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Derby Toulouse-Bordeaux : Urios-Mola, la rivalité des entraineurs, deux visions du rugby

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu Gironde

C'est le match dans le match, derrière le derby Toulouse/UBB, la confrontation de deux entraineurs que tout oppose. Christophe Urios et Hugo Mola, le rugby rural et de combat face au rugby d'initiative et d'entreprise. Analyse de Jérémy Fadat, journaliste à Midi Olympique.

Ugo Mola/Christophe Urios, la rivalité des entraineurs en marge du derby Stade Toulousain/UBB.
Ugo Mola/Christophe Urios, la rivalité des entraineurs en marge du derby Stade Toulousain/UBB. © Maxppp - Xavier de Fenoyl, Guillaume Bonnaud

J-1 avant la demi-finale de Champions Cup entre Toulouse et l'UBB . Toulouse vise un cinquième titre européen, ce qui serait inédit. Les Bordelais eux n'ont jamais atteint ce stade de la compétition. Un joli duel avec en plus un match dans le match ce samedi après-midi à Ernest-Wallon, entre les deux managers. Christophe Urios côté UBB, Ugo Mola côté toulousain. Les deux hommes se sont croisés à de nombreuses reprises, ils ont d'abord été coéquipiers à Castres. Puis Urios a entraîné Mola, toujours dans le Tarn, au début des années 2000. Mais tout les oppose dans leur vision du rugby. Analyse avec Jeremy Fadat , journaliste à Midi-Olympique  invité de France Bleu Occitanie.

France Bleu Occitanie : Est-ce que c'est une lubie journalistique, ou y a - t il vraiment un désamour entre les coachs toulousains et bordelais ?

Alors non. Effectivement, il y a au-delà d'une rivalité, un antagonisme entre ces deux hommes qui remonte au début des années 2000. Quand Christophe Urios a démarré sa carrière d'entraîneur à Castres, là où Ugo Mola lui termine sa carrière de joueur. Cela ne s'était pas forcément très bien passé entre ces deux hommes à l'époque.

Est-ce qu’on sait pourquoi, est-ce qu'il y a une raison précise ?

Au delà du pourquoi déjà, c'est quand même deux hommes que beaucoup de choses opposent. Autant dans leur caractère, leur manière de voir et de vivre le rugby. Et ce fossé n'a fait que se creuser. Après ce qu'il faut reconnaître, cette inimitié entre Urios et Mola, elle est connue parce qu'elle est assumée de part et d'autre. Ce qui n'est pas forcément toujours le cas dans ce milieu où beaucoup de gens ne s'aiment pas. Mais c'est un peu masqué par une forme d'hypocrisie.

La preuve, hier en conférence de presse, ne vous a pas échappé, j'imagine, Hugo Mola a mis un tacle ironique à Urios. Racontez nous.

Oui,un petit clin d’œil sympathique. Mais comme les deux hommes ont l'habitude de faire ces dernières années, avec notamment cette petite phrase où il dit que le président Laurent Marti a converti Christophe Urios au jeu et que c'est appréciable. Mais ça dénote un petit peu, justement, les différences entre ces deux hommes sur la vision de voir le rugby quand il est.

Quand il dit ça, c'est a que Hugo Mola a des convictions sur le rugby qui sont très affirmées. Celle d'un rugby qu'on voit pratiquer depuis plusieurs saisons au Stade Toulousain. Un rugby d'entreprises, d’initiative, un rugby séduisant, aéré. Quand, historiquement, Christophe Urios, c'est plutôt axé sur un rugby de combat, un rugby d'avants , et qu'il a su un petit peu s'adapter quand même à la culture bordelaise pour faire évoluer ses méthodes de management.

Est ce qu'il y a une jalousie entre les deux hommes qui pourtant font partie tous les deux des meilleurs entraîneurs français ? 

Non, je ne crois pas qu'il y ait de jalousie parce que tous les deux assument totalement leur façon de faire pratiquer le rugby. Par contre, ce qui est vrai, c'est que cette rivalité existe par la force des choses. Je ne dirais pas qu'ils se construisent en confrontation l'un de l'autre. Mais aujourd'hui, comme vous le dites, ce sont deux des entraîneurs en vogue en France et les deux derniers manageurs champions de France.

Christophe Urios en 2018 avec le Castres Olympique, Ugo Mola en 2019 avec Toulouse. Je rappelle l'année dernière que quand le championnat s'est arrêté à cause de l'épisode du Covid, l'Union Bordeaux-Bègles de Christophe Urios était première, et aujourd'hui, le Top 14 est mené par le Stade Toulousain d’Ugo Mola. Donc, voilà, ce qui les rassemble aujourd'hui, c'est être deux des meilleurs manageurs de France 

Vous avez parlé de leur vision du rugby, qu’est ce qui les oppose là-dessus ? 

Déjà, on peut parler un petit peu des caractères des hommes sans rentrer trop dans le cliché. Christophe Urios, si vous regardez ces prises de parole, il aime bien faire référence au milieu un peu terrien, agricole. C'est parce qu'il aime les combattants. Il aime faire référence à tout ce qui est un peu guerrier, il aime ce combat. Même si, encore une fois, il faut dire qu'il a évolué depuis qu'il est à Bordeaux.

Mais il y fait souvent référence. Il pense que les bases de ce sport sont là. Ugo Mola, lui, est très axé et c'est quelqu'un qui est d'ailleurs capable de mourir avec ses idées, les armes à la main, à condition d'être fidèle à ses convictions. C'est un enfant du Stade Toulousain, Ugo Mola. C’est un rugby entreprenant, fait d’initiatives et d'adaptation.

Donc aujourd'hui, c'est quand même ce qui  les oppose un peu et même, j'allais dire, dans leur management. Christophe Urios est quelqu'un qui aime bien, par exemple, faire des stages commando l'été. Ce côté très ordonné, un peu militaire. Hugo Mola, il est à l'opposé de ça, il nous parle beaucoup de désordre, dans le sens où il laisse une part de liberté dans son management.

Est ce que cette rivalité entre les deux coachs rend le match encore plus excitant ?

Mais oui, bien sûr. Pour moi, ça faisait longtemps que ce derby de la Garonne, il avait tout pour plaire. Pour moi, la rivalité entre ces deux équipes, ces deux clubs, s'épaissit un peu. Il manquait une vraie confrontation. En tout cas, ce derby a pris du piment depuis que Christophe Urios est parti entraîner l'Union Bordeaux-Bègles. C'est évident, oui. 

Votre pronostic, Jérémy Fadat ?

De manière générale, j'aurais quand même pronostiqué le Stade Toulousain. Et aujourd'hui, même au-delà de la vague de Covid qui a touché l'Union Bordeaux-Bègles, cette équipe toulousaine est tellement programmé pour aller loin dans cette Coupe d'Europe, elle en a tellement envie que j'ai du mal à imaginer les Bordelais les dévier de leur objectif demain.

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