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Culture – Loisirs

La Seconde Guerre mondiale à Évreux vécue par un enfant de huit ans

L'autrice Gertrude Dordor publie "Le journal d'Henri 1939-1945" aux éditions Belin Jeunesse. Dans cet album, l'Ébroïcienne a recueilli les souvenirs de son frère Henri, qui, pendant cinq ans, raconte son quotidien à Évreux pendant la Seconde Guerre mondiale alors que son père est mobilisé.

Le journal d'Henri relate le quotidien d'un petit garçon pendant la seconde guerre mondiale à Évreux
Le journal d'Henri relate le quotidien d'un petit garçon pendant la seconde guerre mondiale à Évreux © Radio France - Laurent Philippot

Évreux, France

Ce sont les questions de deux aînés de ses petits-enfants alors qu'ils étaient sur les plages du Débarquement qui ont donné à Gertrude Dordor l'idée de ce nouvel album, Le journal d'Henri 1939-1945, aux éditions Belin Jeunesse. "J'adore l'histoire, j'adore leur raconter l'histoire de France" dit-elle, "et quand ils m'ont posé des questions sur la guerre, j'étais assez imprécise". L'autrice (née en 1946) a donc interrogé son frère aîné Henri qu'elle vieillit de deux ans dans son récit. 

Le quotidien d'un petit garçon

Henri a aujourd'hui 85 ans, mais Gertrude Dordor a été marquée par les souvenirs extrêmement précis de son frère aîné, "des choses qu'on n'a pas l'habitude de lire", explique-t-elle. Des souvenirs à hauteur d'enfant -"un petit garçon un peu réservé, qui n'était pas bravache et qui avait la trouille des Boches"- comme la préoccupation qu'il a de libérer les lapins de leurs clapiers pour qu'ils aient à manger juste avant l'exode à Crazannes, en Charente-Maritime. Ce journal, c'est le quotidien d'un enfant avec les joies de l'école, les vacances d'été qu'il trouve parfois trop longues, le lait qu'on va chercher à la ferme de Cambolle ou les biftecks sans viande inventés par maman en raison du rationnement.  

Évreux ravagée par les bombardements

Le 9 juin 1940, les bombes pleuvent sur Évreux. La population trouve refuge dans les grottes de Saint-Michel.  "Les vrombissements ont redoublé. Ça canardait de partout, la maison tremblait, des carreaux explosaient" peut-on lire dans le journal d'Henri. La maison familiale, rue Victor Hugo, est touchée. 

"La maison est debout mais elle a quand même pris une bombe quand ma famille était dans la cave. Il y avait un séquoia magnifique qui a trinqué, les communs, le poulailler, tout ça, ça a sauté" - Gertrude Dordor

Cet épisode de la cave, l'autrice en a entendu parler toute son enfance. Son frère Michel ne rentre pas dans la cave avec le reste de la famille pour se mettre à l'abri car il veut voir les avions, "je n'imaginais pas le traumatisme pour ma mère quand elle retrouve son plus jeune fils qui faisait des sauts de cabri mais qui était terrorisé" relate l'écrivaine. Ce qui a frappé Gertrude Dordor quand son frère Henri lui en a parlé, "c'est l'intensité du drame" vécu par sa mère. Le lendemain des bombardements, la famille quitte Évreux pendant presque trois mois. 

La maison où Henri et sa famille habitaient pendant la guerre, dans le centre ville d'Évreux  - Radio France
La maison où Henri et sa famille habitaient pendant la guerre, dans le centre ville d'Évreux © Radio France - Laurent Philippot

"La gare était une montagne de pierres et de carreaux cassés" - Henri

À leur retour, c'est un spectacle de désolation qui s'offre au regard de la famille. "Dans la descente de la route de Paris", raconte Henri, "tant de maisons s'étaient effondrées que la voiture passait difficilement entre les gravats". Maisons et magasins sont détruits. Sur la façade de l'hôtel de ville, intact, flotte le drapeau nazi, conservé depuis au musée d'Évreux. 

Après les bombardements du 9 juin 1940, il ne reste plus grand chose d'Évreux. Illustration de Benjamin Bachelier - Radio France
Après les bombardements du 9 juin 1940, il ne reste plus grand chose d'Évreux. Illustration de Benjamin Bachelier © Radio France - Laurent Philippot

Gertrude Dordor, invitée de France Bleu Normandie, interrogée par Yves-René Tapon

Le journal d'Henri 1939-1945 de Gertrude Dordor, illustré par Benjamin Bachelier, est publié chez Belin Jeunesse. La Seconde Guerre mondiale est au programme de CM2. Sa lecture est recommandée à partir de 9 ans. 

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