Culture – Loisirs

La Nao Victoria de Magellan fait escale à Saint-Malo

Par Camille Revel, France Bleu Armorique dimanche 11 septembre 2016 à 10:14

La Nao Victoria, réplique du bateau mythique de Magellan, fait escale à Saint-Malo.
La Nao Victoria, réplique du bateau mythique de Magellan, fait escale à Saint-Malo. © Radio France - Camille Revel

Une réplique de la Nao Victoria, vaisseau de Magellan et premier bateau à faire le tour du monde, fait étape à Saint-Malo du 6 au 11 septembre. A son bord, douze membres d'équipage, Italiens ou Espagnols, prêts à faire visiter ce bateau-musée aux curieux.

Ils sont cinq au départ du port de Séville en 1519  : cinq navires lancés sur la route des épices, sous le commandement du navigateur portugais Magellan. Un seul revient en 1522, après avoir complété le premier tour du monde : la Nao Victoria. Une réplique de ce bateau mythique a été construite pour l'exposition universelle de Séville, en 1992, elle appartient à une association à but non lucratif, et elle a fait son propre tour du monde entre 2004 et 2006 : elle parcouru 26 000 miles nautiques et visité 17 pays. Aujourd'hui, cette caraque - c'est le nom de ce vaisseau -- continue à naviguer de port en port, mais elle est devenue un bateau-musée, dont la visite permet d'effectuer un voyage dans le temps.

Un bateau-musée qui retrace 500 ans d'histoire

La Nao Victoria est presque identique à son illustre ancêtre : trois mâts, la grand voile, une coque arrondie, un drapeau espagnol qui flotte au vent, la même couleur pétrole que l'originale, et les mêmes dimensions : 27 mètres de long pour 7 mètres de large. C'est d'ailleurs la petite taille du bateau qui frappe en premier les visiteurs, des escaliers au coin couchette.

A bord de la Nao Victoria, des objets du quotidien des marins du XVIe siècle - Radio France
A bord de la Nao Victoria, des objets du quotidien des marins du XVIe siècle © Radio France - Camille Revel

A son bord, des panneaux explicatifs et une vidéo retrace le parcours de Magellan et son équipage. Quelques objets donnent une idée du quotidien des marins au XVIe siècle : des parchemins, une armure, un casque. La réplique de la Nao Victoria n'est pas totalement conforme à l'originale : elle est équipée de deux petits moteurs, pour faciliter la tâche de ses marins - et d'éléments de navigation moderne : question de sécurité.

Embarquement à bord de la Nao Victoria

A bord, douze membres d'équipage, volontaires ou marins professionnels

Au temps de Magellan, 45 marins composaient l'équipage de la Nao Victoria. Aujourd'hui, ils ne sont plus que douze, Espagnols ou Italien, comme Marco. Ce marin amateur de 31 ans a embarqué début août sur la Nao Victoria : un souvenir inoubliable :"J'étais fou de joie : c'était la première fois que je prenais la mer. Voir le bateau sur les flots, lever les voiles, c'est incroyable, je n'ai pas les mots pour l'expliquer."

L'équipage dort dans des couchettes, dans la cale . Les conditions de vie à bord ont bien changé à 500 ans : autrefois, cet espace était réservé aux épices, à la nourriture et à l'eau, les marins dormaient sur le pont. "C'est confortable", assure Marco, "même si parfois on prend un peu l'eau quand on navigue : il faut laver les matelas régulièrement".

Reportage avec l'équipage de la Nao Victoria

Une seule femme navigue sur la Nao Victoria : Alicia, une jeune Espagnole de 25 ans - toujours amusée des questions des visiteurs , qui porte plus sur son quotidien que sur Magellan : "Les gens nous demandent : "mais vous vivez pour de vrai ici ?" "mais où est-ce que vous dormez, ou est ce que vous mangez ?" Ils sont curieux ! Les petits demandent : "est-ce que c'est un bateau pirate ?".

La couchette de Marco à bord de la Nao Victoria  - Radio France
La couchette de Marco à bord de la Nao Victoria © Radio France - Camille Revel

Après son escale à Saint-Malo, la Nao Victoria lève les voiles le dimanche 11 septembre : direction le Havre, où elle doit arriver trois jours plus tard.