir de vendredi 4 novembre une importante exposition consacrée à Emile Friant. Deux cent cinquante tableaux, dessins et gravures venus de collections publiques et privées. Trois ans auront été nécessaires pour monter cette exposition.

C'est l'une des expositions phares de la fin de l'année en Lorraine. Le musée des Beaux-Arts de Nancy rend hommage à un artiste nancéien, en la personne d'Emile Friant (1863-1932). Deux cent cinquante oeuvres sont présentées à partir de ce vendredi. Elles proviennent du fonds propre du musée mais aussi du musée d'Orsay à Paris ou de collections publiques et privées des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d'Allemagne.

"Nous avons eu un choix très important après avoir lancé un appel dans la presse pour essayer de retrouver des Friant qu'on connaissait mais qu'on n'avait pas localisés", explique Charles Villeneuve de Janti, le directeur du musée.

C'est toujours douloureux de faire des choix. Ils sont aussi parfois budgétaires car nous travaillons dans un cadre bien défini"

L'envers du décor - Radio France
L'envers du décor © Radio France - Isabelle Baudriller

A quelques heures de l'ouverture au public, les salles d'exposition sont encore encombrées de caisses, de tables, de projecteurs, d'échelles et d'outils. Sous le regard de Florence Portallegri, régisseur, mille et une précautions sont prises pour sortir les tableaux et les accrocher. "On utilise des gants pour manipuler les oeuvres et éviter de laisser des traces." Et les visiteurs qui s'approchent un peu trop près des tableaux ? "Pour le régisseur, c'est le pire ! On aurait envie d'avoir un gardien par tableau ou presque", confie celle qui se considère, aussi, comme une privilégiée lorsqu'elle découvre en avant-première une huile confiée par un collectionneur américain.

Elle n'avait jamais été montrée. Quand on ouvre, il y a un petit stress parce qu'on se dit : "pourvu qu'il n'y ait rien d'abîmé". Après, quand tout est vérifié, on a le temps de s'émerveiller. Il n'y a rien de tel que de voir l'oeuvre en vrai"

L'exposition répond à une scénographie très précise - Radio France
L'exposition répond à une scénographie très précise © Radio France - Isabelle Baudriller

Le musées des Beaux-Arts dispose de quinze jours pour installer l'exposition. Un laps de temps assez court car "les prêteurs veulent se séparer le moins longtemps possible des oeuvres", sourit Charles Villeneuve de Janti. En amont, il aura fallu trois ans pour rassembler la collection présentée jusqu'au 27 février 2017.

"La Toussaint" d'Emile Friant est couronnée de la médaille d'or lors de l'Exposition universelle de 1889 à Paris - Maxppp
"La Toussaint" d'Emile Friant est couronnée de la médaille d'or lors de l'Exposition universelle de 1889 à Paris © Maxppp - maxppp

A travers des portraits mais aussi des scènes préhistoriques et des caricatures, le public pourra goûter la diversité de l'oeuvre d'Emile Friant. Un artiste connu notamment pour "La Toussaint", tableau monumental médaillé d'or lors de l'Exposition universelle de 1889 à Paris, mais pas suffisamment reconnu, selon le directeur du musée. "Il arrive à un grand moment de bouleversement dans l'art. Friant va connaître les révolutions de l'Impressionnisme, du Fauvisme, du Cubisme. Quand il meurt en 1932, il appartient déjà au passé. Quelque part, il avait déjà été oublié de son vivant". L'exposition "Emile Friant, le dernier naturaliste ?" entend donc lui rendre justice.