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Le documentaire "Pays basque et liberté : un long chemin vers la paix" fait polémique en Espagne

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Par , France Bleu Pays Basque

Le documentaire "Pays basque et liberté : un long chemin vers la paix" diffusé en avant première au FIPADOC de Biarritz en janvier est désormais au cœur d'une polémique en Espagne, un Forum de Professeurs dénonce une propagande pro-ETA.

La salle était comble derrière Thomas Lacoste le réalisateur (au centre) pour la première diffusion du film Pays basque et liberté au FIPADOC de Biarritz
La salle était comble derrière Thomas Lacoste le réalisateur (au centre) pour la première diffusion du film Pays basque et liberté au FIPADOC de Biarritz - Photomobile / FIPADOC 2020

Le documentaire "Pays basque et liberté : un long chemin vers la paix" réalisé par Thomas Lacoste illustrant le processus de paix et notamment le rôle des artisans de la paix fait polémique en Espagne.

Le film avait été diffusé en avant première lors du FIPADOC à Biarritz fin janvier, avant d’être diffusé le 27 avril dernier sur France 3 Aquitaine.

Propagande pro-ETA ?

La polémique a été lancée lancée par un « Forum de professeurs » en Espagne, une plateforme d'intellectuels qui se présente comme défenseurs de l’unité et de la démocratie espagnole. Ils ont publié un manifeste sur internet pour dénoncer notamment le propos du film qu'ils qualifient de "propagande pro-ETA".  Une députée européenne du parti Ciudadanos en a d'ailleurs demandé l'interdiction.

Parmi les signataires, Barbara Loyer, professeure-chercheure à l'université Paris 8 et spécialiste de l'Espagne, elle était présente lors de la diffusion au festival de Biarritz, elle était choquée. "_On a 50 minutes de propagande d'un bout à l'autre_, il s'agit de montrer que l'ETA depuis les années 50 est l'armée du peuple basque en lutte contre des espagnols montrés comme dictatoriaux, et l'autre problème, c'est que rien n'est dit sur les victimes d'ETA, elles sont complètement passées sous silence", détaille l'enseignante.

Un financement contesté

Outre le fond, ce que dénoncent aussi les signataires du manifeste, c'est le financement public qu'a reçu ce film. En effet, la région a financé à hauteur de 42.000 euros le développement et la production du documentaire

Dans les faits, le dossier du film est passé entre les mains d'un jury de l'agence livre, cinéma et audiovisuel (ALCA) de la Nouvelle-Aquitaine. Un jury qui ne délibère pour autant que sur des critères davantage techniques que sur le fond. "La cohérence de la narration, ou encore si ça renouvelle le genre, etc", détaille Patrick Volpilhac, directeur général de l'ALCA. 

Ce financement a ensuite été voté en séance plénière. Le conseiller régional Andde Sainte Marie assume ce vote, pour lui, la polémique n'a pas lieu d'être. "C'est juste pour nous une polémique orchestrée par le secteur d'extrême droite espagnol, une polémique hors contexte en 2020 quasiment 10 ans après la fin de la violence politique d'ETA".

Une diffusion sur une chaîne publique

Ce que le Forum des Professeurs dénonce aussi, c'est la diffusion sur une chaîne publique française du documentaire. En effet, le documentaire a été co-produit par la chaîne France 3 qui l'a diffusé fin avril sur son antenne. Jean François Karpinski est conseiller de programmes en charge des documentaires à France 3, et selon lui, ce film documentaire n'a pour objectif que de donner un point de vue : "le principal but des films que nous diffusons c'est de susciter le débat, _nous ne faisons pas de film de propagande_, nous faisons des films qui illustrent le point de vue d'un auteur".

Et de son côté l'auteur, Thomas Lacoste n'a pas souhaité encore réagir à la polémique, mais il réfléchit à porter l'affaire devant la justice pour diffamation.

{Mise à jour 12 juin 2020} : Le réalisateur Thomas Lacoste nous fait savoir qu’il porte plainte avec constitution de partie civile pour diffamation contre les auteurs du manifeste.

Le reportage France Bleu Pays Basque sur la polémique autour du film Pays basque et liberté

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