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Culture – Loisirs

Le festival Street'art'magnac introduit l'art urbain dans des communes rurales du Gers

mardi 17 avril 2018 à 19:06 Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Gascogne

La quatrième édition du festival Street'art'magnac se déroule du 16 au 22 avril à Éauze (Gers) et ses alentours. Cet événement permet à des artistes d'art urbain de réaliser des œuvres dans des communes rurales. Le festival gagne en notoriété au fil des années.

A Lannepax, trois artistes peignent un portrait sur le toit d'un chai de 900 mètres carrés.
A Lannepax, trois artistes peignent un portrait sur le toit d'un chai de 900 mètres carrés. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Eauze, France

Permettre à l'art urbain de prendre ses quartiers dans la campagne gersoise : c'est le principe de Street'art'magnac, un festival de street art organisé depuis 2015 à Éauze, commune de 4 500 âmes à l'ouest du Gers. La quatrième édition de cet événement culturel, organisé par l'association Éauze culture loisirs animation (Écla), se déroule du 16 au 22 avril. Cette année, 24 artistes français et européens vont réaliser une quinzaine d'œuvres d'art urbain sur plusieurs façades d'Éauze et ses alentours. Cela va d'un graffiti sur le mur arrière du cinéma à une peinture de 900 mètres carrés sur le toit d'un chai d'armagnac à Lannepax, à 10 kilomètres d'Éauze. 

Cohabitation entre un graffiti et une façade des années 40

Trois artistes s'affairent ainsi sur le toit du chai d'armagnac des frères Delord, à Lannepax. Rouleau en main, ils peignent un portrait de 900 mètres carrés. Parmi eux, Sun.C, originaire d'Île de France et trois participations au compteur. Si, au départ, venir graffer dans le Gers n'était pas une évidence, il a trouvé une liberté dans le street art en milieu rural : "Je fais beaucoup d'art urbain : des bboy, des lettrages, des fresques classiques...  Ça m'a permis surtout de développer des thèmes que je n'avais pas le temps de poser d'habitude. Ici, j'ai le temps", se réjouit le jeune homme, lunettes de soleil sur le nez et harnais autour de la taille. 

L'année dernière, les frères Delord ont fait peindre l'une de leurs cuves d'armagnac. - Radio France
L'année dernière, les frères Delord ont fait peindre l'une de leurs cuves d'armagnac. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Les frères Delord n'en sont pas à leur coup d'essai en matière de street art. Les producteurs d'armagnac ont ainsi déjà offert une nouvelle jeunesse à l'une de leurs cuves, l'année dernière.  "Au début, ça fait un peu peur", reconnaissent-ils. Cette fois, le graffiti va cohabiter avec la façade historique du bâtiment construit par son grand père, tout juste restaurée comme lors de sa construction dans les années 40. "Chez Delord, maison traditionnelle armagnacaise, on aime bien casser les codes de la tradition", affirme-t-il. La cohabitation des deux mondes séduit le professionnel, avec "de l'armagnac, des étiquettes manuscrites et à côté du street art très moderne et des couleurs vives". Elle séduit aussi les touristes ou les amateurs d'art urbain, qui se déplacent parfois juste pour voir la cuve et offrent une nouvelle visibilité à l'entreprise sur les réseaux sociaux.

Deux fois plus d'artistes que lors de la création

Depuis trois ans, ce festival est un vrai pari : celui d'amener l'art urbain à une population rurale. Pari réussi d'après Nicole Dauguen : "Partout où vous allez, si vous voulez voir des fresques de street art, il faut aller en ville", déplore l'organisatrice. Elle a donc décidé de faire venir l'art urbain dans la petite commune du Gers : "Les gens d'ici sont comme tout le monde ! Les jeunes, les trentenaires aiment le street art, les arts urbains comme le rap ou le break dance." Aux autres, le festival "a permis de montrer que c'était vraiment un art" d'après Nicole Dauguen. Un des points forts de l'événement réside dans la relation de proximité entre les artistes et le public, liés par un "contact direct" selon elle.  

De quoi permettre à Street'art'magnac de prendre de l'ampleur : pour cette quatrième édition, il y a deux fois plus d'artistes que lors de la création du festival. Les volontaires qui fournissent les supports de création sont aussi plus nombreux et variés. "Les gens qui proposent des murs ne sont plus les mêmes", explique Nicole Dauguen. Si, lors de la première édition, les murs étaient essentiellement issus du domaine public et proposés par la mairie, des viticulteurs se prêtent au jeu depuis trois ans. Les particuliers sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à solliciter le festival pour bénéficier d'une oeuvre. Les artistes, eux, viennent pour l'amour du street art puisqu'ils réalisent les œuvres bénévolement. Le voyage et l'accueil sur place leur sont en revanche offerts, ainsi que la peinture.