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La capsule temporelle du musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal est en place

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Par , France Bleu Isère
Saint-Romain-en-Gal, France

A Saint-Romain-en-Gal, la capsule temporelle du musée gallo-romain accueille les messages destinés au futur. Imaginée à l'occasion des 50 ans du site archéologique, elle a été ensevelie au fond d’une cave de la maison des dieux Océan, le 24 juin.

La capsule temporelle parée pour son voyage dans le temps
La capsule temporelle parée pour son voyage dans le temps © Radio France - Jacky Page

Le 8 juin, la cuve en béton de cinq mètres cubes avait été déposée précautionneusement par une grue, au fond d’une fosse soigneusement choisie, puisqu’il s’agissait à l’origine d’une ancienne citerne gallo-romaine transformée par la suite en cave, dans l’enceinte de la maison des dieux Océan. Cette riche propriété de près de 3000 mètres carrés tire son nom d'une mosaïque représentant quatre têtes du dieu Océan. C'est l’un des joyaux de ce quartier antique mis en valeur par le musée. Découverte et fouillée il y a trente ans, la cave avait été ensuite remblayée par les archéologues. Elle a donc été rouverte pour accueillir la solide cellule de béton.

Tout un symbole pour Jean-Luc Prisset, attaché de conservation en charge de l'entretien des vestiges archéologiques : « Ce lieu qu’on avait fouillé puis remblayé n’avait plus de mémoire. C’était un trou de mémoire. Dans la capsule, on va mettre la mémoire du temps présent que l’on va transmettre aux archéologues du futur, avec des messages qui leur permettront de savoir à quoi pensaient les gens. » Ces archéologues du futur sont ceux qui seront en activité en 2067, puisque la réouverture de la capsule est prévue dans cinquante ans.

Une citation de Jean Cocteau sur le couvercle

La cuve a été décorée par des élèves du lycée Ella Fitzgerald, membres d’un club de street art. Nicolas et ses camarades regardent une dernière fois leur œuvre descendre dans la fosse. Sur un fond jaune et rose figurent des personnages. « Il y a d’un côté de la cuve quelqu’un qui envoie un message, avec l’année 2017, et de l’autre côté c’est en 2067 celui qui reçoit le message. » L’idée les a séduits et motivés, comme en témoigne Romain : « le fait d’inscrire quelque chose qui va être ouvert dans cinquante ans, et qui va pouvoir avoir une suite quelque part, c’était vachement intéressant, et ça donne une autre dimension aux graffitis ». Sur l'épais couvercle de la cuve, une phrase de Jean Cocteau, de circonstance, a été tracée en grandes lettres : "le temps des hommes est de l'éternité pliée". Les jeunes ont réalisé une vidéo pendant toute la durée de leur travail. Ils filment chaque étape du projet, dont la pose au fond de la cave. Une copie du film sera déposée dans la capsule temporelle.

Une boîte en plastique contient des messages que des jeunes vont également placer dans la cuve. Hugo, lui aussi lycéen à Saint-Romain-en-Gal, a préparé une fiole en verre avec son surnom gravé dessus. A l’intérieur, il glissera un mot et quelques menues affaires personnelles. « A l’ouverture en 2067, je ne sais pas si on sera tous encore en vie. Si ce sont mes enfants qui ouvrent mon message, je pense qu’ils vont beaucoup rire, c’est un petit clin d’œil à la famille. »

Sur le couvercle, une phrase bien choisie
Sur le couvercle, une phrase bien choisie © Radio France - Jacky Page

Un projet intergénérationnel

Ludivine Capra, 23 ans, est étudiante en archéologie à Lyon. A ce titre elle a participé à la préparation du projet de capsule temporelle, en retrouvant la trace des stagiaires qui ont travaillé sur les fouilles de Saint-Romain-en-Gal. Certains ont persévéré dans l’archéologie, d’autres ont changé de voie. Ludivine, elle, sait qu’il est difficile de trouver un emploi de nos jours dans la branche qu’elle a choisie. Elle songe au jour, dans un demi-siècle, où on ouvrira la capsule, et espère que d’ici-là, l’archéologie se sera bien portée. Martine Publié, vice-présidente du conseil départemental du Rhône déléguée à la Culture et au Tourisme, reconnaît qu’au début, quand l’idée de la capsule temporelle lui a été soumise, elle l’a trouvée curieuse. A présent, elle se dit littéralement « scotchée » par le caractère intergénérationnel du concept. « On avait nos anciens avec tout le passé du musée qu’ils connaissent bien, on avait des archéologues. Et puis on a eu les jeunes graffeurs. Tous autour d’un même projet ».

Le samedi 24 juin, des objets et des messages pour les générations futures ont été déposés dans cette vaste capsule temporelle, qui a été ensuite scellée et recouverte de terre. Il n'y a plus désormais qu'à laisser le temps passer.

Saint-Romain-en-Gal, dans le Rhône, et Vienne, en Isère
Saint-Romain-en-Gal, dans le Rhône, et Vienne, en Isère © Radio France - Denis Souilla
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