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Le comédien et metteur en scène Robert Hossein est mort à l'âge de 93 ans

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Auxerre

Le comédien Robert Hossein est mort à l'âge de 93 ans, a annoncé son épouse à l'AFP ce jeudi 31 décembre 2020.

Robert Hossein, acteur et metteur en scène, est mort ce jeudi 31 décembre, à l’âge de 93 ans.
Robert Hossein, acteur et metteur en scène, est mort ce jeudi 31 décembre, à l’âge de 93 ans. © AFP - Alberto PIZZOLI

Le comédien Robert Hossein est mort, a annoncé son épouse, l'actrice Candice Patou, à l'AFP ce jeudi. Il est décédé "ce matin à l'hôpital", après "un problème respiratoire", a-t-elle précisé. L'acteur avait fêté mercredi ses 93 ans.

Réalisateur, metteur en scène et directeur de théâtre, Robert Hossein s'était fait connaître au cinéma dès la fin des années 40. Il fait ses débuts au cinéma en 1948 dans "Le Diable boîteux" de Sacha Guitry, puis il donne la réplique à Brigitte Bardot dans "Le repos du guerrier" (1962). Il devient l'acteur fétiche de Roger Vadim ("Le Vice et la Vertu" en 1963, "Barbarella" en 1968). Robert Hossein tourne aussi avec Henri Verneuil, Claude Lelouch ou encore Toni Marshall.

Dans "Le repos du guerrier" avec Brigitte Bardot.
Dans "Le repos du guerrier" avec Brigitte Bardot. © AFP - FRANCOS FILMS / INCEI FILM / COLLECTION CHRISTOPHEL

En 1955, il réalise son premier film, "Les salauds vont en enfer", adaptation de la pièce de San Antonio où il joue avec sa première femme, Marina Vlady. Il réalise aussi les polars "Pardonnez nos offenses (1956) et "Toi le venin" (1959). A 34 ans, il épouse la fille de Françoise Giroud, Caroline Eliacheff, tout juste âgée de 15 ans.

Dans les années 1960, son rôle dans la série Angélique Marquise des anges a marqué des générations de téléspectateurs. Le beau et ténébreux balafré Joffrey de Peyrac, qu'il incarne, lui confère une aura internationale. 

Dans "Angélique, Marquise des anges".
Dans "Angélique, Marquise des anges". © Maxppp - MaxPPP

"Le théâtre comme au cinéma"

Pourtant, en 1970, le "Casanova de midinettes" comme l'appelait Marguerite Duras, décide de tout quitter. "Je n'aboutissais à rien, je devenais esclave de mon image". "Je ne suis pas mondain pour un sou. Ces ronds de jambe, ces couilleries, j'en ai rien à foutre", déclara-t-il plusieurs années après. 

Seul, il part à Reims où il fonde son "théâtre populaire" et une école dont sortiront Anémone et Isabelle Adjani. Il va y jeter les bases d'un théâtre pour tous avec pour slogan, "du théâtre comme vous n'en verrez qu'au cinéma". Son ambition : mettre en scène des classiques et attirer un public le plus large possible avec des effets de plus en plus empruntés au 7e art. Il programme ainsi Shakespeare, Lorca, Dostoïevski ou encore Steinbeck, qu'il monte sous forme de tableaux.

Pour pratiquer des prix modérés, il démarche les collectivités et les comités d'entreprise. Plus tard, ses spectacles draineront des cars entiers venus de province pour ses gigantesques shows, note Laurent Bazin, auteur d'une thèse sur Robert Hossein. A Reims, il fait rapidement salle comble mais laisse de grosses dettes, qu'il rembourse sur ses économies. Quand il quitte la ville huit ans plus tard, il laisse une ardoise de plusieurs millions d'euros. A partir de 1978, il se tourne vers des mécènes privés et donne un spectacle tous les deux ans dans une salle gigantesque.

