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Culture – Loisirs

La tombe de la princesse celte de Vix commence à livrer de nouveaux secrets

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Par , France Bleu Bourgogne

L'emplacement de ce qui pourrait être une autre sépulture trouvé sous le tumulus de la princesse de Vix : c'est l'un des enseignements des nouvelles fouilles entreprises sur le site où avait été découvert en 1953 le trésor de Vix, datant du VIe siècle avant notre ère.

Un lit de grosses pierres : les vestiges d'un tumulus de 40 mètres de diamètre
Un lit de grosses pierres : les vestiges d'un tumulus de 40 mètres de diamètre © Radio France - Jacky Page

21400 Vix, France

Depuis le mois d'août et jusqu'en novembre, des équipes de l’INRAP, l’Institut national de recherches archéologiques préventives, et de l’unité de recherche ArTeHis, se succèdent à Vix, près de Châtillon-sur-Seine, là où en 1953 avait été découverte la tombe d'une princesse celte. Elle était pleine d'objets merveilleux, dont le célèbre vase de Vix, 200 kilos de bronze richement ouvragé, mais les archéologues veulent en savoir plus. Ils faisaient ce mercredi 18 septembre un point d'étape pour la presse.

Un tumulus de 40 mètres de diamètre

Les archéologues ont dégagé le pourtour du tumulus de 40 mètres de diamètre qui recouvrait la tombe. Le monument qui devait s’élever à une hauteur de 6 ou 7 mètres, avait été érigé en amenant sur place des centaines de tonnes de pierres, prélevées à plusieurs kilomètres de là. Il a rapidement, dans les siècles qui ont suivi, été démantelé, servant de carrière pour la construction notamment d’une ferme gallo-romaine à proximité. Le fait qu’il ait rapidement disparu du paysage a sans doute préservé la tombe du pillage.

Les archéologues sur le chantier - Radio France
Les archéologues sur le chantier © Radio France - Jacky Page

Aujourd’hui, il ne reste plus que sa base, composée de grosses pierres, sur une profondeur d’une cinquantaine de centimètres. Il ne faut pas creuser beaucoup pour découvrir ces vestiges, dont l’étude a déjà montré la présence d’une sorte de podium, qui aurait pu servir pour une cérémonie ou abriter une statue. Par ailleurs, l’emplacement de ce qui pourrait être une tombe plus modeste et ancienne, a été localisé sous le grand tumulus.

Une bonne partie des restes de la dame de Vix repose encore dans ce champ

Pour Dominique Garcia, le président de l’INRAP, les fouilles menées en 1953, _« c'est un peu comme si on avait ouvert un livre, conservé les images, et qu'on n'avait pas lu le texte qui les accompagnait »_. D’où l’intérêt de mener de nouvelles investigations, pour compléter nos connaissances sur ce témoin majeur du Hallstatt final (fin du Vie siècle av. J.-C. )

Le vase de Vix, un cratère en bronze de plus de 200 kilos, pièce maîtresse du trésor découvert en 1953 - Radio France
Le vase de Vix, un cratère en bronze de plus de 200 kilos, pièce maîtresse du trésor découvert en 1953 © Radio France - Jacky Page
Détail d'une anse - Radio France
Détail d'une anse © Radio France - Jacky Page

En 1953, René Joffroy avait mené les premières fouilles, en plein hiver. C’était au mois de janvier, et dans la boue. On avait extrait de la tombe les éléments du trésor exposé aujourd’hui au Musée du Pays Châtillonnais – Trésor de Vix, mais un quart seulement du squelette de la princesse celte. Catherine Monnet, conservatrice du musée, aimerait bien le compléter : « les os qui manquent sont certainement là, au fond de la chambre funéraire. Ces fouilles vont permettre d’offrir au public plus d’informations encore que ce que l’on peut proposer actuellement. » On espère aussi mieux comprendre comment était organisée la sépulture, et trouver des reste de pieux de bois, sachant que les chambres funéraires à cette époque étaient construites en bois au fond d'une fosse, avant d'être recouvertes de terre et de pierres.

Le squelette très incomplet de la Dame de Vix - Radio France
Le squelette très incomplet de la Dame de Vix © Radio France - Jacky Page

Des clous et une pièce qui intrigue

En attendant, avant même de rouvrir la tombe, le 30 septembre, les archéologues ont trouvé deux clous qu'ils ont déjà identifiés : « il s’agit de _deux clous en bronze, qui proviennent vraisemblablement du char de la dame de Vix_, qui ont donc été oubliés lors de la fouille de 1953. Le bronze n’est pas du tout corrodé, c’est tout neuf en fait, c’est assez impressionnant ».

Ces clous décoratifs, genre clous de tapissier, se trouvaient sur le char funéraire - Radio France
Ces clous décoratifs, genre clous de tapissier, se trouvaient sur le char funéraire © Radio France - Jacky Page

Et puis dans le remblai des premières investigations de 1953, il y avait une pièce romaine, qui n'a rien à voir avec l'époque du tumulus. Damien Dubuis, archéologue à l'INRAP, y voit un geste malicieux de son prédécesseur René Joffroy : « ce n’est pas un objet qui témoigne de l’occupation du site, c’est plutôt _quelque chose qui est laissé en témoignage par les archéologues qui nous ont précédés_. C’est un genre de tradition, je pense que moi je laisserai une pièce d’un euro… allez deux euros ».

Une pièce de monnaie romaine qui n'a aucun rapport avec le tumulus - Radio France
Une pièce de monnaie romaine qui n'a aucun rapport avec le tumulus © Radio France - Jacky Page

En attendant la magie de la réalité virtuelle, des portes ouvertes samedi

La communauté de communes du Pays Châtillonnais, a acheté le terrain afin de donner libre cours aux recherches archéologiques et d’éviter la dégradation du site par des labours répétés, car dans ce champ, les vestiges du tumulus ne sont qu’à une vingtaine de centimètres de profondeur. Le Pays Châtillonnais mise beaucoup sur cet atout touristique : « les Parisiens ont la Tour Eiffel, les Châtillonnais ont le vase de Vix », se plaît à répéter Jérémie Brigand, le président de la communauté de communes, qui a voté la mise en place d’un plan numérique, afin que dans quelques années, les touristes, équipés de casques de réalité virtuelle, aient l’impression de déambuler dans la cité celte qui dominait le site funéraire, au sommet du mont Lassois, où la princesse avait son palais.  

Commencée en août dernier, la nouvelle campagne de fouilles s’achèvera au mois de novembre. Vous pourrez visiter ce chantier à Vix, samedi 21 septembre, à l'occasion des journées européennes du patrimoine. Ce seront des portes ouvertes libres et sans inscription préalable.

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