Culture – Loisirs

Belfort: la halle Sernam ne sera pas rasée

Par Yassine Khelfa M'Sabah et Emilie Pou, France Bleu Belfort-Montbéliard jeudi 22 octobre 2015 à 15:45

La halle Sernam ne sera pas rasée
La halle Sernam ne sera pas rasée - Thomas Bresson – Creative Commons

Le tribunal administratif de Besançon a confirmé ce jeudi son classement comme monument historique estimant, une nouvelle fois, que le bâtiment est un des derniers témoins des bâtiments industriels et commerciaux du XXe siècle dans la région.

La SNCF voulait la raser pour faire un parking. Elle ne pourra pas. Le tribunal administratif de Besançon a confirmé ce jeudi le classement en monument historique de la vieille halle des messageries de la gare de Belfort. Ce que les belfortains appellent la halle Sernam et qui est située juste à côté de la gare. Le classement avait été prononcé en janvier 2014  et il était contesté par la SNCF elle-même. Le tribunal a réaffirmé que "la structure du bâtiment constitue un témoin architectural de la construction des bâtiments industriels et commerciaux de la première moitié du XXe siècle dans la région". 

Dès qu'il y a classement, les règles de restauration sont très strictes 

La SNCF ne pourra donc pas faire ce qu'elle veut du bâtiment. Lorsqu'il y a classement, "il y a des règles très strictes à observer" explique Pascal Migneret, le conservateur régional des monuments historiques. "On ne peut plus le démolir. Il faut respecter ce qu'était le bâtiment à son origine, employer les mêmes matériaux qu'à l'origine, la même forme. Tout ce qui fait son intérêt patrimonial". "Dans le cas de la halle Sernam il faut garder les structures en béton armé et les auvents situés de chaque côté". 

La SNCF doit décider de ce qu'elle veut faire du bâtiment conservé

Les restaurations se feront donc sous la conduite et le contrôle de la direction régionale des monuments historiques, en lien avec la SNCF. L'Etat, propriétaire de la halle, financera les travaux. Selon une étude conduite l'an dernier, ils pourraient s'élever à 2,3 millions d'euros. "Mais c'est une fourchette haute" d'après Pascal Migneret "si on procède à une restauration complète". Tout dépendra de ce que voudra faire le gestionnaire, la SNCF, du bâtiment conservé. Un accueil pour des voyageurs, des boutiques... pour l'instant, elle ne souhaite pas communiquer sur le dossier. Les travaux pourraient commencer dans six mois. 

Pascal Migneret est le conservateur régional des monuments historiques