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Culture – Loisirs

La citadelle Vauban de Blaye menace de s'effondrer

lundi 2 novembre 2015 à 8:20 Par Gil Rebecca, France Bleu Gironde et France Bleu

Entre les artisans qui fuient le site et la ville de Blaye qui se désengage, par manque de moyens financiers, les travaux dont la citadelle a bien besoin ne trouvent toujours pas les investissements nécessaires à sa survie.

Les artisans fuient les casernements de la citadelle de Blaye
Les artisans fuient les casernements de la citadelle de Blaye © Radio France - Rebecca Gil

Blaye, France

La citadelle Vauban de Blaye est dans une immense impasse. L'état de cet immense édifice de pierres de plus de 25 hectares datant XVIIe siècle se dégrade au fur et à mesure des années. Il suffit de se balader au niveau des remparts pour se rendre compte de l'état de délabrement de la pierre : le calcaire s'effrite et l'érosion est en train de saper la roche. Rien que pour consolider la falaise prête à s'effondrer, il faut compter 2 millions d'euros. 

Alors qui réglera la facture du coût immense des travaux ? C'est la grande question. Estimé à 15 millions d'euros en 1989, il fait aujourd'hui le double. En 2008, l'attribution du label UNESCO à la citadelle a progressivement changé la donne. La fréquentation est passée en un an de 380 à 440 000 visiteurs par an. Mais pour autant, le compte n'y est pas.

La citadelle de Blaye, patrimoine unique classé à l'UNESCO depuis 2008 - Radio France
La citadelle de Blaye, patrimoine unique classé à l'UNESCO depuis 2008 © Radio France - Rebecca Gil

Longtemps propriété de l'Etat, la citadelle a été rachetée par la commune en 1954. La municipalité désargentée à cause (entre autres) des baisses de dotations de l'Etat ne peut plus payer. Elle a alors demandé aux artisans de la citadelle de mettre la main au portefeuille pour participer au coût de sa restauration. Le maire a mis fin au système de convention qui les liait à la municipalité durant un an, renouvelable chaque année pour la remplacer par une nouvelle, d'une durée de 30 ans. Une solution qui ne satisfait pas les artisans qui se sentent pour la plupart pris au piège.

Signer ou partir

C'est en quelque sorte un ultimatum que la mairie a adressé aux artisans de la citadelle: signer la nouvelle convention ou faire ses cartons et trouver un autre endroit pour vivre dès janvier 2016. Après avis d'un expert (avocat), beaucoup ont décidé de refuser de signer, estimant qu'il s'agit en fait "d'un chèque en blanc adressé tout droit à l'attention de Mr le maire" explique Jean Cluzier, verrier.

Jean Cluzel, verrier dans son atelier - Radio France
Jean Cluzel, verrier dans son atelier © Radio France - Rebecca Gil

On n'a pas les moyens et les banques refusent de nous prêter de l'argent

— Emilie Baudrais, mosaïste

Ce qui pose problème au fond, ce sont les moyens financiers, absents d'un côté comme de l'autre. "Être maître d'oeuvre des travaux de rénovation et gérer son activité en même temps, ce n'est pas possible. Et puis de toute façon les banques ne prêtent pas aux auto-entrepreneurs, ce qui est notre cas. De plus, on ne sera pas vraiment propriétaires puisque dans 30 ans on doit rendre les lieux. C'est à la ville de prendre ses responsabilités, ce site est classé UNESCO, on peut trouver des financements, il suffit de les chercher." Trop de contraintes donc dans un contrat qui ne leur donne pas confiance.

Emilie Baudrais, mosaïste dans son atelier qu'elle quittera bientôt - Radio France
Emilie Baudrais, mosaïste dans son atelier qu'elle quittera bientôt © Radio France - Rebecca Gil

Le maire s'en défend: "depuis 30 ans, nous fonctionnons avec une convention précaire, renouvelable chaque année. Et depuis 30 ans, aucun artisan ne s'est engagé dans le coût des travaux. Alors on essaie une autre solution, on n'a plus le choix. On comprend bien que les artisans ne sont pas ceux qui ont le plus de moyens, il y a tout de même 16 000 euros Hors Taxes par casernement à sortir, dont 40% sont tout de même pris en charge par la DRAC. Mais chacun doit prendre ses responsabilités. Aujourd'hui, c'est une page qui se tourne, un nouveau chapitre qui commence."

Pour Denis Baldès, chacun doit prendre ses responsabilités

Quel avenir pour cette citadelle au patrimoine unique ?

Seuls cinq artisans ont accepté de signer la nouvelle convention, estimant qu'elle est plutôt à leur avantage en termes de loyer. En ce qui concerne l'avenir, un appel à projets a été lancé par la municipalité. 13 porteurs de projets ont d'ores et déjà déposé leurs candidatures. Elles sont en ce moment étudiées par les élus et le conseil municipal, et seront rendues publiques dès la mi-novembre.