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Culture – Loisirs

La 45ème fête des louches du canonnier Gilbert Durnez

vendredi 12 octobre 2018 à 6:05 Par Adrien Toffolet, France Bleu Nord

Il est l'âme discrète de la fête des louches de Comines. Gilbert Durnez, canonnier et homme à tout faire de la confrérie fête cette année ses 80 ans, dont 45 au sein du comité. Rencontre.

Chez lui, avec le tableau et la louche offerts par la confrérie.
Chez lui, avec le tableau et la louche offerts par la confrérie. © Radio France - Adrien Toffolet

Comines, France

Il avoue ne pas trop aimer être mis en lumière. Peut-être par humilité. Pourtant, il accepte de parler de lui cette année. Peut-être par respect pour le comité de la fête des louches qui a décidé de lui rendre hommage, après 45 ans de bon et loyaux services, et ils l'espèrent, les nombreuses années à venir.

Fidèle au poste depuis 40 ans

Canonnier, c'est l'un des postes clés de cette fête qui a lieu tous les ans à Comines depuis 1884. Depuis le temps, plusieurs personnes ont tenu ce rôle. Mais ces 40 dernières années, c'est toujours le même qu'on retrouve, fidèle au poste. Gilbert Durnez, 79 ans, et bientôt 80 ans en décembre. 

Vous l'avez peut-être déjà croisé si vous êtes venu à la fête. Un costume de soldat du Moyen-Age, un casque sur la tête, un sourire aux lèvres derrière un canon posté sur un char. Gilbert, un belge venu en France en 1968 pour travailler comme concierge. Mais le hasard a voulu que ses patrons fassent partie du comité des louches. Lui qui connaissait cette tradition, comme de nombreux belges qui traversent souvent la frontière pour y participer, petit à petit, a commencé à filer un coup de main, pour le montage des chars, pour habiller les géants. Finalement, comme il vivait en France, il a été intégré au comité. C'était il y a 45 ans.

Tirer au canon, il aime, mais il aime "surtout l'ambiance et participer, être présent, tout simplement". Sa femme Josiane s'amuse tout de même à le comparer à "un enfant qui prépare un mauvais coup", quand par exemple il se place derrière l'église, et tire les deux coups traditionnels au moment de la remise des clés de l’hôtel de ville au comité des louches. 

Je ne tire jamais quand il y a du monde, j'attends. On ne sait jamais, un accident est vite arrivé.

Un enfant tout de même prudent, qui a appris avec son prédécesseur. "Avant, il fallait faire très attention en tirant en l'air car il y avait les câbles électriques au dessus de la route", se souvient-il. Désormais, c'est aux participants qu'il doit se méfier : "aujourd'hui les gens ne font pas attention ou se mettent volontairement devant le canon et crient pour demander qu'on tire. Mais c'est trop dangereux. Je ne tire jamais quand il y a du monde, j'attends. On ne sait jamais, un accident est vite arrivé."

Il n'y a que deux catégories de participants à qui ils ne fait pas attention et s'en amuse : "les chiens ne m'aiment pas... Ni les oiseaux... Tous les animaux. Pareil pour les bébés en poussette. Mais que voulez-vous que je fasse..."

160 000 louches en 40 ans

Le canon c'est la partie visible et surtout audible, du travail de Gilbert Durnez. Mais il est aussi responsable des louches. Les fameuses louches en bois qui sont lancées à la foule et que petits et grands tentent d'attraper. 4000 en tout, marquées une à une au fer rouge des armoiries de la confrérie et du millésime, par Gilbert en personne depuis 40 ans. 160 000 louches marquées minutieusement par le canonnier. 

Pour Josiane d'ailleurs, cette passion, c'est synonyme de bons moments comme "le repas en famille le dimanche avant la parade", mais aussi un désagrément majeur : "il est arrivé qu'il y ait des louches partout dans la maison. Le temps qu'il les marque au fer. Des louches dans le grenier, dans la véranda, dans le salon, partout... Bon c'était de bon moments quand même !" Gilbert lui s'en amuse. Il avoue ne pas savoir jeter. Il garde tout ce qui à un rapport avec la fête.

"Toutes les photos, tous les extraits de journaux, tous les souvenirs... Tout est dans mon grenier. Un grenier de souvenirs... Et de louches ! Je dois en avoir plus de 4000", explique t-il un peu nostalgique. Une partie de la mémoire de cette fête se trouve dans sa maison.

Immortalisé sur l'affiche de la fête

A presque 80 ans, il espère ajouter beaucoup d'autres souvenirs à sa collection. Lui qui a été victime d'un AVC il y a 6 mois, n'a pas retrouvé toutes ses facultés. Sa main reste handicapée mais il espère retrouver toutes ses capacités rapidement. En attendant, son fils aîné, lui aussi membre du comité, l'a beaucoup aidé. C'est devenu une affaire de famille, une tradition. Ce weekend, il ne sera malheureusement pas debout mais assis à côté du canon sur le char, et il sera assisté de quelqu'un pour tirer. 

Avant même ses pépins de santé, le comité avait décidé de rendre lui rendre hommage. C'est Gilbert que l'ont voit, en dessin, immortalisé sur l'affiche de la fête. Ils lui ont d'ailleurs offert une version en peinture de cette affiche qu'il garde précieusement chez lui. 

L'affiche de l'édition 2018 de la fête des louches - Aucun(e)
L'affiche de l'édition 2018 de la fête des louches