Créateur de grands spectacles populaires, il a attiré à lui seul une énorme partie de la fréquentation théâtrale hexagonale avec des méga-productions tel que "Un homme nommé Jésus" (700.000 spectateurs), "L'affaire du courrier de Lyon" (600.000) ou encore "Notre Dame de Paris" (480.000). "Si le public ressort de mes spectacles avec au coeur l'envie d'aimer un peu plus son prochain, avec l'envie de se battre pour plus de fraternité, avec le dégoût de l'injustice et de l'inégalité, alors je suis content, je pense avoir été utile", disait-il. 

"Il n'y a pas de honte à faire 500.000 spectateurs avec des gens qui ne sont pas préparés à voir Shakespeare. Pour les intellos, je dois passer pour un primate, mais je m'en tape", lançait cet autodidacte longtemps complexé. Dans ses spectacles, il agit comme un animateur pédagogue : avec sa voix rocailleuse, il se fait conteur, réécrit l'Histoire en demandant au public d'interagir.

Jean-Claude Broche dans le spectacle de Robert Hossein et Alain Decaux "un Homme Nommé Jésus" en 1983.
Jean-Claude Broche dans le spectacle de Robert Hossein et Alain Decaux "un Homme Nommé Jésus" en 1983. © AFP - JEAN-LOUP GAUTREAU
Robert Hossein donne ses dernières consignes aux comédiens du spectacle "Un homme nommé Jesus", avant la représentation au Palais des Sports, le 20 septembre 1990, à Paris.
Robert Hossein donne ses dernières consignes aux comédiens du spectacle "Un homme nommé Jesus", avant la représentation au Palais des Sports, le 20 septembre 1990, à Paris. © AFP - JEAN-LOUP GAUTREAU

Une enfance modeste 

Il grandit entre une chambre de bonne à Paris et de multiples pensionnats. Né le 30 décembre 1927 d'un père iranien zoroastrien compositeur et d'une mère russe orthodoxe, Robert Hossein a d'abord été un garçon imaginatif, pratiquant ardemment l'école buissonnière.

"Mes parents étaient magnifiques mais sans un rond. J'étais livré à moi-même. J'étais le chat botté toujours en train d'inventer un stratagème pour survivre", raconte-t-il dans son livre "Lumière et Ténèbres" (2002). "Je me tirais, j'allais au cinoche. Au retour, je jouais tous les rôles, j'embellissais, je mélangeais tous les univers qui me faisaient rêver (...) Je n'ai pas changé". Après la guerre, il décide à 15 ans de se consacrer à l'art dramatique.

Un "volcan" de passion, le "prince du théâtre populaire"

"C'était un homme sans arrêt en passion, une espèce de volcan de création et surtout une homme très généreux" a réagi sur franceinfo Jean-Michel Ribes directeur du Théâtre du Rond-Point.

"Il a été acteur, auteur, metteur en scène, c'était le prince du théâtre populaire, on ne compte pas ses succès, il avait un sourire charmeur, un oeil de velours, une belle voix : que d'atouts pour un homme qui avait le charme de Robert HOSSEIN - c'est normal puisque c'était lui !", a réagi l'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob sur Twitter.

Francis Gillery, documentariste qui termine actuellement un film sur Robert Hossein a fait part  sur franceinfo de son "émotion". "C'est beaucoup d'émotion d'autant que je lui souhaitais un bon anniversaire hier. C'était le jour de ses 93 ans", explique-t-il. Selon lui, "il était affaibli par l'âge, mais avait encore un esprit vif". "On avait encore affaire à quelqu'un qui était le grand Robert Hossein qu'on a tous connu", a-t-il raconté. Le film de Francis Gillery raconte l'histoire du Théâtre populaire de Reims.

Robert Hossein "cherchait à capter la vie et l'énergie de la vie", a réagi sur franceinfo le comédien Robin Renucci, avec qui Robert Hossein a joué dans "Les Misérables". "Il avait ce désir de culture et d’élévation", se souvient également Robin Renucci.

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