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Culture – Loisirs DOSSIER : Mai-68

Le festival d'Avignon 1968 : histoire d'une petite révolution

vendredi 11 mai 2018 à 6:02 Par Anne Domece, France Bleu Vaucluse

À Avignon, les plus gros épisodes de Mai-68 se sont passés... en juillet, au moment du festival. Cinquante ans après, les Avignonnais se souviennent.

C'est une photo devenue célèbre : Jean Vilar vient à la rencontre des contestataires, en juillet 68.
C'est une photo devenue célèbre : Jean Vilar vient à la rencontre des contestataires, en juillet 68. © Maxppp -

Avignon

Juillet 1968... La ferveur de mai retombe un peu partout en France, sauf à Avignon qui s'apprête à accueillir la XXIIe édition du festival. C'est l'un des rares rendez-vous culturels à être maintenu, cette année-là (le festival de Cannes a, lui, été sérieusement écourté). 

L'édition du festival d'Avignon est cependant perturbée, avec seulement deux troupes à l'affiche : le ballet de Maurice Béjart (alors installé à Bruxelles) et la troupe américaine du Living Theatre (une troupe avant-gardiste et libertaire). Toutes les compagnies françaises ont annulé leur participation : elles n'ont pas pu répéter, du fait des grèves et de l'occupation des théâtres en mai.

Débats et forums

Le directeur du festival d'Avignon, Jean Vilar, décide d'ouvrir des espaces de débats. Il transforme les traditionnelles "Rencontres" en Assises. Le public afflue, les contestataires (ceux qui occupaient les théâtres à Paris) aussi.

Des manifestations sont organisées, des forums spontanés se tiennent quotidiennement - notamment sur la place de l'Horloge. Jean Vilar est violemment pris à partie, on l'accuse de diriger un "supermarché de la culture".

La Paillasse aux seins nus

Le 18 juillet, un événement vient mettre le feu aux poudres : l'interdiction, par le préfet du Gard, de la "Paillasse aux seins nus", la pièce que Gérard Gélas (aujourd'hui directeur du théâtre du Chêne Noir) voulait monter à Villeneuve-lès-Avignon. Les manifestations se renforcent et donnent parfois lieu à des heurts entre les "hippies" et ceux qu'on appelait alors "les sportifs".

Le Living Theatre veut inviter la troupe de Gélas à jouer au cloître des Carmes, les Américains proposent de jouer gratuitement, dans la rue - ce que le maire et le directeur du festival refusent. 

Vilar, Béjart, Salazar

Les tensions et l'agressivité envers Jean Vilar grandissent. Un slogan est repris : "Vilar, Béjart, Salazar" - slogan qui fera beaucoup de mal à Vilar, homme de conviction qui voulait privilégier le dialogue. Il ne s'en remettra jamais vraiment.

Le Living Theatre décide de partir avant la fin du festival, les contestataires aussi. L'édition 1968 s'achève à la mi-août, dans la torpeur de l'été. Seul Béjart est resté jusqu'au bout. 

Festival 68 : une édition perturbée

Cinquante ans après, Avignon se souvient de son "Festival 68"

Des affiches de juillet 68 sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France, à la maison Jean Vilar d'Avignon - Radio France
Des affiches de juillet 68 sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France, à la maison Jean Vilar d'Avignon © Radio France - Anne Domèce
. - Radio France
. © Radio France - Anne Domèce