Culture – Loisirs DOSSIER : On tourne en Limousin....Un Village français

La série "Un village français", huit ans de tournage et d’anecdotes en Limousin

Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin jeudi 4 août 2016 à 18:15

Drapeau français contre drapeau nazi place du Présidial à Limoges
Drapeau français contre drapeau nazi place du Présidial à Limoges - © Pôle cinéma Limousin-William Windrestin

Toute cette semaine, nous nous intéressons à la série télé "Un village français" dont les extérieurs sont tournés, depuis huit ans, en Limousin. Nous terminons ce vendredi par les souvenirs et les anecdotes accumulées au fil des années, alors que cette grande aventure humaine se termine dans un an.

Tourner des scènes avec des soldats du 3e Reich sur une ancienne terre de résistance, cela a forcément provoqué quelques scènes cocasses. Laurent Cavalier, le directeur de production, se souvient d'une séquence récurrente place du Présidial à Limoges :"Plusieurs fois par an, on faisait un extérieur de la Kommandantur, le centre de commandement allemand. Et donc l'équipe déco déployait un énorme drapeau nazi. Il y a un messieurs qui habite juste en face sur la place. Et à chaque fois que l'on déployait ce drapeau nazi, il accrochait son drapeau bleu blanc rouge à la fenêtre."

Des volets qui se ferment à l'arrivée d'une fausse division allemande

Il y a aussi eu cette journée lors de laquelle un preneur de son a fait un passage éclair mais remarqué dans un hameau haut-viennois. Il avait besoin de bruits de bottes. Là aussi, le retour des soldats allemands a entraîné quelques vieux réflexes chez les habitants. Pierre Bonnet est le régisseur qui les accompagnait :"On avait une petite division de soldats allemands qui claquaient bien des bottes en marchant avec à côté le preneur de son. Et les quelques habitants du village ont tous naturellement fermés leurs volets. Ils ont juste regardé à travers les persiennes. On a senti que dans la mémoire collective des gens,  cela créait encore quelque chose chez eux, même si ils savaient que l'on était là pour le tournage."

La présence de faux soldats allemands a parfois réveillé certains réflexes - Aucun(e)
La présence de faux soldats allemands a parfois réveillé certains réflexes - © Pôle cinéma Limousin-William Windrestin

Patrick Figueras est le chef cuisinier de l'équipe. Il raconte un moment très spécial. Quand après une longue séquence sur la rafle des juifs, les nombreux figurants présents se sont mis à chanter "Nuit et brouillard" de Jean Ferrat :"C'était extraordinaire. Au clap de fin de cette séquence, dont le tournage a duré toute une semaine, les figurants, environ 150, se sont mis à chanter Nuit et Brouillard. C'était très émouvant. Et le réalisateur de l'époque, l'un des créateurs de la série, Philippe Tribois, je l'ai vu les larmes aux yeux, et il n'était pas le seul."

Quoi de mieux que le bœuf du Limousin pour changer les mauvaises habitudes alimentaires !

Patrick Figueras dit "Figu", le plus connu des chefs de cuisine du cinéma français, a une autre anecdote à propos de Philippe Tribois :"C'est un type sympa et j'aime beaucoup son travail et les épisodes qu'il a tourné sont vraiment très biens. Mais il était très emmerdant à la cantine. Au début, il fallait lui préparer des omelettes tous les jours. Un jour, j'ai cuisiné un filet de bœuf du Limousin extraordinaire. Je lui dit, "Philippe j'ai ça, mais vous n'en prenez pas, je vous prépare une petite omelette". Il me regarde et me dit, "là quand même, t'es dur !" Je lui répond, "mais Philippe, ça fait cinq semaines que vous mangez des omelettes. On va pas arrêter maintenant parce que y'a du filet de bœuf du Limousin". Alors il va s’asseoir et m'envoie le directeur de production qui me demande si je peux pas lui faire quand même un petit morceau. J'ai dit oui et après ça, alors qu'il a fait trois ou quatre saisons, je n'ai plus eu besoin de lui préparer une seule omelette !"

Et des anecdotes savoureuses, il y en a aussi eu au Château Fongeaudrant où les chefs de service venus de Paris prennent leur quartier avec leurs assistants depuis six ans. Isabelle Lepetit est la régisseuse générale du Château :"A chaque fois qu'ils sont là, c'est la fête pratiquement tous les soirs. Avec parfois des fêtes mémorables, jusqu'à six heures du matin à la piscine avec des feux d'artifice et des voisins qui appellent la police. On a bien rigolé. Je n'ai que des bons souvenirs. Ils sont tous adorables." Et des anecdotes comme celles là, il y en aura certainement encore quelques unes dans un an, lorsque l'équipe viendra tourner pour la dernière fois, en Limousin.