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Culture – Loisirs

Landes : c'est l'heure pour les chasseurs de palombes

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Par , France Bleu Gascogne

C'est une date symbolique pour les paloumayres, les chasseurs de palombes. Ce vendredi, 18 octobre, c'est la Saint-Luc. "Lou grand truc" censé être le pic migratoire des palombes. Dans les Landes, les palombières ont été nettoyées et paloumayres sont prêts pour un mois de chasse à la palombe.

La saison de la chasse à la palombe dure un mois, durant lequel il y a quatre ou cinq journées de gros passage
La saison de la chasse à la palombe dure un mois, durant lequel il y a quatre ou cinq journées de gros passage © Maxppp - Duzert Jean Louis

Département Landes, France

C'est le grand jour ! Ce 18 octobre, est celui de la Saint-Luc, "Lou grand truc", avait-on l'habitude de dire autrefois, en référence à un pic migratoire au début de la saison de la chasse à la palombe. Entre mi-octobre et mi-novembre ce sont des milliers de pigeons qui migrent depuis l'Europe du nord vers le sud, les Landes, le Gers et les Pyrénées-Atlantiques. L'an dernier, année exceptionnelle, plus de deux millions de palombes ont été recensées en hivernage dans le Sud Ouest, contre 1.5 à 1.8 million habituellement.  

Le GIFS France, le Groupe d'Investigation sur la Faune Sauvage, suit depuis 30 ans les mouvements de migration des palombes, au niveau des cols des Pyrénées. Valérie Cohou, chargée de mission, explique que le 18 octobre ne correspond plus forcément à une vague bleue : "Sur une saison, il y a quatre ou cinq grosses journées de migration. Si le 18 octobre, le ciel est bouché les oiseaux ne passent pas forcément. Ces dernières années, le pics de migration peuvent très bien tomber un 18 octobre, c'est déjà arrivé, mais aussi le 19 ou le 20. Tout dépend des conditions météo du jour." Les axes de migration peuvent varier d'une année à l'autre, "mais ça ne veut pas dire que la migration globale est en baisse", rajoute Valérie Cohou. 

Dans les palombières, on est prêt !

La chasse à la palombe est une tradition ancienne dans les Landes. Elle se transmet souvent en famille. C'est le cas de Mathieu. Un jeune chaudronnier de 21 ans, expatrié pour son travail à Paris, mais qui revient passer un mois entier pour chasser la palombe. Il ne dira pas où est située la palombière de sa famille, pour la protéger des dégradations, mais il parle volontiers de sa passion transmise par son grand-père, chez qui il passait les vacances de Toussaint. 

"On arrive le matin, à 6h30. On monte les palombes de nuit et toute la journée, on est à notre poste de garde, à regarder si des palombes passent" explique le jeune landais. Il se souvient des moments partagés avec son "papy" à "toucher les palombes". Un grand-père qui a aussi pris le temps de lui expliquer la chasse à la palombe. 

Mathieu est revenu dans les Landes depuis quelques jours, pour les derniers préparatifs dans la palombière : remettre des fougère, contrôler les appeaux, retendre les ficelles. Il a posé un mois de vacances pour la chasse à la palombe et ce vendredi, la Saint-Luc "c'est le moment tant attendu de tous les chasseurs, celui du nuage bleu, de la grosse volée qui arrivera ce jour là. On attend tous ce moment"

Dans la famille de Mathieu, tout le monde est paloumayre : le grand-père, le père, le petit frère et le cousin. Ses amis ne chassent pas, mais viennent le voir à la palombière par curiosité.

Un nuage, on ne voyait presque plus le haut des pins

Mathieu connaît la palombière depuis qu'il est tout petit. Il chasse depuis qu'il a son permis, c'est-à-dire cinq ans, et se souvient de moments marquants avec son grand-père : "Quand on arrive le matin et qu'on allume le poêle à bois, qu'on mange les graisserons. C'est un moment où on est tous autour de la table, des moments qu'on oublie pas." Côté chasse, il se rappelle de cette journée, où il venait juste d'avoir son permis : "Une grosse volée est passée dans le ciel. C'était vraiment un nuage, on ne voyait presque plus le haut des pins. Ça passe trop vite, on essaie d'en poser quelques-unes à l'aide des appeaux. Mais on est plus là à regarder, à profiter du moment et on oublie un peu la chasse. On regarde le côté artistique."

Quand on lui demande si cette tradition de la chasse à la palombe se perd, Mathieu répond par l'affirmative : "Ça se perd un peu. Les gens préfèrent les battues aux faisans, plus faciles parce que le but est d'encercler la bête et pas de l'attendre. Les gens sont moins patients et c'est dommage." Le jeune homme explique encore qu'on ne l'a jamais forcé pour aller dans une palombière. Il espère transmettre un jour à son tour cette passion à ses enfants : "J'espère que ça perdurera des décennies et que ça ne se perde pas."

Mathieu va rester dans les Landes jusqu'à mi-novembre, jusqu'à la fermeture : "Jusqu'au dernier moment où on fermera les volets, les portes, ranger les palombes et on rentera au boulot."

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